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Je ne le ferai plus; non , non.

Levez-vous donc.
Je vais, &c.

X

Agéfie fa fille entre avec fa Suivante , Xiao lui apprend qu'il doit la marier ce jour-là même avec un jeunehomme qui revient d'un grand voyage; que c'eft l'Empereur qui fait ce mariage , & qu'en conféquence elle doit s'y difpofer. En la quittant , il lui-dit:

Dépêche-toi d'avoir beaucoup d'cnfans;
Eternife mon fang par ta progéniture.

A G É 5 I E.

Je n'épargnerai rien, mon pere, je vous jure, Pour rendre vos defirs contens.

Chima félicite fa jeune Maîtrefle fur cet hymen; mais Agéfie lui avoue en confidence qu'elle craint ce nœud, & qu'elle voudrait bien que l'Epoux qu'on lui deftine , reflemblât au jeune homme qu'elle a vu la femaine derniere, de fa fenêtre , dans un coup de vent qui avait abattu la jaloufie; elle ajoute qu'il fit arrêter fa barque pour la contempler; tefnpler ; qu'il lui avait paru charmant; qu'il n'avait de Chinois que l'habit; & que fans l'avoir entretenu, elle lui avait trouvé beaucoup d'efprit fur les difFérens tranfports qu'il avait fait paraître. Dans ce moment le Chinois dont elle parle, entre par la fenêtre de fôn appartement. Agéfie paraît d'abord effrayé , ainfi que fa Suivante. Dans le premier mouvement que la peur lui infpire , elle lui ordonne de fortir; mais un fentiment plus doux qui fuccede à la crainte , l'oblige auffi-tôt à le rappeller.

Tamtam ( c'eit le nom du jeune Chinois ) fait éclater fon ardeur pat cette Aristte , dont la morale fe trouve dans plus d'un Opéra Fra»çais.

ARIETTE,

Que je baife cette main;
Mais pourquoi cet air mutinl
Que vous fcrt-il d'être belle ,
Si vous êtes cruelle?
Mais perfonne ne nous voit.
Quelle eft farouche!

Que je touche
Seulement le bout du doigt;
Mais perfonne ne nous voit. <

Tarn VI L

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Que vous fert-il d'être belle ,
Si Vous êtes fi cruelle?
Vous fouftrez de vos rigueurs,

C'eft à notre âge

Que l'on s'engage.
Le printems eft pour les (leurs ,
Et l'amour eft pour nos cœurs;
La fageffe

Pour la vieiHeflc,
La tendreiîe pour nos cœurs.

Agéfie fe défend , mais avec douceur. Cependant Tamtam fe plaint de cette rigueur prétendue , en s'écriant:

En France, où j'ai fait un voyage ,
Le Sexe n'eft pas fi fauvage.

La curieufe Suivante lui demande comment on fait l'amour à la Françaife. Tamtam répond que fi fa MaîtrefTe veut le permettre , il va l'en inftruire.

A G É S I E.

Mais oui, l'on eft bien aife
De fa voir d'un pays les ùfàges, les mœurs.

T A M t A M.

. ^our donner au tableau de plus vives couleurs, Il faudrait, ne vocs en deplaife , Me feconder & me prêter du jeu. Tenez, figurez-vous que vous êtes l'Amante , Moi, l'Amant;

A G É S I E.

Soit,

TAMTAM, à Chimca.

Vous, la Suivante
Que je vais engager à protéger mon-feu.

Agéfie va s'aflèsoir & prend le thé, Tamtam commence par prier Chimca de parler pour lui à fa Maîtrefle , de lui bien peindre fon amour; & pour mieux l'y déterminer, il hii offre une bourfe qu'elle accepte après.quelques Façons. Chimca inftruit Âgéfie du feu dont un jeune Amant brûle pour, fes charmes , & lui demande la permiffion de l'introduire auprès d'elle. Eh bien ! dit Agefie, il peut paraître. Tamtam s'approche ..s'incline devant elle , & dit à Chimca de fe tenir à deux pas. Enfuite il fe tourne vers fa Maîtrefle, & lui peint l'état de l'Amant qu'il repréfente par l'Ariette qui fuitjelle eft de* plus théâtrales.

ARIETTE,

Son cœur d'abord palpite;

Il veut,, mais il héfite;

Il dit des mots fans fuite;

Certain trouble l'agite.

Il a peur de manquer d'égards;

Et la crainte

Eft peinte

Dans fes.regards.
Bien-tôt l'amour l'infpire ,
Il vante ïcs attraits;
Quels yeux charmans! quels traits J

A G É S I E.

Après.

T A M T A M.

L'Amant foupirc,

Et lofe dire,
EtTaveif ne déplaît pas. (Bis.)
Ainli l'amour pas à pas,
Pour engager tend fes lacs.

( Agéjie j avec un peu d'émotion. )

La peinture intérefle.

CHIMCA,4/>*«.
Afoi ma pauvre MaîtrcJfleJ

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