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nette Françaife; gloire j environne j victoire, couronne j vole j triomphe j gne j enchaine j enchante j lance j brilZqr j enflamme^ j badine^ j folâtre\ j voltige-[, murmure , coule, ravage j roule , réveille j gronde j s'éleve j rire. L'Ariette Italienne chante à fon tour; l'Invention lui donne la préférence. Elle fort triomphante, & l'autre très-piquée. Le Récitatif tremble du jugement que l'Invention va porter à fon égard; mais elle fe contente de lui donner de bons confeiis, Se il la quitte trèsfatisfait.

L'Efprit revient, non comme I'Efprit, mais comme Ambafladeur des Petits-Maîtres. Il prie l'Invention de relever la fortune de la Troupe Italienne , qui tombe tous les jours. Il fe plaint du tort que les Comédiens Français ont fait à leur élégance, en fupprimant leur Théâtre. Il repréfente que celui des Italiens leur refte encore ; mais que , par malheur * les Dames n'y viennent plus. Arlequin arrive d'un air fatisfait. Pendant la clôture- il a été en Italie ramafier des Acteurs, Se il en ramene une recrue. On fe mocque de lui , fur ce qu'il croit relever la Comédie avec des Acleurs Italiens. On lui demande comment il veut qu'on

puifle les entendre. A cela il répond:

Mais ils fauront parler, pourvu qu'on daigne

attendre; Et c'eft toujours un fond pour l'avenir. En dix ans ils pourront fe faire; Et pendant ce. tems- là, comme à notre ordinaire , Nous jouerons pour notre plaiiïr.

Cette réponfe a fait rire & a éte applaudie. L'Invention lui dit, que l'on n'eft durieux que de pièces nouvelles; & que ce n'en: que cela qui pourra re* lever fa Troupe. Il la fupplie de les. aider. Elle lui demande, s'il fçait faire valoir une Piece Françaife. A quoi il répond :.

J'y fuis, grace aux Auteurs, a fiez mal à moat aife,

Pour qu'on ne vous en dife rien ,

Mais.je plais dans l'Italien , Je divertis, j'amufe, & tout le monde m'aime..

Je m'y trouve toujours fort bien ,

Gar je fais mes rôles moi-même;

L'Invention lui demande une fcène à l'Impromptu. Il objecte qu'il eft feul, & que cela, devient trop difficile.. Alors, îl appe/çpit Mademoifelle Camille en habit d'Arlequin: on la croit fa fœur ©u fa femme; il répond qu'il n'a ni femme ni fœur. Mademoifelle Camille cherche à fe faire reconnaître par fes lazzis; & n'y parvient que par un rire qui lui échappe. Il s'écrie alors.

Comme une folk , elle rie; c'eft Camille!

Elle paraît avoir envie de parler à l'Invention; & la Divinité la preffe obligeamment de s'expliquer. Arlequin n'oublie pas de lui dire comme à l'oreille,

Modere-toî, fi ra langue le peut.

C'eft par ces plaifanteries que l'Auteur voulait faire écouter Mademoifelle Camille , dans le Français; dont on s'imaginait, à tort, que la langue lui était encore étrangere. Rien, île pouvait mieux annoncer la douceur de fon caractere , que de permettre qu'un Auteur s'égayât en Public à fes dépens. Quelle autre Actrice l'eût fbufïèrt? Auffi lui a-t-on fu bon gré de ce petit facrifice qu'elle a fait de fon amour propre.Voici fon difeours à L'Invention, pour difpofer le Public à lai être favorable, dans Le Français-

De crainte en vous parlant, mon arffe qui s'é-
meut,
A fon ambition , peut-être téméraire ,
Ofeia-t-elle ici s'abandonner.
Le Public, des talens eft le Juge & le pere;
Tout ne refpire en moi, que l'ardeur de lui

plaire. Au genre Italien j'ai peine à me borner. Me former au Français, ei t ia gloire où j'afpirej Trop heureufe fi , quelquefois , Je voyais à mes vœux le Parterre, fourire j Daignez , auprès de- lui, me prêter votre

voix; Sa clémence , toujours, nous mene à fou

- efti me. Quand on s'en voit d'abord applaudir dans du

riens, An fent qu'à nos defirs il accorde les fiens. La confiance alors, par degré, nous animej Et lorfque nos talens , devenus précieux»,

Ont mérité qu'il les honore, Il en doit mieux chérir des fruits nés fous fes

yeux, Qu'à force de bonté lui même a fait éclorre.

L'Invention termine la Piece en fe

préparant à appaifer & ramener le BonSens, que les deux Auteurs lyriques ont fait Fuir, & Arlequin implore pour fa iTroupe, l'indulgence du PublicCette Comédie épifodique eft de M. Brunet; elle fit beaucoup de plaifir aux perfonnes de goût, qui la trouverent bien écrite & remplie de traits: agréables; le Public les applaudit tous d'abord , mais s'étant enfin appercu, que la plupart retombaient fur lui, il fe contenta de les écouter fans les applaudir & fans fe corriger; enfin elle eut du fuccès & fut jouée douze fois fur le Théâtre du Boulevard , où' les Comédiens s'étaient établis pendant les réparations & les embelliflemens qu'ils 'faifaient faire à leur Salle.

Rétablijfement de. la Salle.

La Salle de l'Hôtel de Bourgogne exigeant une grande réparation, tant pour ce qui concernait la folidiré du bâtiment, que pour la décoration M. le Duc d'Aumont, premier Gentilhomme de la Chambre, ordottna cet ouvrage , qui devint confidérâble & par le travail & par la maniere dont il a été

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