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que par des menaces terribles, & s'en va, en promettant de tout exterminer, même avant que de rien voir.

Viennent ensuite un Poëte lyrique & un Musicien ; ils font leur cómpliment à l’Invention en langage d'Opéra ; mais le Poëte s'avisant de dire à l'Invention, qui les prend tous deux pour Poëtes, que l'autre n'est que Musicien, il s'éléve entr'eux une querelle sur la préséance, qui a beaucoup diverti. Le Bon-Sens les maltraite; ils ne le connaissent ni l'un ni l'autre; & l'Invention leur ayant dit qui il est, ils l'accablent d'injures; ils se réconcilient même tous deux pour défier ce Dieu, qui les menace de revenir à l'Opéra. Le Musicien transporté, demande au Poëte de seconder son génie. Celui-ci fait des vers que l'autre met sur - le-champ en musique. Le Bon-Sens ne peut tenir contre leur fureur; il s'enfuit de peur qu'ils ne le poignardent. Un Maître de Ballers le présente au&i-tôt. Son projet est d'inttroduire les Ballets jusques dans la Tragédie Française. Le Poëte & le Muficien sont de son avis ; mais il fait une autre proposition bien outrageante pour nos deux Artistes. La Voici :

Tous nos Musiciens ne nous fatiguent plus :::

Que d'airs embrouillés, biscornus; : Nos grâces avec eux ne sauraient plus paraître : '

De l'Opéra , laissez-moi seul le maître. Par mes soins vigilans bientôt il renaîtra Des plus beaux airs de France & d'Italie, Le choix harmonieux réglera mon génie;

C'est l'Orchestre qui chantera,

Et la Pantomime jouera.
Ainfi toujours brillant, & prodigue en mere

veilles, Je fauverai l'ennui d'entendre , à tous momens,

Les vers écorcher le Bon-Sens,
Et la musique les oreilles.

- Le Poëte & le Musicien font des imprécations contre lui; il se rit de leurs fureurs, & ils le poursuivent, en chantant · le Duo de Tancrede;

Suivons la fureur & la rage, &c. .: Une Symphonie annonce le Récitatif Français, qui paraît couronné de pavots. Il se fait reconnaître à lInvention, par ces vers qu'il chante:

De l'Empire ébranlé, des sons & de la rime,
Reconnaissez en moi le foutien magnanime!

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Compagnon de Morphéé, on m'appelle en

i deux mots, ".' ' .
Le grand Récitatif, couronné de pavots..

Il devait chanter ensuite ces qua-
tre vers, que l'on a retranchés Tans:
qu'on sache pourquoi.
Malgré qu'on dorme ou que l'on bâille,

Faites renaître mes appas;
Hélas ! où voulez-vous que j'aille,

Si Paris ne me garde pas ? Il se plaint des grands succès de l'Ariette. Italienne, qui l'a presque détruit. L'Invention avant que de rien dire sur le nouveau goût de Paris, veut connaître le chant Italien. L'Ariette Française & l'Italienne entrent fur la scène , en se querellant. La Française veut reprendre la préséance fur fá rivale: celle-ci veut la garder.. L'Invention appaise la querelle, en demandant qu'elles chantent l'une après: l'autre. Elle permet à la française de. chanter la premiere. Cette Ariette, les bras pendants, à la maniere de nos A&rices de l'Opéra tirées des Chæurs pour chanter des airs légers, fait en deux reprises l'énumération des vingttrois mots qui forment le brillant de l’A.

Pleza es murmure". éleve, mour; l'Inve

riette Française; gioire , environne, victoire, couronne , vole, triomphe , gne, enchaîne, enchante , lance, brillez, enflammez, badinez, folâtrez , voltigez, murmure, coule , ravage, roule , réveille , gronde , s'éleve, rire. L'Ariette Italienne chante à son tour; l'Invention lui donne la préférence. Elle sort triomphante, & l'autre très-piquée. Le Récitatif tremble du jugement que l'Invention ·va porter à son égard; mais elle se contente de lui donner de bons conseils , & il la quitte trèssatisfait.

L'Esprit revient, non comme l’Elprit, mais comme Ambafladeur des Petits-Maîtres. Il prie l’Invention de relever la fortune de la Troupe Italienne, qui tombe tous les jours. Il se plaint du tort que les Comédiens Français ont fait à leur élégance, en suppri.. mant leur Théâtre. Il représente que celui des Italiens leur reste encore; mais que, par malheur, les Dames n'y viennent plus. Arlequin arrive d'un air fatisfait. Pendant la clôture, il a été en Italie ramasler des Acteurs , & il en ramene une recrue. On le moc-. que de lui, fur ce qu'il croit relever la Comédie avec des Acteurs Italiens,

On lui demande comment il veut qu'on puisse les entendre. A cela il répond: Mais ils sauront parler, pourvu qu'on daigne

attendre; Et c'est toujours un fond pour l'avenir.

En dix ans ils pourront se faire; Ec pendant ce tems-là, comme à notre ordi.

naire, Nous jouerons pour notre plaisir. Cette réponse a fait rire & a été applaudie. L'Invention lui dit, que l'on n'est curieux que de piéces nouvelles; & que ce n'est que cela qui pourra relever sa Troupe. Il la supplie de les aider. Elle lui demande, s'il sçait faire valoir une Piece Française. A quoi il répond: J'y suis, grace aux. Auteurs, assez mal à mon

aile,
Pour qu'on ne vous en disc rien,

Mais je plais dans l'Italien,
Je divertis, j'amuse, & tout le monde m'aime..

Je m'y trouve toujours fort bien ,

Car je fais mes rôles moi-même. L'Invention lui demande une scène à l’Impromptu. Il objecte qu'il est seul, & que cela devient trop difficile. Alors

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