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fée fous le théâtre de la Comédie Italienne. - j GLOUTON.

Fi donc! comme elle eft faite?

Le COUREUR.

Oh, je puis vous aflurer qu'elle n'a fervi qu'une fois, elle eft toute neuve.

MODESTE.

Air: De Joconde.

Enéc a recours à Glouton, (i)

Voici fa maladie;
U eft glacé" par le poifon

De la mélancolie.

GLOUTON.

Qu'on le mette auprès d'un grand fea,
Sans cela l'humeur fombre
Pourra le réduire avant peu ,
A n'être plus qu'une ombre, (i)

Luron furvient tout eflbufflé & annonce à Glouton l'arrivée d'Alcidac, qui s a

(i) Enée & Lavinie.

(i) ïl n'y avait dans cet Opéra que le Récitatif de l'ombre de Didon, qui fit plaifir.

mufe en paflant à aflbmmer un Dogue qui défendait l'entrée de fa caverne; il fe fauve avec tous les garçons du laboratoire, & Glouton refte feul avec Alcidac, qui entre en menaçant de tout fracafler.

ALCIDAC, levant la canne.

Air: Oh reguingué.
Je vous en prie, allons.

GLOUTON.

, Eh bien,

Monfieur, vous m'en priez trop bien,
Pour que je vous refufe rien ,
Que de ces lieux , Modefte forte,
Et que le Diable vous emporte.

Il fort, & emmenne Modefte, qui trouve avec raifon qu'on lui fait voir bien du pays.

Le théâtre change encore, & repréfente un lieu décoré pour une Fête. Mazette chante avec le Chœur la grande victoire qu'Alcidac a remportée fur Glouton; il paraît à l'inftant avec Modefte qu'il ramene, & qu'il prefle de remplir l'engagement qu'a pris Mazette avec lui; mais ce n'eft qu'une épreuve, & ce Héros qui n'eft pas moins généreux que celui de l'Opéra, rend à Mazette fa promefle & fa femme, en affurant pourtant cette derniere qu'elle le trouvera toujours au befoin.

Cette Piece qui eft de Monfieur Favart, joint à une grande variété de tableaux, un grand "fonds de gaieté, digne de l'ancienne Parodie, & j'ai cru faire plaifir au Lecteur, en copiant mot à mot toute la fcène qui fe pafle chez le Docteur Glouton, parce que c'eft une anecdote critique des Pieces de' théâtre qui furent jouées dans ce tems-là: celle-ci fit beaucoup de plaifir , & eut vingt-quatre représentations. LA NOUVELLE ECOLE

Des Femmes.

Comédie en trois actes enprofe, 6 Avril J7S8. (I)

JLVl.Ei.iTE, d'une figure charmante; d'un caractère excellent ; mais qui compte trop fur les devoirs de l'Hymen & fut la teodreflTe qu'elle a pour Saint-Fard, fon Epoux, dont elle eft amoureufe, a la douleur de fe voir quitter pour la belle Laure, fille fans état, & qui fans fortune reçoit de grands Seigneurs; elle en porte fes plaintes auChevalier.qui eft ami de Saint-Fard & qui voudrait être quelque chofe de plus auprès de Mélite, Cependant il juftifie fa rivale.

Le CHEVALIER.

Que reprochez-vous à Laure? Elle efl aimable, dites-vous; n'eft-ce pas? bien fait à elle, & eft-ce à vous, Madame , à lui faire un défaut d'une qua

(1) La fcène eft dans l'Appartement de Mélite.

lité que vous poffédez plus que per

fonne.

MÉ LITE.

Je vous remercie de la galanterie; mais point de comparaifon.

Le CHEVALIER.

Elle a des talens, d'accord; mais ces talens ne font point avilis par l'ufage qu'elle en fait. C'eft pour le bonheur des perfonnes qui la connaiflent, que l'ait chez elle a fu embellir la nature; Se comme les talens font des faveurs que la nature fait à peu de perfonnes, elle fe charge d'en amufer par forme de dédomagement, celles à qui elle les refufe. Laure eft jeune, ajoûtez-vous; grand défaut; j'en conviens; mais c'eft le feul que les femmes pardonnent; elles favent qu'il ne dure pas. Laure fait beaucoup de dépenfe, & tient une maifon"; il eft vrai; mais elle eft riche, & fa richeffe n'eft point le fruit du deshonneur. Un vieux garçon fort opulent , prêt à l'époufer, mourut fans parens; il a laiffé à fa Maîtreffe tout te bien que huit jours plus tard il aurait laiffé à fa femme. Depuis quand eft-il défendu à l'amour d'être suffi gêné

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