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On court fouvent trop de danger

A s'engager j
Au plaiiîr le penchant nous mene;
Mais il ne faut que l'effleurer;

Sans s'y livrer;
Il eft trop voifi» de la peine j
Craignez, craignez, jeunes cœurs,
Le Serpent caché fous les fleurs.

L'amour a des attraits flatteurs,

Mais f t ducteurs, Et l'on a peine à s'en défendre. Quand le Fripon vient d'un air doux,

A nos genoux, C'eft afin de nous mîeux furprendre j Craignez, craignez, jeunes cœurs, Le Serpent caché fous les fleurs.

Témire allait chaque matin

Au bois voifin,
Du Printems refpirer les charmes;
Mais un jour j'entendis des cris,

Et d'un taillis ,
Je la vis fortir toute en larmes;
Craignez, craignez, &c.

Iris trouve un enfant un jour,

C'était l'Amour j
Elle en prend foin fans le connaître,
C'eft un piege qu'amour lui tend,

Tout en pleurant j
Sous fes doigts il riait, le traître,
Craignez, craignez, &c.

L'imprudente irfs, qui le croit

Txanfi de froid,
Dans fon fein l'échauffe & l'anime;
L'ingrat qui fe voit carener,

L'ofe blefler,
Ce cruel en fait fa viftime,
Craignez, craignez, &c.

Les Boftangis veulent cueillir des fleurs, un orage s'éleve & ravage le Jardin.

Les Boftangis tâchent de réparer le dommage , ils arrofent le Jardin; on voit naître une plante qui produit fucceffivement des feuilles, des boutons, des fleurs , & enfin l'amour. Entrée de l'Amour qui ranime les fleurs; elles fortent des buiflbns perfonnifiées; de jeunes Odalifques qui les repréfentent, tont chacun à la main la fleur qu'elle caractérife ; l'Amour forme un bouquet & le préfente à Tacmas, ce Prince le reçoit & le donne à fa Favorite.

Dès que Tacmas a déclaré fon choix, les Boftangis fe joignent aux Odalifques pour le célébrer.

LES AMOURS CHAMPÊTRES.

Parodie de Pacle des Sauvages j 2 Septembre i7S/. (i)

.L H i11N T E, Berger de ce Canton^ fe plaint à Lifette fa Compagne, que fa chere Hélene reçoit les vœux d'un gros Fermier de Village & d'un PetitMaître de Paris; il craint d'autant plus leur rivalité, qu'ils font plus opulents que lui. Lifette cherche en vain à le raflurer, eh lui difant qu'ils ne favent pas aimer de même.

(1) Le théâtre repréfente «n Payfage agréable , d'un côté eft un Coteau chargé d'arbres , de l'autre eft une Prairie entrecoupée de ruif-, feaux.

Air: De tous les Capucins du monde:
L'un eft un gros Amant ruftique,
Dont l'amour brulquement s'explique,
Et l'autre un Freluquet galant,
Que le feul goût des plaifirs touche,
Et qui femble plaindre, en parlant,
ta fatigue d'ouvrir la bouch*

PHILINTE.

Quand aux champs dès le matin ,
Le foin du troupeau l'appelle ,
Le Ciel devient plus ferein ,
Le jour fe leve avec elle;
Tour mourir fur fon fein,
©n voit les fleurs édore;
Ce l'éclat de fon tein,
La Rofe fe colore.

Le Roflîgnol va chantant,
Joyeux de la voir fi belle;
Le Papillon voltigeant,
La prend pour la fleur nouvelle}
Les amoureux Zéphirs,
Naiffent de fon haleine,

Et mes ardens foupirs ,
La fuivent dans la plaine.

Malgré fa timidité,

Qui la rend plus belle encore ,

D'une tendre volupté ,

Dans fes yeux j'ai vu l'aurore ,

Et fa bouche exprimer,

Par un charmant fourire,;

Le doux plaifir d'aimer,

Qu'elle craint & defire.

Lifette congédie ce tendre Amant; lorsqu'elle voit paraître fon Rival Petit-Maître; il arrive, un miroir de poche à la main, & fe rajuftant les cheveux, il fe plaint de trouver Hélene trop fauvage, mais d'un ton qui fait connaître qu'il fe flatte de l'apprivoifer bientôt. Tout ce qu'il dit eft dans le ton convenable du perfîfflage, & il fort après avoir fait la peinture du bonheur dans le couplet fuivant:

Air: M. le Prevôt des Marchands.

Voici l'image du bonheur;

Quand un Champagne plein d'ardeur,

Rit & pétille dans mon verre,

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