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&fait connaître les rufes dont elle fe fert , & qu'elle confeille d'employer à toutes les jeunes filles qui fe trouvent dans le même cas.

Air.

Vous gentilles

Jeunes Filles,
Aux Vieillards qui tendez vos filets ,
Qui cherchez des maris, beaux ou laids,
Apprenez , retenez bien mes fecrets;
Vous allez voir comme je fais.
Tour à tour avec adrefle ,
Je menace , je careile j

Quelque tems

Je me défends;
Mais enfin je me rends.

Elle a mis Scapin dans Tes intérêts.i il confent à fe dégui fer, pour faire le perfonnage d'un Capitaine qui la demande en mariage. Zerbine appercevant Pandolfe , fait femblant de fe repentir de fes infolences & de fa témérité, & elle lui dit qu'elle eft recherchée par le Capitaine Tempête , auquel elle a promis fa foi. Parpdolfe s'attendrit par dégrés & veut cacher fon attendriflement; elle fe jette à fes genoux , il lui prend la main comme en cachette; elle la Lui abandonne comme par mégarde & ne doute plus du fuccès de farufe; pour frapper le dernier coup , elle demande à fon Maître la permiffion de lui préfenter fon prétendu : Pandolfe y confent & elle l'introduit : cet homme par fon air furibond & par fes grimaces fait peur au vieillard qui commence à plaindre Zerbine de tomber en de pareilles mains. Le Capitaine garde un filence obftiné en préfence de Pandolfe , qui s'en étonne. Zerbine promet en le tirant à l'écart, de le faire parler: la réponfe qu'elle rapporte eft qae le Capitaine demande à Pandolfe la dot de fa future , puifqu'il lui a tenu lieu de Pere: Pandolfe , plus furpris que jamais, lai dit : d'aller fe promener. Le faux Capitaine fait femblant d'entrer en fureur , & menace Pandolfe en grinçant les dents. Pandolfe appelle Scapin qui ne fongeant plus au perfonnage de Capitaine qu'il eft obligé de faire , veut accourir , & Zerbine le reàent. Pandolfe qui a perdu tout à fait la tête , fe propofe pour epoux à Zerbine, fi elle veut congédier le Capitaine.avec beaucoup d'intelligence & d'exac-' titude la Mufique du fameux Pergoleze, & par ce moyen il fçut réconcilier cette excellente Mufique avec ceux qui par attachement pour l'ancienne, ou par humeur contre la nouvelle, s'étoient obftinés à refufer de l'entendre à l'Opéra. Ils accoururent en foule l'admirer & l'applaudir dès qu'elle fut ainfi, naturalifée. On doit regarder le fuccçs de la Servante Maîtrefle , comme l'époque du changement qui eft arrivé dans notre Mufique & du goût de la nation pour ce genre de Pieces fi mal à propos appellées Opéra-Comiques; mais malheureufement parmi le grand nombre d'Auteurs qui s'y fcnt livrés, très-peu ont approché de leur modele.

ZERBINE.

•Ah ! mon cher Maure, en confciencs

Vous méritez la préférence;
Je vous la donne, & c'eft de très-grand cœur ,
Voilà ma main, vous êtes le vainqueur.

PAND-OLF E.

Il ne faut pas non plusbraver le Capitaine,
Attends qu'il foit lbrri de la Maifon.

ZERBINE

Oh ! ne vous mettez pas en peine j Je vais d'un mot le mettre à la raifon.

( à Scapin. )

Scapin , tu peux quitter cet attirail fantaûjue.
Nous n'avons plus befoin de mafque.

(Scapin fe découvre en riant aux éclats.)

Pandolfe le met d'abord en colere contre lui , mais il lui pardonne bientôt une fourberie à laquelle il efpere devoir fon bonheur; & la piece finit par un Duo dialogué entre Pandolfe & Zeibine.

Cet intermede eft une imitation libre , de la Serva Padrona , que les bouffons Italiens avoient executée depuis peu fur le théâtre de l'Opéra. M. Bauran qui eft l'Auteur des paroles de la Servante Maîtrefle, avoit parodié

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L'ESPRIT DU JOUR.

Vkce en un acte en Vers j n Septembre 17S4

L-iA premiere fcène fe paffe entre un C6mplaifant& un Provincial. Le Complaifant attend que Madame, c'eft l'Efprit du Jour en cornette , pafle à fa toilette, pour lui faire fa cour. Le Provincial vient demander la protection del'Efprit da Jour : leComplaifant en fait un éloge brillant; le Provincial eft fort furpris , il ne fe doutoit pas qu'une femme pût réunir tant de qualités. Le Comp aifant penfe qae le Provincial veut avoir un emploi dans la finance; il l'interroge à ce fujet. Le Provincial qai eft un nojveau noble , fe révolte en entendant parler de finance..T

Le COMPLAISANT.

. Cet état à préfent eft très-confidéré , L'on y fait allier les mœurs & la décence, Et peut-être ira-t-on jufqu'à le refpecter. Bouffi d'orgueil & paîtri d'arrogance,

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