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cela que rapprocher les beautés dont elle eft remplie. Les détails en font , on ne peut pas mieux écrits ; les fituations bien imaginées , les airs bien choifis ; & de toutes les Pieces données? jufqu'alors en ce genre , aucune n'a renfermé plus de chofes agréables & mieux mérité fon fuccès; c'eft moins une Parodie, comme on la mal-à-propos nommée , qu'une imitation ingénieufe de Bertole à la Cour qui en a fourni l'idée.

RETRAITE DE ROSALIE

A S TRAU D 1.

Rofalie Aftraudi, qui avait débuté le .30 Avril 1744, par le rôle de Florine dans l'Ifle des Talens , avait été reçue & avait continué de remplir avec fuccès les rôles d'Amoureufes & de Soubrettes , tant dans la Comédie Françaife que dans toute les Parodies , quitta le théâtre à la clôture de 175"^ , & «ft morte depuis, après avoir époufé le Comte de.....

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LE MAITRE DE MUSIQUE.

Parodie en un acte en vers t mêlée d'ArietteSj 3 Mal i7 S S*

J-jambert ouvre le premier aâe avec Laurette, & débute en grondant » par cet air.

Ah! quel martire!
Sans cede inftruire»
Cent fois redire ,
Sans rien produire ,
C'eft toujours pire.
Eh! laifle-moi,
Va, tais toi»

Laurette fe fâche à fort tour, & foft

Maître lui-dit:

Mademoifelic joue au mieux l'impertinence, Et pour fake dans peu l'Aftrice d'importance, Il ne lui manque plus, ma foi, que du raient,

Encor fouvent on s'en difpenfe, En mettant à la place un ton bien infolont.

LAURETTE.

Eu ce cas-là, Moniteur, je fuis en bonne école j

Je puis très-bien l'apprendre ici de vous.

Lambert fe met au Clavecin. Laurette crie exprès méchamment au lieu de chanter , >J l'interrompt en difant.

Chanteur qui pour mien* nous féduire ,
Youlez être à la fois agréable & touchant,

Que l'haleine du doux zéphire,
Qui , de fa Flore , à l'oreille foupirc ,

Soir l'image de votie chant. Eh! crois-moi, renvoyons aux halles Tous ces Chantres bruyans, qui favent feulement De leurs grands cris remplir nos falles.

Excellente leçon pour tous nos théâtres! Laurette chante de nouveau & chante bien , Lambert témoigne qu'il eft content, & lui promet, fi elle continue , de la rendre dans peu une parfaite A&rice. On annonce Tracolin comme un perfonnage ridicule. Il entre , & après avoir embrafle Lambert, il regarde Laurette , & s'informe quel eft ce charmant objet. Lambert lui répond que c'eft un fujet qu'il éleve pour le théâtre. Tracolin le récrie: quelle mine! quel jeu! quelle voix! Lambert lui demande s'il l'a entendus, Non, replique-t'il.

Nous autres gens de l'art;

Nous n'avons pour cela befoin que d'un regard ,

Et nous jugeons d'une voix par la vu%.
D'ailleurs, ajoute-t il,

Avec un tel minois ,

A-t-on jamais manqué de voix.

Il fe répand en fleurettes , qui donnent d'autant plus de jaloufie a Lambert , que Laurette y répond.

Tracolin paraît fi tranfporté d'entendre Laurette , qu'il l'embralTe & la demande à fon Maître qui la lui refufe. On vient chercher Lambert de la part d'une Duchefle. Il eft obligé de fortir malgré lui, & de laifler Tracolin feal avec fon écoliere. Tracolin fait là tendre déclaration. Laurette joue l'Agnès, en difant:

t A i R : La pudeur me guide.

la pudeur me guide ,

Me rend timide,
Je n'ofe lever les yeux,

Si quelque curieux
Auprès de moi fe place ,

Et me regarde en face,
Je fuis toute honteufe de cela.
Ma langue s'embarraffe,
En lui difant de grace,
Souffrez, Monfïeur, que je parte,
Je ne puis refter là

Où me voilà.
La pudeur, &c.

4c

Si quelque téméraire Pourfuit trop loin l'affaire, Moi qui fais bonne, & ne me fache guere, J'excite ma colere, Et lui dis d'un ton févere , Mais finirez-vous donc , Monfieur, Sachez qu'on eit fijlc d'honneur, Sachez qu'on a de la pudeur.

Trdcolin lui offre fa fortune avec la main , & fe jette à fes genoux , Lambert revient & le furprend avec Laurette. Il fait éclater fa jaloufie, & l'acte finit par un trio bien fait & bien exécuté.

Lambert, qui revient avec Laurette, .commence le fecond aâre par cet aie qui exprime libien fon dépit jaloux.

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