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C'eft un inftant qu'il faut faifir^
Où bientôt fa moufTe légere
Difpaïaît avec le plaifir.

Richard le Fermier arrive, en parlant de fon amour pour Hclene, d'un ton bien différent.

Jarni, c'eft un'rage , D'jour en jour on m'en voit chemer j î'navons pu de courage

Que pour aimer;

A mon labourage,
Morguenne, au lieu de me livrer ,
Mon plus grand ouvrage ,

C'eft de foupirer.

Richard n'a nulle inquiétude fur fes Rivaux, &n'accufe Hélene que d'indifférence ; il ajoute que c'eft dommage qu'à fon âge elle laifle fon petit cœur en friche.

Air: M. le Prevôt des Marchands;
De la femme l'homme eft l'appui;
Morgue, qu'eft-c' qu'ai' ferait fans lui;
J'en parlons à bonnes enfeignes j
Aux veignes faut des échalas j
Les femelles, comme les veignes,
Sans fouquian ne profitent pas.

Lifette pour le tirer un peu de fa fécurité, lui apprend qu'Hélene lui préfere Damon, & Richard en colere fort, en difant qu'il va faire fonner le Xoccin. Philinte revient, & Lifette le laiflè avec Hélene qui paraît; il la preflè avec tendrefle, elle fe défend faiblement & femble moins craindre l'Amant que l'amour.

PHILINTE.

Air: Mais à quoi bon Fatimt, &c.
des Indes Danfantcs.

Ecoute la Fauvette , .
Pat fes chants s'animer; t

Elle te dit, Brunette ,
C'cft un plaifir d'aimer.

HELENE.

La Colombe qui foupire,

Semble me dire ,
Par fon gémifTement,
L'amour eft un tourment.

P H I LI NTE.

A i K.! A mon cœur dans ce fèjour. ^

Vois à l'ombre de ce tremble,
'Voler enfernble
Deux Papillons;

Ils formaient deux tourbillons,
L'amour en un feul les raffemble.
A nos cœurs, dans ce féjour,
Tout peint l'amout,
Tout n'eft qu'amour.

HELENE.

Am: Vous voule[ me faire chanter.

Je vis des Oifeaux amoureux,
Un jour fous ce feuillage,
J'étais attentive à leuis jeux ,
A leur doux badinage;
Mais le premier qui s'envola,
Fut le mâle infidele ,
J'entends, depuis ce moment-là,
Se plaindre la femelle.

Hélene dit à Philinte , que c'eft malgré elle qu'elle l'afflige; mais elle lui ordonne de ne la plus voir. Philinte fe foumet à cet ordre, tout rigoureux

3u'il eft, & chante du ton le plus tenre, ce couplet fi charmant & fi connu: Quand vous entendre^ le doux Zèphir j &e. Refté feul il fe plaint de la rigueur de fon fort, & voyant arriver fes deux Rivaux, il fe cache derriere quelques rofeaux.

Richard & Daman fe difputent à qui pofledera le cœur d'Hélene; elle arrive, & après avoir écouté ce qu'ils difeiu l'un & l'autre, pour la déterminer en leur faveur, elle leur fait promettre à tous deux de foufcrire à fon choix, tel qu'il puifle être. Richard répond que cela eft jufte. Damon qui ne doute pas de la préférence qu'il croit mériter, y confent de même; mais Philinte moins confiant que fes Rivaux , fort de l'endroit où il s'eft caché & fe livre au défefpoir, lorfqu'Hélene le prenant par la main, montre au Fermier & au Petit-Maître, que c'eft l'Amant le plus tendre qu'elle préfere.

Richard & Damon fe retirent, & les Bergers & les Bergeres des environs, defcendent deux à deux du coteau, & célebrent par leurs danfes l'hymen de Philinte & d'Hélene, à qui ils préfentent des couronnes de fleurs.

Ces quatre Parodies charmantes font de M. Favart, elles firent beaucoup de plaifir, & la derniere fur-tout eut le plus grand fuccès. Elles eurent trentedeux repréfentations de fuite; un mois après elles eurent encore une reprife de douze repréfentations, & pendanc pLfieurs années, i! ne fe paiïà pas de

mois qu'elles ne fuflent jouées plufieurs

fois.

v

On adrefla à M. Favart, ces Vers pleins de grace & de vérité (i).

Le goût & la délicatefTe Préfident aux choix de tes airs , Le fentiment & la finefle Sont l'âme de tes heureux vers, Selon tes vœux , l'on rit, ou l'on fouplfe , Tu captives les cœurs , tu fais les enchanter, Quel charme encore nous féduit, nous attire î Lorfque la Mufe qui t'infpire Vient elle-même les chanter!

( i) Ces Vers font de M. Guérin , qui depuis s'eft fait connaître au Théâtre Italien par les Jumeaux , Parodie de Caftor & Pollux, Se plufieurs autres Ouvrages du même genre auxquels il a eu part.

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