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LES VŒUX ACCOMPLIS.

Comédie en un acte j en vers libres j mêlée de Divertiflemens * 2 Octobre I7si. (i);;

Jua Ville de Paris fous le nom de Lutece, remercie la Joie qui anime tous fes Citoyens. La Bourgogne arrive fur une Barque décorée de pampres & de lierre , & ornée de banderolles aux armes de Bourgogne. Après qu elle a débarqué & reçu les complimens de Lutece & de la Joie, les Bourguignons qui font à fa fuite forment une danfe , à la fin de laquelle on chante le» couplets fuivans:

A fervir le Dieu du Raifin,
Nous mettons notre gloire;
Mais, fi nous faifons bien le vin ,
Nous favons mieux le boire.
Pour le prouver, cher Compagnon,
Mettons-nous en befogne;

. (i) La fçène eft dans une Place publique , près de la Sdne. ;• •

Tome VU B,

Vcrfons, verfons du Bourguignon ,
Pour le Duc de Bourgogne.

X

Partout, ce précieux enfant,

Fait régner la bombance;

Je fuis fur que dans cet inftant,

Pour fêter fa naiffance,

En Saxe on vuide maint flacon,

De même qu'en Pologne }

Verfons, verfons du Bourguignon,

Pour le Duc de Bourgogne.

X

Le Duc de Bourgogne en ces lieux,
Vous rit 8c vous appelle; \
Meneurs, en fréquentant nos jeux,
Ptouvez-lui votre zèle.
Pour venir ici le fêter,
Quittez toute befogne;
Où doit-on plutôt le chanter ,
Qu'à l'Hôtel de Bourgogneî

K

La Bourgogne fort pour aller rendre fes hommages à fon Prince. Lutece engage la Joie à la fuivre & a faire les honneurs de Paris. Elle reçoit enfuite M. Crifologue, qm çftalatow Poete, Peintre &Muficien; il donne difïerens echantillons de fes divers ta lens, & eft remplacé par Arlequin qui

ARLEQUlN^vre.

Aujourd'hui, par toute la France, Chacun fait éclater fon zèle à fa façon, tes uns par la chanfon, Les autres par la danfe j Moi, c'eft en avalant De ce jus excellent. Le verre & la chopine, Sont les feuls infîrumens dont je fais fajré emploi. Tandis que l'on chante , je boi; Tandis qu'on illumine, Je m'enlumine, moi.

Dans le tranfport de fa joie il veut

embrairerLutece.elIelerepouirrï lui demande qui il eft, & ce qu'il &*

ARLEQUIN.

Ce que je fais ? Parbleu, je fais, je fai,. , ,

LUTECE.

_ Des effes

fropremect,

ARLEQUIN.

J'ai bu des famés',

Tant, tant

L U T E G E.

Que la.vôtre chancele.

Il s'excufe fur ce qu'il a bû à toutes les qualités de laDauphine, & l'amour qu'il a pour la Fiance l'enflamme fî fort, qu'il fent qu'il faut s'aller rafraîchir.

Madame Argante fuivie de fes deux enfans, qui font conduits par leur Précepteur nommé Virofoli, & qui la perfécutent pour aller voir le jeune Prince & lui réciter le compliment que M. Virofoli leur a fait.

La PETITE FILLE.

DéeMe à raille voix , hâte-toi, vole, pars j Que le nom des Français porté de toutes

parts, Soit l'amour & l'effroi du Peuple Afîatique. Qu'ils forcent le Tartare à froncer le fourcil; Puiffent-ils occuper un jour le fein Perfique, Les flancs du Potofi, les veines duBrffil, Les bras de l'Océan, les côtes de l'Afrique , Les bouches du Danube, Se les deux yeux

du Nil.

Le PETIT GARÇON.

Te vois le Tamaïs, & le Tigre & l'Euphrate, Se foumettre à des Loix , dont la douceur les

flatte; Te Yois t

M^. ARGANTE.

'Non , non, ceflez j j'en ai fuffifamment.

VIR O S O L.I.

Vous entendrez le tout.;

Mdv ARGANTE.

Dieux! quel acharnement!

VIROSOLI.

Je ne vous ferai pas grace d'une fyllable.
Je -rois les Norvégiens, je vois le Peuple
Arabe.

'Mde. ARG AN T E, fuyant.

Miféricorde! Ciel!

VIROSOLI, la pouffuhvant avec Us deux enfgns _, O* déclamant tous les trois.

Je vois far les deux Mers, Les deux aîles du coq ombrager l'Univers i Sous la Zone torride, & la Zone glacée.

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