페이지 이미지
PDF

D A L IL A. Sans Vénus, sans l'Amour, qu'aurait-il pu prêtendre ? Dans nos bois il est adoré. Quand il fut redoutable, il était ignoré. Il devint dieu dès qu'il fut tendre. Depuis cet heureux jour, Ces prés, cette onde, cet ombrage, Inspirent le plus tendre amour Au cœur le plus sauvage. S A MS O N. O ciel ! ô troubles inconnus ! J'étois ce cœur sauvage, et je ne le suis plus. Je suis changé ; j'éprouve une flamme naissante. (A Dalila. ) Ah! s'il était une Vénus, Si des Amours cette reine charmante Aux mortels en effet pouvait se présenter, Je vous prendrais pour elle, et croirais la flatter. D A L IL A. Je pourrais de Vénus imiter la tendresse. Heureux qui peut brûler des feux qu'elle a sentis ! Mais j'eusse aimé peut-être un autre qu'Adonis, Si j'avais été la déesse.

S C È NE IV.
LEs ACTEURs PRÉCÉDENTs, LES HÉBREUX.

LEs HÉBREUx.
NE tardez point, venez; tout un peuple fidèle
Est prêt à marcher sous vos lois :
Soyez le premier de nos rois,
Combattez et régnez : la gloire vous appelle.

SA MS O N. Je vous suis, je le dois; j'accepte vos présents. Ah !... quel charme puissant m'arrête ! Ah! différez du moins, différez quelque temps Ces honneurs brillants qu'on m'apprête. C H OE U R D E S F IL L E S D E G A Z A. Demeurez, présidez à nos fêtes; Que nos cœurs soient ici vos conquêtes. D A L IL A. Oubliez les combats ; Que la paix vous attire. Vénus vient vous sourire ; : L'Amour vous tend les bras. LEs HÉBREUx. Craignez le plaisir décevant Où votre grand cœur s'abandonne : L'amour nous dérobe souvent Les biens que la gloire nous donne. cHoEUR DEs FILLEs. Demeurez, présidez à nos fêtes ; Que nos cœurs soient vos tendres conquêtes. DEUx HÉBREUx. Venez, venez, ne tardez pas ; Nos cruels ennemis sont prêts à nous surprendre ; Rien ne peut nous défendre Que votre invincible bras. CHOEUR DEs F ILLE s. Demeurez, présidez à nos fêtes; Que nos cœurs soient vos tendres conquêtes. - SA MS O N. " m'arrache à ces lieux.... Allons, je suis vos pas.

Prêtresse de Vénus, vous, sa brillante image,
Je ne quitte point vos appas

Pour le trône des rois, pour ce grand esclavage ;
Je les quitte pour les combats. -

[ocr errors]

Fiez-vous à vos yeux de mon impatience.

Est-il un plus grand bien que celui de vous voir ?

Les Hébreux n'ont que moi pour unique espérance, Et vous êtes mon seul espoir.

SCÈNE V.
DALILA, seule.

IL s'éloigne, il me fuit, il emporte mon âme ;
Partout il est vainqueur.
Le feu que j'allumais m'enflamme.
J'ai voulu l'enchaîner, il enchaîne mon cœur.
O mère des Plaisirs, le cœur de ta prêtresse
Doit être plein de toi, doit toujours s'enflammer.
O Vénus! ma seule déesse,
La tendresse est ma loi, mon devoir est d'aimer.
Écho, voix errrante,
Légère habitante
De ce beau séjour,
Écho, monument de l'amour,
Parle de ma faiblesse au héros qui m'enchante.
Favoris du printemps, de l'Amour et des airs,
Oiseaux dont j'entends les concerts,

Chers confidents de ma tendresse extrême,
Doux ramages des oiseaux,
Voix fidèle des échos,
Répétez à jamais : Je l'aime, je l'aime.

[ocr errors][ocr errors]

-

[blocks in formation]

OUI 7 le roi vous accorde à ce héros terrible 2
Mais vous entendez à quel prix.
Découvrez le secret de sa force invincible,
Qui commande au monde surpris.
Un tendre hymen, un sort paisible,
Dépendront du secret que vous aurez appris.
D A L IL A.
Que peut-il me cacher ?'il m'aime :
L'indifférent seul est discret :
Samson me parlera, j'en juge par moi-même :
L'amour n'a point de secret.

S C È NE II.
DALILA, seule.

SE CoUREz-MoI, tendres Amours,
Amenez la paix sur la terre ;
Cessez, trompettes et tambours, -
D'annoncer la funeste guerre ;
Brillez, jour glorieux, le plus beau de mes jours.
Hymen, Amour, que jon flambeau l'éclaire ;

« 이전계속 »