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une danfe terrible leurs noirs defleiro ï ils fe difperfent dans les campagnes , détruifent tout, & renverfent l'autel. La Folie revient, & menace les Hommes de la vengeance des Dieux, s'ils ne les défarment pas par leurs remords. Les Hommes loin d'écouter la Folie > s'indignent de fes difcours, ils l'environnent en danfant, & la contraignent de rentrer dans fon Temple, qu'ils embrâfent avec des torches allumées.

Le tonnere gronde, le fond du théâtre fe couvre de nuages, qui s'entrouvent enfuite , & biffent voir dans les airs l'amour fur un nuage de feu environné de Génies; les Hommes prennent la fuite ; la Folie fort des ruines de fon Temple. L'amour & fa fuite dependent rapidement furie théâtre. La Folie appercevant l'Amour, ne peut s'empêcher de rire de ce que le plus petit des Dieux eft chargé du foin de leur vengeance ; l'Amour méprife les railleries de la Folie, qui alors afrecte de prendre un ton férieux, & lui demande fi c'eft à l'Amour de détruire le genre humain? La Folie implore en vain la clémence de l'Amour en faveur des hommes; l'Amour lui ordonne de difparaître , & la Folie le quitte en faifant de grands éclats de rire. Alors les Génies arrivent, l'Amour leur ordonne de fê préparer à feconder fon courroux.

Dans le tems que les Génies s'excitent par une danfe vive à bien remplir Ces ordres, on entend une douce mélodie qui ralentit peu à peu leurs mouvemens, & enfin les rend immobiles ; une troupe de Femmes couvertes de feuillages & de fleurs, danfent au tour d'eux ; la vue de ces objets commence à adoucir l'Amour , &Jui fait différer fa vengeance; les Génies paraifTent vouloir fe défendre des carefles des Femmes , mais elles les enchaînent avec des guirlandes de fleurs, Pfiché paraît plus brillante que les autres Femmes, & après avoir danfé autour de l'Amour , elle l'enchaîne ainfi que fes compagnes ont enchaîné lesGénies. L'Amour ne peut réfifter aux charmes de Pfiché ; il lui offre fes hommages que Pfiché reçoit avec beaucoup de tendreflè, cela donne lieu à une fcène de galanterie , à la fin de laquelle l'Amour tombe aux genoux de Pfiché ; la Folie le furprenant dans cette pofture , vient lui apprendre que les Dieux font irrités de fes lenteurs, qu'ils ont entendu fon entretien , & l'ont chargée de venir l'interrompre ; l'Amour fe trouve

dans une cruelle alternative ; d'un côté, il craint de perdre Pfiché, qui ne veut confentir à fon bonheur qu'à condition qu'il pardonnera aux Hommes** de l'autre , il ne veut pas trahir la vengeance des Dieux ; dans cet état il prend la refolution d'aller demander dans l'Olympe la grace de l'univers. La Folie qui s'eft amufée à fes dépens, l'arrête, en lui difant qu'il n'en eft pas befoin; que le deftin s'eft rendu, qu'il fait grace aux Hommes en faveur des Femmes; qu'il immortalife Pfiché , que Vénus veut leur donner une fête & les emmener enfuite dans les Cieux; écoutez maintenant , ajoute la Folie, la fuite de l'arrêt du deftin. Les Hommes pour avoir été fauvés par les Femmes qu'ils avaient outragées ,-'feront à jamais fournis à leur puiflance : elles les rendront heureux ou malheureux , fuivant leur volonté, & peut être leur caprice; d'elles feules dépendra leur fort ; s'ils leur réfiftent quelquefois , ce ne fera que pour céder enfuite avec plus d'éclat, Se pour mieux cimenter leur pouvoir : enfin , elles partageront avec les Dieux les hommages de l'univers.

Les Génies fortent, les Femmes les fuivent, & Arlequin arrive bien furpris de trouver Pfiché immortelle, & adorée par l'Amour. Il la réclame envaia: l'Amour lui dit que Pfiché ne l'aime pas, & qu'à fa place il lui donne la Folie. Ce marché eft accepté , & la Folie prend Arlequin pour fon Amant dans î'efpoir que fes fingeries foutiendront fon empire.

f Le fujet de cette Piece parut très-ingénieufement imaginé, & très - bien exécutée tant de la part de l'Auteur que de celle des A&eurs. C'eft la premiere que M. Mailhol ait donnée au Théâtre Italien, elle y fut très - bien reçue, &eut dix - neuf repréfentations très-fuivies.

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BASTÏEN ET BASTIENNE.

Parodie du Devin de Village> 4 Août 17S3

iJASTiENNE ouvre la fcène par un monologue, dans lequel elle fe pkintde l'infidélité de Baftien, par qui elle fe croit entièrement abandonnée. Elle apperçoit Colas qui defcend d'une coline en chantant & s'accompagnant de fa cornetnufe ; comme elle croit ce Colas un grand Magicien , elle l'aborde pour le-confulter fur fes amours avec Baftien, & au lieu d'argent dont elle manque . elle lui ofire des boucles d'or fin pour le déterminer à la fervir ; Colas la tient quitte pour un baifer, qu'elle lui refuie en duant que tous fes baifers font à Baftien* qu'elle les garde pour leur mariage. Colas raflureBaftienne à moi. tié, en lui difant q«e Baftien continue de Tairaer, mais que cependant il eft infidele ; Baftienne répond qu'elle ne -veut point de partage. Colas lui apprend: que Baftien qui eft coquet, n'a îiu «.'empêcher de rendre fes hommages aJa Dameudu lieu, qui lui fait des pré

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