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tout; ils brûlent la plupart des Palais des Sénateurs , Se entrent chez Lycurgue pour y porter la flamme & le fer : alors Lycurgue fe préfente & dit:

Venez, cruels, venez confommer votre crimej
Puniriez votre bienfaiteur.
Délivrez mes yeux de l'horreur
De vous voir ingrats & perfides i
De voir des Citoyens aveuglés par l'erreur;
Contre eux-mêmes tourner leurs armes parri-
cides.
Frappez . . '. vous fufpendez vos coups!
Manqueriez-vous ici de force ou de courage?
Parlez; fur moi ma main achevant votre ou-
vrage ,
Juftifiera votre courroux.
Vous vous taifez . . . votre filence
Eft-il l'effet d'un retour généreux?
J'ofe le croire, & mon expérience
Me découvrait en vous des cœurs nés ver-
tueux.
Ouï, vous avez devant les yeux
L'éclai immortel de la gloire ,
Dont fe cow,nrent vos A yeux ,
Et vous craigi^,,ue vos Neveux
Ne flétriffent votK-^moire.

Gardez ces fentimens, ils vous rendront heu-
reux;
Sur vos devoirs ils fauront vous inftruirei
Ils vous apprendront que mon cœur
N'a demandé , ne cherche & ne defire
• Que d'établir fur vous l'empire
De la raifon & de l'honneur.
Tel eft mon but, que vous nommez coupable,
Je veux former par mes projets divers ,
Une Nation indomptable,
Le modele de l'Univers.
Mais vous croyez que mes Laix trop aufteres,

Doivent vous rendre malheureux;
Me puniflent vos Rois, me confondent les
Dieux,
Si je veux être Auteur de vos miferest
On me veira toujours blâmer. 5c répiouvcr
Ce qui pourra vous nuire & vous contraindre,
Mon cœur plus d'une fois a fu vous le prou-
ver,
Vous penfez, dites-vous, que mes Loix font

à craindre;
Mais avanr que de vous en plaindre,
Vous devriez les éprouver.
C'eft un point que je vous propofe ,

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Ou plutôt que je dois exiger aujourd'hui.

Je vais jafqu'à Phercs confulter un ami;

De vos cœurs permettez que Lycurgue difpofe,'

Il faut me promettre en ce jour , D'exécuter mes Loix jufques à mon retour. Lacédémoniens ,. vos âmes s'attendriflent , A mes avis vos regards applaudirent;

C'en eft fait, vous êtes vaincus , Et vos remords vous rendent vos vertus.

(s'approchant de T Autel. )

Amis, votre ferment fur l'Autel du fileitce,

Doit confacrer votre perfévérance; J'ai celui du Sénat & celui de vos Rois.

Un LACÉDÉMONIEN.

jDui , nous jurons d'obéir à tes Loix , Tant que durera ton abfence.

LYCURGUE.

O Dieux! vous comblez donc enfin mon efpé

ranec; Amis , venez des feux arrêter les progrès , Tandis qu'avec tranfport je vole vers Pherès.

Lycurgue & les Lacédémoniens fortenr précipitamment. Acaris , Lyrlis . Alcandre & Nerine reftent lux la fcène ; ils font inconfortables; leur douleur augmente encore par l'arrivé» de Trazile, qui vient apprendre que Lycurgue a quitté Lacédémone pour Toujours j & qu'il va fixer fon féjour à Pherès. Nerine & Arlequin fuivent Lycurgue; Alcandre veut aller dans d'autres climats ; mais il eft arrêté par Trazile , qui lui dit;

La Loi nouvelle autrement en ordonne;
Tout Citoyen dès aujourd'hui ,
Refera dans Lacédémone,
Et doit de plus être efclave ou mari.

Alcandre fe réfout à époufer Acaris; Trazile époufe Nérine , & Cyrris qui n'eft point citoyenne, eft obligée

de fortir de Lacédémone.

•s*

Cette Comédie n'eut pas autant de fuccès que celle des fimmes du même Auteur, fans peut-être avoir moins de mérite; mais elle fut trouvée froide & d'un ton de Morale trop fec Se pas allez egayé, ainfi que doit toujours, l'être celle que l'on employe dans une Comédie; rçlle-ci eut huit Repréfentations médiocrement fuivies.

VEBUT DU Sr. VERONE SE

.F ht S.

Le Sieur Véroneze le fils débuta le 17 Juillet dans le double Mariage d'Arlequin par le Rôle de Doéreur; il fut applaudi & reçu à penfion.

LA CAMPAGNE.

Comédie en un -acte j en vers libres y 14 Août 77/^.. (1)

xu E Chevalier fatigué des plaifîrs & des erreurs de Paris , s'eft retiré à fa maifou de Campagne-; le Comte fon ami, vient l'y joindre avec fon époufe le jour même de fon Mariage: Le Chevalier lui en marque fa furprife.

Le C O M T E.

Voudrais-tu qu'imitant ces ftupùks Maris,
Dont l'air benin & la bonté précoce ,
Font préfager un funefte avenir,

(1) La fcène eft dans le Château du Chevalier.

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