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Et! quelle Nation n'eft pas intérefTée

Au bonheur des Français, arbitres des deftins?

Des fruits de leurs travaux les deux mondes font pleins;

Et le Sud Si le Nord, tout devient leur Patrie.

Bientôt, s'ils le voulaient, au gré de leur en

i vie,

Ils verraient leurs drapeaux dans le Camp du grand Khan ,

Et les Lys étouffer les Cèdres du Liban.

Les deux enfans exécutent une petite Pantomime, à la fin de laquelle Madame Argante, qui en eft très-fatis. faite, les embrafle tous deux. On entend un prélude.

Une troupe de jeunes gens entre fur une marche guerriere ; les Garçons font armés d'épées nues, & d'un bouclier aux armes de Bourgogne; Les Filles portent des rameaux d'olivier, entremêlés de rofes & de lys ; tous enfèmble exécutent un Ballet Militaire.

Dans la fcène fuivante, Valere apprend à Damon, qu'il vient de trouver dans la foule deux jeunes Villagéoifes charmantes, conduite par un Manant; elles paraiûent, & Jaçot qui les tient par deflbus le bras, criante:

Air: Ne vla-t-il pas que j'aime.

. Tous les Bourbons, «

Ma foi, font bons; T

JJr v'ia pourquoi j'ies aime. J:

Teus les r'jettons
Que j'en avons ,'
Valent la tige même.

Valere falue les deux Filles, qui lui répondent par des révérences; toutes ces politeflei déplaifent à Jacot, qui cherche à abréger le cérémonial; mais Thérefe & Nicole prennent goût aux cajoleries de Valere & de Damon, qui leur donnent l'un une bague, l'autre une tabatiere. Comme ils vont pour les embrafler; elles fe retirent, & Jacot reçoit les deux bai fers; il fe mocque d'eux , ils le-menacent: Jacot qui eft un homme de cœur, dit qu'il ne demande pas mieux que de leur prêter le collet; il ôte fon habit comme s'il voulait fe battre, & on voit deflbus une veftede drap d'or; alors les Galans pris pour dupes, reconnaiflent dans Jacot le Baron leur ami; dans Nicole, Madame de la Rozange; & dans Thérefe , Lifette fa femme de chambre. Après qu'on les

a raifonnablement perfifflés, MadanV de la Rqzange les emmene fouper , & de-là au Bàl. Le Peuple danfe en rond & chante plufieurs Vaudevilles, dont voici quelques couplets.

Air: Nous nous àdritrons Dimanche.

Un enfant dodu,

Qui nous eft venu
Fendanc la nuit d'un Dimanche,

Rend tout joyeux; .1. /

Tout en ces lieux
", Pitanche.'

Que notre cœur ,

En fa faveur ,
S'épanche.
"PoUrlui faire honneur,
Mon beau ferviteur,
Nous nous marierons Dimanche."

X

Cet enfant répand
Par tout de l'argent,
Pour établir des familles;

Il eft déjà,

Le bon Papa

Des Filles.
En v'ia fix cens,
Oh! que d'enfans

Vont naître!
Tout ces marmouzets

Feront des fujets
Qui ferviront bien leur Maître.

Mon.leur l'Gouverneur ,

Nous met en humeur

De nous marier Dimanch»;

L'argent qu'il a

Jetcé de fa

Main blanche,

Va nous fournir

De quoi rôtir

L'éclanche,
Nous ferons contens,
Car à Ces dépens,
Nous nous marierons Dimanche.

Cette Piece eft de Panard, qui dans ces fortes d'occafions, était toujours le premier à donner les preuves de loa talent & de Ton zele. Le Public qui lui en favait gré, voyait toujours les ouvrages avec plaillr, & celui-ci eut doute repréfentations.

*

LA VALLÉE DE

MoNTMORENCI. Ballet Pantomime j 2/ Février I/j£.

J_j E Théâtre repréfente une Vallée remplie de Cerifiers; d'un côté eft une petite éminence, fur laquelle eft un Berger qui garde fon troupeau ; on voit les moutons brouter ; de tems en tcms le chien du Berger fe leve, pour voir s'il ne s'en écarte pas; des petites filles gardent des vaches dans une prairie qui eft au côté oppofé; plufieurs Payfans montés fur des arbres cueillent des cerifes, & rempliflent des paniers qu'ils donnent à des Payfannes. Les Payfans après avoir dépouillé les arbres de leurs fruits, s'éloignent pour aller travailler ailleurs, & emmenent avec eux un âne qu'ils ont chargée de cerifes.

Madame Favart habillé en Berger, paraît & chante les couplets fuivans, «ju'elie accompagne de fa Mufette.

Raifonnez ma Mufette ,
Pour attirer Lifette,
Et que vos plus beaux airs
Eclatent dans les airs;

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