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tenant la devife , cafiigat ridendo mores, de la main droite; de l'autre un mafque accompagné de plufieurs petits Génies, dont un regarde à travers le mafque, & lance un trait ( emblème qui paraît très-propre à cette Mufe, qui fous le mafque lance des traits piquans) & les autres levent le rideau qui ferme l'entrée du Palais de cette Mufe. Le Public , quoique reirettant l'ancienne' avant-fcène , qui était le feul cadre que nous euffions à Paris dans nos Salles de Spectacles , a paru très fatisfait du nouvel arrangement qui n'a rien gâté à cette Salle.

Toutes les peintures & dorures ont été faites avec le plus grand foin. Le plafond & le rideau , qui font à préfent les morceaux les plus intéreflans, font très-bien imaginés. La draperie eft d'une très-grande vérité; l'étoffe, dont le deffus eft une grande broderie d'or, & le deflbus un velours cramoifî, eft parfaitement exécutée. L'entrée du Temple de Thalie, à moitié découverte , dans le périftile duquel eft une Caflblette jettant des parfums, foutenue par trois figures de femmes , fait un très-bon effet, parce qu'elle fe lie avec la richefle de la draperie.

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M. Girault, Archite&e & IngénieurMachinifte des Speclacles du Roi, en furvivance, qui fut charge par M. le Duc d'Aumont en i760, de la reftaurarion & de rembelliffement de cette Salle, a frit en dernier ces changemens. M. Canot a peint & exécuté le plafond &le rideau qu'il a imagés ue concert HVCC m* vjir&ult.

DEBUT DE LA S IGNORA SA FI,

Le 28 Mai la Sîgnora Savi débuta pour les rôles de premiere Amoureùfe, fut reçue à demi-part, & eft morte au mois d'Avril 1766.

DE BU T DU SIEUR CAILLO T.

Le fieur Caillot débuta le 2 8 Juillet i760, pair le rôle de Colas dans Ninette à la Cour, dans lequel il eut un fuccès qui n'a fait qu'augmenter chaque jour.

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rards, où ils eurent la permiflion de donner des Bals pour fe dédommager des frais qu'ils faifaient pour le rétabliflement de leur Salle.

LA NOUVELLE TROUPE,

Piece en un acte en versj mêlée de chants' Cr de danfes > p Août ijdz.

Jl iERROT, battant de lacaifle, annonce l'arrivée du Sieur Brécourt, Chef de Troupe, qu'il annonce ainfi:

Le fieur Brécourt arrive exprès de Lombardic,

Pour établir en ce pays ,

Un théâtre de Comédie.

Il recevra des Acleurs à tout prix, Mais il veut que fur-tout, les femmes foient jolies;'

Le fieur Brécourt, afin- d'y parvenir,

Me charge de bien avertir
Qu'il permet les Amans & les tracafleries.

Julie, Rofalie, Hortenfe & Rofette

(i) Le théâtre repréfente une Salle de Comédie.

lui demandent à parler à cet Entre-' preneur \ qui paraît, & devant lequel elles ne manquent pas de fe chanter

Î)ouille; Madame Brécourt vient en aire autant à fon mari, de ce qu'il reçoit des Actrices fans la confulter; elle les congédie, & elles fortent en le menaçant de lui arracher les yeux. Un Maître de Ballet fe préfente, & s'air nonce de cette maniere:

Je fuis une excellente emplette ;' Jai parcouru les Terres & les Mers; De tout ce que j'ai vu , j'ai fait une gazette. Je n'ai point employé la profe, ni les versj J'ai voulu me fervir d'un langage uniforme , Qui puifle être entendu chez les Peuples divers. J'en retrace les mœurs, les vices, les travers, Je donne à cette hilroire une nouvelle forme, C'clt un tablsau vivant des ufages, des airs; Ils font en adtion , au lieu d'être en maximes; En un mot, j'ai voulu réduire en Pantsmimes Les rufes dont l'amour fe fert dans l'univers,

Et j'en fais des Ballets fublimcs. J'ai fur tous les climats compofé des Sujets; Par exemple, j'ai peint une intrigue Efpa

gnole. Un Amant vient danfcr un pas bien langoureux,

Au

Au trifte fou de la viole. Il trace dans fespas Ton martyre amoureux; Au bout d'un certain tems une beauté divine Ouvre une jaloufie Se fe rend à fes vœuij Une échelle de corde auffi-tôt l'achemine 5 Je fais exécuter alors un pas de deux , Que l'Orcheftre diferet accompagne en fourdine.

BRÉCOURT.

Pour un moment lî glorieux,
Une fourdine ici paraîtrait fortbifarre.
Le Français fait fouvent fonner une fanfare

Pour annoncer qu'il eft heureux.

On annonce une Danfeufe, enfuita une Chanteufe, qui font chacune l'effai de leurs talens; & pendant ces deux fcènes, Madame Brécourt ne cefle de contrarier fon mari, & d'agacer le Maître de Ballet, qui lui répond fuc le même ton.

Juftine arrive en chantant; elle fait enfuite le récit de fon voyage, qu'elle vient de faire par la Diligence pour s'éloigner plus promptement de fon mari.

JUSTINE.

J'étais avec d'honnêtes gens,
Tome Kl, 5.

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