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une Pratique, ou méthode abrégée de Diplomatique, je veux dire, des règles générales & particulières, au moyen desquelles il poura facilement discerner les faux titres des véritables. Nos règles générales font précédées de plusieurs définitions, d'axiomes & de principes, & suivies de démonstrations & de corollaires, pour déterminer relativement aux diplomés, les limites du vrai, du faux & du suspect. Quant aux règles particulières, nous nous sommes bornés à celles qui font d'un usage olus commun. Les autres se présenteront d'elles-mêmes a ceux qui prendront la peine de consulter le corps de l'ouvrage.

Dom Mabillon crut pouvoir se dispenser de. réunir sous un coup d'ceil les règles répandues dans fa Diplomatique. Celles qu'il a données en très-petit nombre dans l'épilogue du troisième livre, ne font que des préalables, ou des règles universelles de sagesse & d'équité^, dont on ne doit jamais se départir dans le discernement des diplomés. II est vrai qu'il rapelle toutes les règles de ce discernement à une seule, savoir la réunion de toutes les marques, ou caractères propres des chartes antiques. Les règles qui produisent les divers dégrés de certitude & de suspicion, dévoient donc, dans son système, résulter de ces caractères. Or ces règles éparfes dans son ouvrage, font fort distinguées des règles de prudence & d'équité.

Cependant M. Hickes, fameux docteur Anglican, soit prèocupation, soit dissimulation, a voulu reduire à celles-ci toutes les autres. II s'est imaginé pouvoir renverser, ou du moins ébranler tout l'édifice du P. Mabillon, en chicanant fur six ou sept règles générales, qui, prises dans leur vrai sens, ne soufrent nulle disi.Culté. Qu est-ii arivé ? Des censeurs envieux de la haute réputation du savant Bénédictin, sans examiner sérieusement les objections de son agresseur, ont décerné la victoire à celui-ci, & en ont pris prétexte de décrier indistinctement les règles du père de la Diplomatique. Nous les expliquons dans leur sens naturel, & nous les vengeons de la critique de M. Hickes dans le dixième chapitre de la dernière Partie de ce Traité.

Maintenant si l'on veut savoir les principaux motifs qui nous engagèrent feu Dom Charles Toustain & moi, il y a près de vingt ans, à nous livrer à un travail & à des recherches si pénibles ; je les rapellerai ici tout simplement 6c en peu de mots.

II nous parut d'une conséquence infinie de garantir les archives, les mss. & les actes antiques des acusations hasardées, ôc des soupçons téméraires d'une foule de demi-savans & de chicaneurs, dont la dernière & la plus commode ressource fut toujours l'inculpation de faux. Leurs imputations devenoienc d'autant plus dangereuses , qu'elles se trouvoient apuyées du suffrage de quelques auteurs avantageusement connus dans la République des Lettres. La critique de ceux-ci, trop resserrée dans le cercle étroit des titres suposés, avoit plus d'une fois franchi les barrières, en leur associant les diplomés véritables.

On voyoit une autre espèce d'ennemis des archives & des mss dont la critique téméraire & dangereu fe s eforçoit, depuis plus de cinquante ans, d'élever le pyrrhonifme historique fur les ruines de la vénérable antiquité. Rien n'étoit donc plus urgent que de s'oposer à un mal, qui de plus en plus devenoit contagieux : rien de plus nécessaire que de présenter au Public des moyens sûrs & , toujòtfrs "prêts, pour discerner les anciens monuménsj „en mettant fous ses yeux les vraies règles de ce discernement & les sources où l'on doit les puiser. L Depuis que l'Europe a vu paroître la Diplomatique de Dom Jean Mabillon > entre les savans de tout pays, les uns ont traité la même matière par parties, & les autres ont publié d'immenses compilations de chartes. Leurs ouvrages & leurs trésors diplomatiques ont été inconnus à ce Diplomatiste célèbre. D'ailleurs il ne s'est guères ataché qu'aux diplomés de nos Rois : encore n'a-t-il pas fait entrer dans son plan les tems postérieurs à Louis ix. C'est ce qu'il déclare lui-même dans fa Préface : Et quidem, dit-il , quidquid de primœ acsecundœ flirpis Francicœ monumentis obferyare nobis lìcuit, accuratè pro mo~ dulo explicare conatijumus :Jed in terûa proeejjìt oratio duntaxat ad S. Ludovicum, in quo-, ut conjìfieremus, perfuajlt nova rerum faciès, quœ in diplomatibus pofi eum conditis ejufmodi visa efl, ut alterim eperis ar* gumentum ejfe videatur. II ajoute que depuis S. Louis l'ufage des monogrammes & les souscriptions des quatre grands oficiers de la Couronne, n'eurent plus lieu dans les diplomés de nos Rois : Monogrammatum njiis & Jiibjcriptiones quatuor prineipum regni perfonarum in regiis titteris ab ea defiemnt. C'est une erreur de fait, que la vérité nous a obligé de relever dans ce VIe. volume, fans néanmoins oublier le respect & les égards dûs à ce grand homme. Ce n'est donc pas fans raison qu'un habile Professeur Allemand disoit (i) en 1716. qu'il y

(1) Nemo hodit est, qui non injìgnem veterum diplomatum in historia eruenda jureque publico confirmando neceflìtatem agnoscat : nemo proindè qui non artis diplomatie a\ pcniiiortm cognuionem utiltm ha

, uhtat. Tantum enim al efl perfeítutm quht in hac re hue ufqut prtstitumfit , utpotius lacunec insigniores fuperfint, & errons sukinde ventant casiigandi. Polycarpus Leyset ia comment, decontrasigillis;, p. 3,

.avait beaucoup à ajouter & même à jcorriger dans les meilleurs livr,es, qui traitent de la Diplomatique. 3 Perfqne n'ignore que depuis le chef-d'œuvre du P. Mabillon, grand nombre de disputes fur Ja.même matière, ont éclaté de toutes parts. Combien n'ont-elles pas fait éclore de remarques importantes & d'objections nouvelles ! Frapés de la nécessité d'éclaircir ces dificultês, & de supléer aux travaux de notre illustre confrère, nous nous proposâmes, non-feulement de remplir les vuides de fa Diplomatique, mais encore de mettre à profit une multitude d'écrits & de livres plus ou moins estimables parles obfervationscritiques dont ils font remplis.

Enfin l'amour de la vérité & de la justice, le désir d'être de quelque utilité àl'Eglife & à l'Etat, & de faire éclater l'innocence de ces corps respectables, que la malignité du cœur humain soupçonne d'avoir infecté les anciennes archives d'une multitude prodigieuse de titres supposés j 1 envie de détruire une bonne fois quantité de faux préjugés, &c de mettre fin à des contestations toujours odieuses : voilà au juste les motifs qui ont concouru à nous animer & à nous soutenir dans les travaux immenses qu'il a fallu essuyer.

Si l'on n'ose se flater d'avoir parfaitement rempli le dessein qu'on setoit proposé 5 du moins peut-on dire que notre nouveau Traité de Diplomatique ofre quelques morceaux utiles aux favans mêmes, plusieurs à ceux qui s'êforcent de le devenir, &c beaucoup à ceux qui n'y chercheront que des éclaircissemens, a proportion des doutes & des dificultês qui se présenteront. Les gens de lettres qui le liront, n'auront pas de peine à reconnoître, que les cinq dernières Parties de l'ouvrage font neuves, tant pour le fond, que pour la forme Sc

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