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DU MEPRIS - DU MONDE,

ET DE SOY-MESME, El de l'exercice de la charité envers

les autres.

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E S homnies sont si peu, raisonnables, qu'ils voue. droient jouir d'une santé continuelle fans jamais

vieillir ; se voir dans l'eftime de tout le monde , & dans l'abondance de toute forte de commo. ditez; avoir des amis agreables, utiles, patiens , toûjours prêts à obliger & à pardonner; mais d'où leur peuvent venir ces biens ? Ils ne sauroient se les procurer à eux-mêmes. Les autres hommes n'ont ni assez de puissance

pour les leur donner, ni assez de bonté pour le vouloir quand ils le pourroient; & Dieu de la part ne leur a jamais fait de telles promesses, ni ne: s'est point engagé à exaucer de tels veux. Pourquoi se fatiguent-ils à desirer avec ardeur ce qu'il leur est impossible d'obtenir : Filii hominum , uf-Pfal.3.4. quequò gravi corde : ut quid diligitis vanitatem , & quæritis mendacium ?

Poini le tell de la

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Il faut donc que nous cherchions uniquement les vrais biens , qui rendent veritablement bons & heureux ceux qui les possedent; des biens que ni le monde, ni le demon ne fauroient nous ravir malgré nous; des biens qui remplissent parfaitement nos desirs, & qui sont incorruptibles & éternels; des biens que nous sommes alsurez d'obtenir de la bonté de Dieu, Gi nous les lui demandons comme il faut , & que nous polledons même déja si nous les désirons de tout notre cœur.

III.

Un Payen, a dit autrefois, que fi

les hommes avoient l'adresse de peindre la vertu avec toutes ses beautez, cet excellent portrait charmeroit tellement ceux qui le regarderoient qu'ils n'auroient plus de passion que pour un objet si divin , & qu'ils oubliroient toute autre chose. Mais disons que si nous ne nous occupions que de la confideration des biens que Dieu a promis à ceux qui sont à lui, & si nous ne pensions qu'au feul necessaire , nous nous sentirions bien-tôt élevez au-dessus de nous-mêmes, & dans la possession d'un bonheur incomprehenîible à tout autre, qu'à celui qui en jouit.

IV.

Tâchons de nous former une image de ce bonheur, & de nous le representer dans un veritable chrétien. Servons-nous, pour faire ce tableau , des veritez qui font répandues dans l'Evangile & dans les écrits des Apôtres; rendons-nous plus sensibles les mêmes veritez, en les regardant dans les actions de Jesus-Christ,& des saints qui ont imité ce divin maître ; mais ce qui est le principal, rendons-nous ce tableau propre; animons-le par des de

firs saints & ardens , & prenons la résolution d'en être nous-mêmes de fin delles copies.

Un yeritable chrétien ne tient à la terre que par son corps : & il dit avec tous les disciples de Jesus-Christ: Qu'il Joan.is, n'est pas de ce monde , selon la parole de Jesus-Christ même. Il est parmi les hommes comme n'y étant point, & il n'est aucunement en peine de ce qui lui peut arriver, parce qu'il a mis tous ses soins entre les mains de Dieu. La vûe conținuelle qu'il a des biens & des maux éternels , efface devant ses yeux tout ce qui fait l'esperance & la crainte , la joie & la tristelle, la gloire & le malheur des autres hommes.

V I.

Dès que l'esprit est dégagé de son corps , & qu'il est élevé au-dessus des sens, il voit le monde aussi méprisable qu'il est; & il comprend cette parole de l'Ecriture : Que tout le monde Joan est plongé dans le mal. Il reconnoît que 19. par toute la terre on ne rencontre que des objets de concupiscence, de vás

nité.& d'orgueil; que des aveugles & des insensez, qui gémissent de leurs miseres, sans rien faire pour en sortir; que des furieux qui ne sentent point les plaies mortelles de leur ame, ou qui même s'en réjouissent & s'en glori, fient.

VII.

Apocal. On n'est pas plûtôt sorti du monde, 18. selon l'ordre qu'on en a reçû de Dieu,

que l'on comprend que cette babylone est la demeure des demons, & la retraite de tout esprit impur; qu'elle enyvre toutes les nations de la terre du vin de fa proftitution : que ses crimes montent continuellement juf qu'au ciel; & que Dieu irrité de ses iniquitez, ordonne par un jugement irrevocable , qu'on multiplie ses tourmens & ses douleurs, à proportion de ce qu'elle s'est élevée dans son orgueil, & de ce qu'elle s'est plongée dans les delices. Sa condamnation vient en un moment; fon partage est l'affliction, la famine & la mort ; & ensuite le feu du ciel la consume tellement, qu'il ne reste plus de ses délices, de fes grandeurs & de fes richesses, que de miserables ruines...

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