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1 de leurs églises. Ils siniífoient en assurant le roi

AN. 15$6. qU'iis reconnoisloient"fa supremacie , &c qu'ils croioient cous qu'on devoít lui payer les décimes.

Le roi répondit à ces griefs avec beaucoup de hauteur. Il commanda aux rebelles de poser les armes , d'avoir recours à fa clémence, & de livrer à lès officiers une centaine des plus mutins , ou des plus coupables d'entre eux , afin qu'ils fuífcnt punis comme leur révolte le méritoit, & il ajoíita , que ce n'étoit qu'à ces conditions qu'il feroit grâce aux autres. En même temps il commanda au duc de Suífolk d'aíscmblcr des troupes , de de marcher contre les révoltez. Mais ce duc fe trouvant trop foible 3 crut qu'il réuílìroit mieux à dilíìper cette revolte en emploïant la voie de la négociation. Il en écrivit au roi, lui manda l'état des choses, & lui fit connoître la nécessité qu'il y avoit de terminer cette affaire par la douceur. Henri n'y étoitpas porté , mais ai'ant appris que la province d'Yorck venoit auííi de prendre les armes, & craignant de voir bien-tôt tout son roïaume soulevé contre lui, il suivit le conseil du duc , & tacha de gagner par la douceur y ceux qu'il eût été très-dangereux d'aigrir par la violence, txxv. En effet le soulèvement de la province d'Yorck

dangwLTdlnlïa étoit d'une bien plus grande conséquence que celui province d'York. je LmcoJn j parcc qUe plusieurs seigneurs y entre

mmiw.ZJ*»*~ rent > & Suc lc nombre des révoltez étoit beaucoup plus grand. Un nommé Aske , homme intrigant , & qui fçavoit gagner les peuples, s etoic fait chef des mécontens. Dès le mois de Juillet, il avoit tenté de gagner milord Darcy. Les rebel- *

les s'assemblèrent au nombre de quarante mille IJ3<** hommes , fous prétexte de conserver la foi , de rétablir leglise3 &c de reprimer les hérétiques de l'héresic ; ils donnèrent à leur marche le titre spécieux de pèlerinage de ípace : des prêtres alloienc devant eux la croix a la main 3 on voioit fur leurs drapeaux un crucifix, avec les cinq playes de Nôtre-Seigneur, & un calice. Déplus chacun d'eux portoit fur la manche une représentation de ces cinq plaies, au milieu desquelles étoit le nom de Jésus. Et pour témoigner quelles étoient leurs intentions , il faifoient jurer à tous ceux qui se rangoient sous leurs bannières, qu'ils entroient dans la société du pèlerinage de grâce pour l'amour de Dieu , & avec dessein de défendre le roi & ses enfans , de reformer de d'épurer la noblesse , & de chasser de vils & de pernicieux conseillers 3 qu'au reste , ils ne fongeoient point à faire leur profit particulier du malheur public , qu'ils ne feroient tort à personne , &c qu'ils ne tueroient point volontairement leurs frères. Dans ces dispositions ils commencèrent à courir tout le pais, íans rencontrer aucune opposition ; ils s'emparèrent de la forteresse de Pomfret 3 ils prirent les villes d'Yorck & de Hull , & firent de plus grands progrez après que les provinces de Richemont, de Lancastre , de Durham &: de Westmorland se furent déclarées en leur faveur. Le comte de Schrewsbury fut le seul qui osa prendre les armes pour le roi, fans en avoir reçu aucun ordre. Henri lui en sçut bon gré, ôc lui envoïa une commission

par laquelle il 1 etablissoit son lieutenant. Mais

An, I$îg. pour ne point rendre le parti des rebelles plus nombreux, il se hâta de faire publier, qu'il accordoit une amnistie generale à tous ceux des révoltez de Lincoln, qui se retireroient dans leurs maisons , & qui cesscroient toute hostilité. Cette publication eut son effet. Presque tous ceux de cette province qui s etoient soulevez, rentrèrent dans Jeur devoir, & il n'y en eut qu'un très-petit nombre qui alla se joindre aux révoltez de la province d Yorck. Il ne s'agissoit donc plus, que de reduire ou d'appaiser ces rebelles. Henri prit d'abord le parti de les amuser, en attendant qu'il eut assemblé son armée. Il leur envoïa un héraut le vingtième d'Octobre pour les sommer de poser les armes, &c de se remettre à sa clémence. Askc reçut ce héraut avec beaucoup de cérémonie, mais il le renvoïa aussi-tôt qu'il fut instruit du sujet de sa commission , sans vouloit l'écouter. A mesure que les rebelles avançoient, ils rétablissoient les religieux dans les maisons d'où on les avoit chassez ; & afin íic confirmer les peuples dans leur aversion pour le gouvernement, ils répandoient le bruit que le roi avoit dessein de mettre des impôts généralement Lxxvi. íur routes íbrtes de chose ; çe qui obligea Henri LeducdeNor- £c convoquer.l'arriere-ban de sa noblesse pour le

