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l'Opéra. Mélite fort de fa prifon, remercie Laure de ce qu'elle vient de voir & d'entendre. Sur quelques traits qui échappent à Mélite , Laure découvre q.;e Saint Fard eft Ton Epoux. Il s'élit annoncé garçon, cette trahifon l'oftenie; elle promet à Mélite de lui renvoyer Saint-Fard dès le même foir. Aîé'ire arrivée chez elle, prend un habit de bal; le Chevalier, ami de SaintFard , & qui voudrait infpirer à Mélite le goût de la vengeance, lui amene une Fête fort à propos. Saint-Fard paraît; les caprices de Laure le mettent hors de lui-même. Il craint de troubler la Fête qu'on donne chez lui; il veut fe retirer , Mélite le retient. Dans un Ballet figuré elle unit l'Hymen avec l'Amour. Le Chevalier paraît. Nouvelle entrée, dans laquelle un Danfeur, habillé comme le Chevalier, Veut (aire violence à l'Amour. Ce Dieu réconduit & amene Mélite à Saint-Fard. Le Chevalier demeure confus,& Saint-Fard fe réconcilie avec fon adorable Epoufe.

Cette Comédie eft de Moniteur de

Moifly, Auteur du Provincial à Paris;

l'intrigue en eft fimple, les caracréres

. vrais, & le fujet, pris dans nos mœurs. Le caractère de Laure paraît calqué d'après Ninon l'Enclos; l'efprir, les talens, les graces, & le mépris des préjugés; voilà fonportrair. Ses mœurs ne font ni licentieufes , ni féveres; mais fon ame efr généreufe, noble, & compatiflante. Elle écoure l'Amour, & obtient de la confédération; ce cara&ere cft neuf au théâtre & y produit un grand effet, joué par Madame Favart, qui s'en acquitte fupérieurement. On aurait feulement défiré qu'elle reparût à la fin de la Piece pour y recueillir le fruit de fes leçons, ce qui aurait été trèsfacile , en venant mafquée dans le bal, qui en fait le dénouement. Il eft fagement annoncé au premier acte , & bien naturellement amené au troifieme. Elle a eu dix-huit repréfentations, trèsapplaudies.

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L'ENTÊTÉ.

Comédie en un acte, en vers,
/ Juin I/js.

Jl^erval eft amoureux & aimé de Célie, nièce d'Araminte, vieille ridicule ; malgré les difpofitions favorables où fe trouvent pour lui & le cœur de la niéce, & le goût de la tante, Lindor fon ami, l'avertit dans la première lcène , que fon entêtement avec tout le monde, & particulièrement avec Aramime , pourrait rompre fon mariage, & lui faire préférer Armant, fon Rival, perfonnage doux & complaifant. Ce motif émeut Derval qui, voyant entrer Araminte, court lui demander pardon de la derniere querelle , que fon obitination lui a fait avoir avec elle: il ajoute à cela un complimenr qui la flatte; mais ce raccommodement n'eft pas de longue durée. On parle d'un Auteur; Araminte le trouve mauvais, Derval auffi-tôt foutient qu'il aft bon: Araminte veut répliquer, Derval inCite; on s'échauffe, on fe brouille, & Araminte fort indignée, promettant de donner fa nièce à Argant. Lindor, après de nouveaux reproches, engage Derval à aller la retrouver, pour fe réconcilier de nouveau; celui-ci y confent & réuffit. Cette fcène eft fui vie d'une entrevue tendre entre Célie Se Derval, fon Amant; elle lui fait les mêmes reproches & les mêmes prieres que Lindor. Elle l'exhorte à imiter le cara&ere d'Argant, dont la douceur lui aurait infpiré de l'amour , fans fes fentimens pour Derval. Celui-ci la contredit, fur l'opinion qu'elle a d'Argant; mais Célie le voyant paraître, fe retire. Elle dit en partant à Derval, que s'il eft vrai, comme il le prétend, qu'Argant fe pare d'une douceur feinte; il doit apprendre de lui cet art, qui peut feul l'aflurer de fon cœur. Argant entre avec un maintien qui annonce fon caractere. Cette fcène eft la plus comique de la Piece.

Derval, non content de fe perfuader que cet homme eft jaloux , entêté, de mauvaife humeur, veut encore le forcer d'en convenir lui même. Argant cède à tout fans conteftation, répond tranquillement, "& foutient parfaitement le caractère fous lequel on l'a repréfenté. Cette douceur irrite Derval, qui eft encore fur le point d'avoir une querelle avec Araminte, qui n'eft pas de fon avis fur le compte d'Ar< gant. Lindor heureufement raccommode tout, propofe la conclufion du Mariage qu'Araminte fixe à l'inftant même, & à l'occafion des noces, fonce à fe procurer un concert. Elle en parle à Derval, qui applaudit à cette penfée. Araminte ravie de le voir de fon fentiment, i'embrafle de joie; elle lui-demande fon choix entre A rmide, Atis, Roland. Derval fe récrie fur l'idée qu'elle a de donner de la mufique françaile, & la fronde. Araminte déchire la mufique Italienne, & pour s'en mocquer, chante comiquement une Ariette en cette langue. Derval répond par un récitatif Français ; chacun d'eux vante fon goût. Araminte dit à Derval qu'il a tort; Derval foutient qu'elle n'a pas raifon. On fe brouille encore. Célie & Argant arrivent fur ces entrefaites. Araminte donne à ce dernier fa niéce , qui accepte ce parti, rebutée par les procédés de Derval, à qui elle les reproche. L'Entêté ne veut point démord/e de fa thèfe, & fort en s'écriant que tout cela ne l'empêchera pas de dire que la mufique fraa* çaife eft milërable.

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