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DUO.

C'eft en vain que l'on s'oppofe
Aux vœux d'un cœur bien épris;
Des tourmens que l'amour caufe ,
L'Amour lui-même eft le prix.

ROSETTE.

Ne craignons plus Perrette ici.

GRINGOLE.

A nos tranfports nous pouvons nous livrer; Ils ont chacun fait un fi mauvais rôle, Qu'ils n'oferont plus fe montrer.

On danfe, enfuite on chante .une ronde furies plaifirs du mois de Mai, & on finit par un Vaudeville; en voici deux couplets.

VAUDEVILLE.

RATON.

Nous n'avons plus rien à craindre,
Mes feux fc font allumés;
En cherchant à les éteindre ,
Nos Jaloux les ont rallumés;
Déformais foyons tranquilles,
Leurs fureurs font inutiles,

Ils n'ont fait qu'un bruit éclatant,
Autant en emporte le vent.

Ne prenez pas, jeunes filles ,
Le Petit-Maître manqué;
Il ne vit que de paftilles,
Il eft tout confit, tout mufqué;
De ces Amans à l'eau rofe ,
La tendreffe eft peu de chofo,
On en eft la dupe fouvent;
Autant en emporte le vent.

X

Cette jolie Parodie ne reçut pas d'abord l'accueil qu'elle méritait; mais M. Favart qui, en eft l'Auteur, toujours fournis au Jugement du Public , ne manqua pas d'y faire les changemens que les Spectateurs avaient paru délirer. Cette déférence fut récompenfée, Raton & Rofette furent très- bien reçus. Ils eurent vingt-huit repréfentations, & ont depuis été fouvent revus avec plaifir.

Les Comédiens Italiens firent la clôture de leur Théâtre le 6 Avril, par

la Frivolité, & Raton & Rofette, fuivis de deux Complimens; le premier en vers libres , compofé par M. de Boifly, & rècitépar M. Dehefle, & le fecond en Vaudevilles, fait par M. Favart, & chanté par fon époufe. La même Actrice fut chargée de celui de l'ouverture, qui fe fit le 30 du même mois , qu'elle chanta également en Vaudevilles, & qui fut fuivi de Raton & Rofette, précédée de la Fauffe Prévention.

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LES FÊTES DES ENVIRONS De Paris.

Parodie des Fèces Greques & Romainesj 4 Juillet 17Si.

X-/ANS le premier acte la fcène fe paiTe à Charenton, fur les bords de la feine. Dutaillon, Receveur de là terre d'un Financier, vient avec Grippet, fon Commis, pour recevoir de l'argent de la Meuniere Farinete , qui en doit beaucoup, & à laquelle on a donné une affignation. Grippet exhorte Dutaiiton, à ne fe pas laifler éblouir par les charmes de la Meuniere. Dutaillon qui fe croit un cœur de roche, dit qu'il verra la Meuniere fans être ému. Farinette après avoir fait précéder fon arrivée d'un divertiffement de Meuniers & de Meunieres, s'avance d'un air humble, & dit à Dutaillon:

Je viens à vos genoux ,
Moniteur, confentirez-vous
A rn'eutendre i

DUTAILLON.

Ah ! qu'elle a l'air tendre?
Oui, levez-vous.

FARINETTE.

Je vous apporte tout mon argent,
Mon bail me ruine abfolument,

Et ce Placet,
Va bientôt vous mettre au fait.

DUTAILLON, prenant le Placet.
Donnez, je le lirai,
Je me charge de l'affaire,

Ma chere,
Pour vous je ferai
Ce que je pourrai.

Dutaillon trouve que le Placet n'eft pas tout-à-fait felon l'étiquette, parce que Farinette a négligé de mettre Monleigneur tout au haut; cependant il fe radoucit à la vue d'un tonneau de vin rare, dont Farinette lui fait préfent. Séduit par fes, agaceries, il confent à lui rendre fon argent, & il accepte fon vin à condition que le même jour ils en boiront enfemble tête-à-tête; après quelques façons, la Meuniere y confenu Dutaillon chante fon bonheur

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