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d'Acaris , pour laquelle Arlequin paraît avoir du goût. Alcandre promet des fommes confidérables : la fermeté d'Arlequin commence à s'ébranler; il dit d'abord la moitié du fecret , en indiquant un Autel où tout ce qu'on demande eft raflemblé. Acaris, Alcandre & Cyrris vont tâcher de forcer l'Autel. Nerine fait femblant de les fuivre , & revient doucement écouter Arlequin.

ARLEQUIN, à part.

Ils vont être bien attrapés fur ma foi;

Ils forceront fans doute la ferrure; Mais un reliure cache , qui n'eft fu que de

moi, Pourra les arrêter, & contre eux me raflure.

( apperctvant Nerine. ) La traîtrefle f je fuis perdu.

N Ë R ï NE.

Oui, puifque j'ai tout entendu.

ARLEQUIN, bas.

Ecoute, ils ne font point dans notre confidence i

Je vais faire un marché qui pour toi fera bon | On a pour de l'argent féduit mon innocence, Je te le donnerai pour n'être plus fripon.

N E R I N E.

Non, il faut rompre le filence.

( aux Acteurs. )

Vous travaillerez tous en vain ,
Sans le fecours de ce Coquin.

ALCANDRE, à Arlequin.

Mon cher ami, cefle d'être rebelle,
Dans ces papiers je voudrais feulement
M'inftruire d'une bagatelle.

ARLEQUIN.

Vous n'en emporterez aucun?

ALCANDRE.

Apurement
Je le promets, & je ferai fidele.

ARLEQUIN.

Ma main va vous prouver mon zele.

Arlequin ouvre l'autel, tous les Acteurs prennent des écrits & les lifent,

ALCANDRE.

Loi qui défend de voyager,- --.

C Y R R I S.

J.oi fur la modefiie. Ah! l'homme infupportable!

ARLEQUIN.

Toute la ville enfemble doit manger.
Je ferai le dernier à table.

A C A R I S.

Les femmes, aujourihui; fi, quelle indignité!

NERINE

Défendu de parler. Quelle loi déteftablc!

ARLEQUIN.

Par une mufique agréable , Le Soldat doit être excité. Les garçons jtûneront. Ça ne vaut pas le Diable.

«-. ÇYRRIS.

Très-exprejfément, défendons
De recevoir desfrefens.

ARLEQUIN.

Les Poltrons Tour notre honneur & gloire , Sewnt noyeç. J'ai bien peur de trop boire.

ALCANDRE.

Je ne me trompe pas, nous lui réfuteront;. J'ai trouvé .. . vi&oire! viâoire!

CYRRIS.

Sont-ce encore des loix?

ALCANDRE.

Non certes.

A C A RI S.

Ecoutons.
ALCANDRE, la.

Nicaftor j grand Prêtre £ Apollon à Lycurgue.

Les Deputés des Lacéde'mone - «cevront de notre part une réponfc telle que tu me Vas demandée j je te fervirai avecplaifir , moins en Minijfre des Dieux qu'en Philofophe : je fais comme toi qu'un menfonge utile e(l un bienfait.

N E R I N E.

Bon, voilà pour Lycurgue un furieux obfta* de.

ALCANME.

Au Peuple allons montrer ces bifarres écrits,
Alions, par ce billet, éclairer les efprits

Sut

Sur la fauflèté de l'Oracle

ARLEQUIN.

Ua moment, un moment.

ALCANDRE.

Il veut nous arrêter.
( les Aclcurs rient. )
ARLEQUIN.

Vous ne devez point emporter
Ces Papiers importans. Vous m'avez rendu
traître ,
Voudnezvous me trahir le premier,

( les Acteurs éclatent de rire &fortent. )
ARLEQUIN.

Ah! Je vais me punir d'avoir pu me fier
Aux promenes.d'un7Petit- Maître.

Arlequin eft forcé d'avouer à Lycurgue tour ce qui s'eft p fie ; Lycurgue en eft indigné; Arlequin eft au defefpoir & veut s'errpoifonner; Lycurgue l'en empêche, & 'ui p idonne par un eflert de ve-u- Cependant les députés coure1 tou^e la v.lle , & divulguent 1-° Loix de Lycursue. Le peuDie f*ieux met le feu p„rIome FI"

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