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Vos autres ennemis par vous sont abattus,
Et vous devez en tout l'exemple des vertus.
v EN D ôME.
Le sort en est jeté, je ferai tout pour elle ;
Il faut bien à la fin désarmer la cruelle ;
Ses lois seront mes lois, son roi sera le mien ;
Je n'aurai de parti, de maître que le sien.
Possesseur d'un trésor où s'attache ma vie,
Avec mes ennemis je me réconcilie.
Je lirai dans ses yeux mon sort et mon devoir ;
Mon cœur est enivré de cet heureux espoir.
Enfin, plus de prétexte à ses refus injustes ;
Raison, gloire, intérêt, et tous ces droits augustes
Des princes de mon sang et de mes souverains, -
Sont des liens sacrés, resserrés par ses mains.
Du roi, puisqu'il le faut, soutenons la couronne;
La vertu le conseille, et la beauté l'ordonne.
Je veux entre tes mains, en ce fortuné jour,
Sceller tous les serments que je fais à l'amour :
Quant à mes intérêts, que toi seul en décide.
C O U C Y.
Souffrez donc près du roi que mon zèle me guide.
Peut-être il eût fallu que ce grand changement
Ne fût dû qu'au héros, et non pas à l'amant;
Mais si d'un si grand cœur une femme dispose,
Uesset en est trop beau pour en blâmer la cause :
Et mon cœur, tout rempli de cet heureux retour,
Béuit votre faiblesse, et rend grâce à l'amour.

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SC È N E I.
NEMOURS, DANG ESTE.

N E M O U R S.

CoMBAT infortuné, destin qui me poursuis !
O mort, mon seul recours, douce mort qui me fuis !
Ciel! n'as-tu conservé la trame de ma vie,
Que pour tant de malheurs et tant d'ignominie ?
Adélaide, au moins, pourrai-je la revoir ?

D A N G E ST E.
Vous la verrez, seigneur.

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Ah ! mortel désespoir ! Elle ose me parler, et moi je le souhaite !

D A N G E ST E. Seigneur, en quel état votre douleur vous jette ! Vos jours sont en péril, et ce sang agité...

N E M O U R S

Mes déplorables jours sont trop en sûreté ;
Ma blessure est légère, elle m'est insensible :
Que celle de mon cœur est profonde et terrible !

D A N G ESTE.
Remerciez les cieux de ce qu'ils ont permis
Que vous ayez trouvé de si chers ennemis.

Il est dur de tomber dans des mains étrangères ;
Vous êtes prisonnier du plus tendre des frères.
N E M O U R S.
Mon frère ! ah ! malheureux !
D A N G E ST E.
Il vous était lié
Par les nœuds les plus saints d'une pure amitie.
Que n'éprouvez-vous point de sa main secourable ?

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D A N G E ST E. · •
Quoi! pour être engagé dans d'autres intérêts,
Le haissez-vous tant ?
N E M O U RS.
Je l'aime, et je me hais;
Et, dans les passions de mon âme éperdue,
La voix de la nature est encore entendue.

D A N G E ST E. Si contre un frère aimé vous avez combattu, J'en ai vu quelque temps frémir votre vertu : Mais le roi l'ordonnait, et tout vous justifie. t'entreprise était juste, aussi-bien que hardie. le vous ai vu remplir, dans cet affreux combat, fous les devoirs d'un chef, et tous ceux d'un soldat ; tt vous avez rendu, par des faits incroyables, Votre défaite illustre, et vos fers honorables. on a perdu bien peu quand on garde l'honneur. N E M O U R S. \on, ma défaite, ami, ne fait point mon malheur. | ouGuesclin, des Français l'amour et le modèle, oux Anglais si terrible, à son roi si fidèle,

Vit ses honneurs flétris par de plus grands revers :
Deux fois sa main puissante a langui dans les fers :
Il n'en fut que plus grand, plus fier et plus à craindre;
Et son vainqueur tremblant fut bientôt seul à plaindre.
Du Guesclin, nom sacré, nom toujours précieux !
Quoi! ta coupable nièce évite encor mes yeux !
Ah! sans doute, elle a dû redouter mes reproches ;
Ainsi donc, cher Dangeste, elle fuit tes approches ?
Tu n'as pu lui parler ?
D A N G EST E,
Seigneur, je vous ai dit
Que bientôt...
N E M O U RS.
Ah! pardonne à mon cœur interdit.
Trop chère Adélaide ! Eh bien! quand tu l'as vue,
Parle, à mon nom du moins paraissait-elle émue ?
D A N G EST E.
Votre sort en secret paraissait la toucher;
Elle versait des pleurs, et voulait les cacher.
N E M O U RS.
Elle pleure, et m'outrage ! elle pleure, et m'opprime !
Son cœur, je le vois bien, n'est pas né pour le crime.
Pour me sacrifier elle aura combattu ;
La trahison la gêne, et pèse à sa vertu :
Faible soulagement à ma fureur jalouse !
T'a-t-on dit en effet que mon frère l'épouse ?
D A N G EST E.
S'il s'en vantait lui-même, en pouvez-vous douter ?
NE MO U R S.
Il l'épouse ! A ma honte elle yient insulter :
Ah Dieu ! \

SC ÈNE II.
ADÉLAiDE, NEMOURS.

A DÉLAïDE.
LE ciel vous rend à mon âme attendrie ;

En veillant sur vos jours il conserva ma vie.
Je vous revois, cher prince, et mon cœur empressé...
Juste ciel ! quels regards, et quel accueil glacé !

N E M O U R S.
Lintérêt qu'à mes jours vos bontés daignent prendre
Est d'un cœur généreux; mais il doit me surprendre.
Vous aviez, en effet, besoin de mon trépas :
Mon rival plus tranquille eût passé dans vos bras.
Libre dans vos amours, et sans inquiétude,
Vous jouiriez en paix de votre ingratitude ;
Et les remords honteux qu'elle traîne après soi,
S'il peut vous en rester, périssaient avec moi.

ADÉLAiDE. Hélas! que dites-vous ? quelle fureur subite... - N E M O U R S. Non, votre changement n'est pas ce qui m'irrite. A DÉLAiDE. Mon changement, Nemours ? N E M O U R S. A vous seule asservi, Je vous aimai trop bien pour n'être point trahi ; C'est le sort des amants, et ma honte est commune ; Mais que vous insultiez vous-même à ma fortune ! Qu'en ces murs, où vos yeux ont vu couler mon sang , Vous acceptiez la main qui m'a percé le flanc,

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