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fomrceux. leptieme de Novembre. II marqua la ville deNorthampton pour le rendez-vous ; pendant que le duc de Norfolk , le marquis d'Exccster , & le comte de Sçhrçwíbury empêchoient aveç cinq mille hommes seulement, que les ennemis qui en ^voient plus de trente mille ne s'emparassent de Doncastcr , & ne s'étendissent âms les provinces ■

méridionales. Mais comme ce duc se sentoit trop An. ij5<T. foible , & que d'ailleurs il n'approuvoit pas les changemens qui s'étoient faits dans la religion, il commença à agir avec eux par la voie de la négociation , pour les disposer à accepter des propositions de paix. Il engagea d'abord quelques-uns de leurs chefs avec qui il avoit quelques intelligences, à porter les autres à présenter une très-humble requête au roi, & à le prier lui-même de l'appuïer de son crédit. Cet artifice réussit : les conjurez firent leur requête , & prièrent le duc de la pre- Ltxvrr. senter lui-même avec quelques-uns d'entreux , d*Zn ww°x< qu'ils députèrent à cet efíet. Norfolk y consentit, mais il exigea des mecontens qu'ils cessassent les hoílilitez pendant son voïage ,* ce qu'ils promirent. Henri étoit à Windsor quand les députez vinrent avec le duc pour lui présenter leur requête , mais il différa autant qu'il pût de leur répondre , parce qu'il avoit appris que la division étoit parmi ces rebelles , &c que depuis la suspension d'armes, plusieurs s'étoient retirez dans î'apprehension d'être trahis par leur chef. Cependant informé que ces délais faisoient murmurer les mécontens qui avoient recommencé leurs hoítilitez & que ceux qui avoient quitté le camp , étoient diíposez à y revenir au premier avis , il chargeaNorfolk d une amnistie generale pour tous ceux c[ui avoient eu part à la rébellion , excepté six qui ctoient nommez , & quatre dont les noms étoient cn blancs. Mais cette clause fit rejetter lamnilìie r parce que les six nommez étoient des principaux?

•T & que chacun craignoit d'être du nombre des qua-.

N" l<*' tre que le roi s'étoic réservé de nommer ; il fallut donc en venir à des conférences , pour lesquelles on choisit la ville de Doncaster, & trois cens putez des mécontens eurent ordre de s'y trouver le sixième Décembre pour traiter avec les commissaires du roi.

Ce prince efperoit diviser les révoltez , en demandant un si grand nombre de députez. Mais cc moïen n'étoit gueres capable de reduire des gens qui paroissoient être dans la résolution de se porter aux dernieres extrémitez. Ces députez vinrent en effet aux conférences indiquées, avec leurs demandes contenues en dix articles, que les ecclésiastiques de leur parti avoient dressez. Le premier portoit, qu'on leur accorderoit à tous un pardon gênerai , 6c fans aucune exception. Le deuxième , que le roi assembleroit un parlement dans la ville d'Yorck. Le troisième , qu'il établiroit dans cette ville une cour de justice , afin que les habitans des provinces du Nord ne fussent pas obligez de porter leurs procez à Londres. Le quatrième , que certaines loix faites dans les derniers parlcmens, seroient révoquées > parce qu'elles étoient trop à la charge du peuple. Ces loix étoient celles du dernier subside d'argent, accordé au roi, celle qui rcgloit les intérêts , celle qui faisoit condamner les gens à la confiscation &c à la prison pour de simples paroles, celle qui avoit transporté au roi les décimes & les annates. Lc cinquième , que la princesse Marie scroit déclarée légitime. Le sixième, que J'autoritç du pape seroit rétablie sur lc pied qu'elle

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