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le mieux vous éclaircir de l'affaire.

C. Je crois, Monsieur , que je ne sçau. rois prendre de meilleurs conseils

que

les vôtres ; ainsi je vous prie de m'accompagner.

S. Je suis persuadé , Monsieur , que vous avez assez de prudence pour terminer cette affaire seul : cependant je vous y fuivrai, si vous le jugez à propos.

C. Monsieur, nous avons appris avec chagrin le differend qui est arrivé entre vous & Monsieur N.

S. Messieurs, je suis fâché de la peine que prennent nos amis pour nous remeta tre bien ensemble, mais ils pourroient fe l'épargner ; car nous le terminerons bien nous-mêmes.

c. Monsieur, il ne faut pas que vous poussiez cette affaire plus loin : tout le monde connoît assez votre, bravoure ; ainsi je vous conseille de la réserver pour une meilleure occasion. Il faut que vous nous permettiez de terminer vos differends ; nous le ferons de maniere que vous serez content.

S. Je connois votre équité, & je suis persuadé de vos bonnes intentions : mais je vous demande en grace de nous laisser ce soin.

C. Il est fâcheux de rompre li facilement une ancienne amitié.

S. Je n'ai jamais eû cette intention, & je vous assure, Messieurs, que je n'y ai point contribué ; c'est ce qui me pique le plus.

C. Plus l'offense est grande , plus il y a de mérite à pardonner.

S. Je crois , Monsieur , que vous avez les meilleures raisons du monde à me dire; mais je suis bien mortifié de n'en pou. voir profiter. J'ai d'autant plus de peine à pardonner , que j'évite avec soin de faire le moindre chagrin d qui que ce soit.

C. Vous devez, Monsieur, être affez convaincu de notre amitié, pour ne point craindre que nous fassions rien à votre défavantage. Ainsi il faudra bien que vous vous laissiez gagner : nous allons voir dans quelle disposition eft M.... U.S. Je vous remets donc, Messieurs, mes intérêts entre les mains, puisque vous le voulez absolument.

C. Monsieur, nous sommes allez de vos amis, pour ofer nous flatter que vous voudrez bien vous en rapporter à nous pour terminer l'affaire

que vous eûtes hier avec M... Elle n'est pas si mauvaise qu'on ne puisse l'accommoder.

D. Mellieurs, si vous êtes véritablement de mes amis : vous ne me parlerez point d'accommodement avec un homme qui m'a fait une insulte , dont il faut que j'aïe raison,

C. Monsieur, il faut toujours chercher à guérir le mal, & jamais à l'augmenter & certainement la vengeance le rend incurable.

D. C'est raisonner à merveilles ; mais ces raisonnemens ne s'accommodent point du tout avec le point d'honneur.

C. Croyez-vous, Monsieur, que nous voulussions risquer votre honneur? Non, on vérité : mais longez qu'il est très facile de prendre le faux pour le vrai, & qu'on s'y trompe souvent dans le monde.

D. Il n'est rien de fi aisé que de parler d'une affaire, quand on n'y est point intéressé : mais vous ne souffririez pas plus que moi la raillerie , quand elle est pouffée jusqu'à un certain point.

C. Monsieur , il n'y a peut-être que du mal entendu ou de la promptitude : nous ne vous quitterons point que vous ne nous donniez votre parole pour un accommodement. Nous vous répondons de Monfieur N.

D. C'est donc que le courage lui manque: & bien je le révaillerai , & je le veux voir l'épée à la main. C. Nous sommes aussi sûrs du sien

que du vôtre : mais ne devez-vous pas le réferver l'un & l'autre pour des occasions plus favorables ? Ne devriez - vous pas même être retenu par la défense des

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Duels , & par la Religion? car enfin elle est pour les braves comme pour les autres.

D. Messieurs, il faut que j'aye autant de considération pour vous que j'en ai , pour prendre sur moi de m'en rapporter à vous. Vous êtes si preffans , que je ne sçaurois vous rien refuser.

C. Nous voilà contens ; & je suis persuadé que vous le serez à votre tour. Vous vous reprocheriez d'avoir rompu pour une petite promptitude une amitié, fi bien établie.

AM

Pour prendre congé d'un ami en partant. A. Onsieur, je fuis tout à fait more

tifié d'être obligé de me séparer de vous : j'en serois inconsolable , si je n'avois l'espérance de vous revoir bientôt, & si je ne me fattois que vous me conserverez'une part dans votre amitié. Vous ne sçauriez m'en assurer mieux qu'en m'honorant de vos ordres.

B. Monsieur , quoique votre absence me soit extrêmement sensible, je m'en console , puisque c'est pour le bien de vos affaires. Je vais faire des veux continuels pour leur réussite, pour votre prompt retour, & pour la conservation de votre santé,

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4. M

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graces

Pour un Etranger qui prend congé d'un ami

en s'en retournant dans son pays.

Onsieur, je viens de recevoir

des ordres de mes parens de m'en retourner : j'en suis au désespoir , parce qu'il faut que je sacrifie à mon obéif fance, le plaisir que je ressentois tous les jours dans une aulli agréable compagnie que

que la vôtre. Je vous rends mille de toutes les bontés que vous avez ellës pour moi, dont je me souviendrai éter, nellement.

B. Il est bien triste pour nous de vous perdre presque dans le même moment que nous avons eû l'honneur de vous connoître. Que votre absence au moins ne fasse point de tort, s'il vous plaît, à l'amitié que nous avons contractée. Soyez sûr de moi, je vous en conjure, & honorez-moi de vos ordres , afin que je puisse vous donner des preuves de tout ce que je ressens pour vous.

A. Monsieur, vous n'avez point à dou. ter de mes sentimens pour vous, puisqu'ils font fondez sur votre mérite ; j'en suis fi pénétré que jamais je ne l'oublierai,

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