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défend; & Florette modeftement s'effre à l'y fuivre, ce que le Pere refufe. Madame Thomas, qui entre dans le moment, s'oppofe auffi à ce que Finet aille à Paris; elle veut auparavant lui donner quelques leçons de politeffe. Elle ajoute qu'elle a des droits fur lui; à ce mot, Finet lui rend la bourfe qu'elle lui a donnée, en lui difant, que ce ferait un bien mal acquis de fa part. Le Concierge triomphant, fait des reproches à la coquetterie de Madame Thomas, & promet qu'il s'en plaindra à fon Protecteur. Dans le même temps, Finet lui rend auffi à lui-même le Contrat dont il lui a fait préfent, ce qui donne la revanche à Madame Thomas. Florette alors ne fe déguife plus. Elle avoue qu'elle aime Colin, & qu'elle ne s'eft prêtée à l'innocente fupercherie, que pour parvenir au bonheur de s'unir à lui. J'en fuis fâchée pour vous, dit elle à Madame Thomas; mais j'en fuis bien aife, pourfuit elle, en courant dans les bras de Colin. Madame Thomas & le Concierge renouent leurs premieres amours. Ils font la paix enfemble, & unifient les deux jeunes gens. La Piece finit par un quatuor.

Tome Vh R

La Mufique de cette Piéce & le choix des airs ont paru très-agréables; mais on a trouvé trop d'uniformité dans les fcènes, & pas aflez de variété dans les fituations; ce qui vient fans doute de la difficulté qu'il y a d'introduire un fi petit nombre d'interlocuteurs. Au refte, cette Piece n'eft pas fans mérite, puifque l'on ne faurait difconvenir qu'il n'y ait des fcènes très-naturelles, & des détails très-bien écrits. Elle eft de M; de Laval, & elle eut douze repréfentations.

Le 22 Mars, les Comédiens firent la clôture de leur théâtre par la Piece précédente, & l'ouverture le 14 Avril fuivant, par la Nouvelle Ecole des Femmes j & la premiere repréfentationde/a Rentrée des Théâtres* précédée du compliment fuivant, qui fut prononcé par Je Sieur le Jeune.

Il paraît enfin, ce jour que nous avons fouhaité avec tant d'impatience! Etre privés de votre préfence, Meffieurs, c'eft languir hors de notre élément.

Mais, au moins, pouvons-nous nous flatter que pendant ces. temps de dé

fteuVrémehr, on ne nous-reprochera1 point d'avoir négligé, ni'perdu de vue l'intérêt de" vos plaifirs. Pénétrés des malheurs de l'année derniere, nous nous fammes appliqués, par de nouveaux efforts, à les réparer, s'il eft pofllbîe, pe-ridant le cours de celle-ci. Au reftè, le1 mauvais"fuccès des Pieces que nous vous donnasses, ne fut qu'une fâcheufe deftinée que tous les- autres Spectacles partagerent avec nous; &. nous ne nous en fommes reflentis plus particulierement , que par l'épuïfernent de nos piéces de fond, incapables de ramener & d'entretenir l'affluence à notre Théâtre. Il femblait même, que les Auteurs, défefpérant d'y acquérir aucune gloire, nous eufTent entiérement abandonnés.

Mais cette année commence fous des fîgnes plus heureux; les Mufes reviennent à nous: quelques nouveautés raniment nos efpérances; l'émulation fe réveille parmi nos jeunes Auteurs. Eh! notre fort peut-il être encore bien douteux , lorfqu'il ne dépend plus que de vos bontés? Vous avez toujours pris plaifir à les répandre fur nous ; c'eft par elles que nous nous fommes foutenus jufqu'ici; & ce n'eft que par elles que

nous efpérons de nous relever.

Puiffions-nous donc, Meflîeurs, contribuer, cette année, avec plus de gloire & de fuccès, à vos amufemens qui, i'ofe dire, Ce renouvelleraient fans cede a notre Théâtre, fi le mérite des Pieces que nous vous donnons lépondaient toujours à l'empreflement que nous avons de vous plaire, (i)

(i) Il fallait ajouter, & nos caiens pour les rendre.

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LA RENTRÉE DES THÉÂTRES.

Comédie en un acte, en vers t
14 Avril 1760. (1)

.LiE Bon-Sens & l'Invention, Déeflè du génie, que l'Efprit avait profcrite du Parnafle Français , font étonnés de s'y revoir. L'état malheureux de l'Empire d'Apollon , afflige beaucoup le BonSens ; l'Invention le confole, & lui dit, que l'Efprit fe trouvant forcé de les rappeller auprès de lui, il y a tout à efpérer de leur réunion. L'Efprit paraît, fon clinquant éblouit le Bon - Sens lui-même; & l'Efprit eft ravi de le voir auflî pris pour dupe. Il avoue naturellement, qu'il eft à bout, & qu'il s'eft retourné de toutes les façons. Mais il ajoute qu'en nuifant beaucoup, il n'a pas laifle de rendre quelques 1ervices.

L'Invention lui demande des nouvelles de Tlialie.

(i), La fcèue eft fur le ParnaUc français , & fe pafle dans le Palais de l'Efprit. L'Auteur n'a point forci de l'unité du lieu.

Rùj

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