페이지 이미지
PDF

Et qu'en afiourdiiTant les Loges, le Parterre;
Malheur à qui n'a pas une voix de tonnerre.
Aux efforts que l'on fait, à la peine qu'on
prend.
On dirait qu'on joue en plein vent.

Le Valet fort, le Marquis arrive une lorgnette à Ja main & s epanche en propos de perfifflage convenables à fon ton; Monfieur Oronte le prie de quitter ces difeours futiles, de parler de chofes plus férieufes; le Marquis lui dit qu'il adore fa fille, Oronte lui répond qu'illui fait beaucoup d'honneur, mais que réfolu de faire le bonheur de fa fille il lui laiffera faire le choix de fon époux.

Un petit Courier arrive avec un gros paquet de Lettres , elles font d'un Duc, d'un Prince, &c. Il trouve auffi la hfte du Marly , le Journal de la Cour, fes courfes , fes Voyages, les emplois a donner; les morts , les mariages; Oronte en revient toujours à fon premier objet qu'il faut fe faire aimer de fa fille pour l'obtenir, ce qu'il croit être plus difficile que le Marquis ne le penfe , attendu que fa fille aimait un Gentilhomme à qui elle avait été promife en Amérique : le Marquis de

mande le nom de fon Rival & on lui apprend qu'il s'appellait Arimon, mais qu'il vient de mourir & laifle une fucceffion confidérable. Le Marquis laifle échapper un éclat de joie, mais il prend auflïtôt un air indifferent & dit à Monfieur & à Madame Oronte, d'arranger le tout pour le mieux , lorfqu'ils font partis il fait part de fon heureufe avanture à fon Valet de Chambre , & lui apprend qu'il eft l'unique héritier de cet Arimon.

Le MARQUIS.

Qu'il eft doux d'hériter! Quel plaiûr de draper!

Le VALET.

Vïvc les parents morts j ils ont bien du mérite.

Le MARQUIS.

Il me laiffe un gros bien qu'il avait amafTé.

Le plus bouffon de l'avantuie , C'eft celui qui devait époufer ma future. Laillbns la Pénélope au pauvre trépaiTé.

Il ordonne de tour préparer pour fon jjépart. Arlequin , Valet de ce Monfisur K rimon, vient lui confirmer la nouvelle •ie la mort de fon Maître; mais il en ajoute une qui eft moins flatteufe pou* le Marquis, il lui apprend qu'Arimon a fait nauflrage avec tout fon bien; il prend cependant la chofe en galant homme & dit qu'il en fera quitte pour rabattre fur la Demoifelle Oronte. Il fort pour aller contremander fon départ , & Arlequin dit qu'il va le fuivre a la pifte pour trouver l'habitation de Moniteur Oronte. Ainfi finit le premier acte.

[graphic]

Arimon & Arlequin commencent le fecond, &• ce dernier accable fon Maître de carefTes qu,e lui infpire la joie de le retrouver après l'avoir cru mort. Arimon dit à fon Valet qu'il vient d'apprtndre qu Aftérie, fille d'Oronte, dont il avait reçu la foi, doit s'engager ce jour même à un autre, & qu'Helène fa Suivante qui devait être la femme d'Arlequin , époufe le Valet de Chambre de cet heureux Rival. Arlequin veut aller fur le champ les accabler de reproches , mais fon Maître lui fait obierver qu'il vaut mieux ne fe pas faire connaître afin de s'aflurer des lentimens deieurs'Maîtrefles ; Arlequin approuve cette idée & fe cache derriere une pàliffade du Jardin, afin d'y guetter fon Helène qui ne tarde pas à arriver fui

vie du Valet du Marquis qui lui déw bite beaucoup de Fleurettes , il eft vrai qu'elle n'y répond pas favorablement, mais elle les écoute avec patience , ce qui fuffit pour mettre Arlequin dans une grande colere ; il fort furieux de fa ca^chette, tombe fur le corps de fon Ri^ val; & Helène qui eft perfuadeé qu'il eft mort , le prend pour fon ombre & s'enfuit, il revient bientôt avec fa Maîtrefle qui ne croit point au revenant, & demande à Arlequin qui lui apprend que le pauvre Arimon eft péri, Aftérie fe laifle tomber fur un gazon , s'évanouit ; mais Arimon qui était caché & qui a été témoin de fes regrets, vole à fon fecours\ tombe à fes pieds, & la voix de cet Amant la rappelle bientôt à la vie: ils fe livrent d'abord à toute l'yvrefle que leur fait éprouver la joie de fe revoir, mais Aftérie apprend à Arimon tout ce qui fe parte & lui confeille de cacher pour un instant la perte de fa fortune ; Arimon qui n'a pas moins de probité que d'amour s'en défend ainfi,

Vous même pourriez-vous m'aceorder moa

pardon? Que je leur en impofe &c que je les abufe,

Que l'amour le plus pur aie recours à la rufe ," Que je change en larcin ce qui doit être un don! . . . .

Aftérie craint qu'il ne foit la victime de fa probité , mais elle ne fait que l'en eftimer davantage ; He'ène vient leur rendre l'efpérance & leur apprend qu'elle attend le Valet de Chambre du Marquis , à qui elle fe propofe de jouer un bon tour, il produit en effet une fcène aflTez plaifante que nous pafferons cependant parce qu'elle ne produit rien d'analogue à l'action principale. & ne fait rien au dénouement.

Monfieur & 'Madame Oronte apprennent au Marquis qu'enfin il eft ai« mé de leur fille, il leur demande lî elle en a fait l'aveu , Mad. Oronte qui prend toujours la parole, répond qu'elle n'en eft pas convenue, mais qu'elle à découvert fes fentimens pat un ftratagéme; qu'elle a laifie tomber devant elle la Lettre qui contenait la nouvelle de la mort d'Aiimon, qu'Aftérie la lue & que loin d'en paraître plus affligée, elle en a montré plus de joie.

Plufieurs fvènes fe paflent au troifi*

me

« 이전계속 »