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apprendre la caufe; Dubois déclare en tremblant, que l'on affiire qu'Adrien n'eft pas fon Pere. Babet l'écoute en riant, parce qu'elle ne peut pas s'imaginer qu'il y ait aucun doute fur fa naiflance; mais elle veut favoir d'où eft venue cette nouvelle. Dubois, en la .conjurant de n'en point parler, lui fait entendre qu'il l'a apprife de Madame Griffon; Babet furieufe veut aller fur-le-champ demander à Madame Griffon l'explication d'un femblable dit cours; Dubois fait tous fes efforts pour l'en difTuader, mais inutilement. Enfin, il la prie de ne pas dire qu'elle tient de lui cette nouvelle; ce que Babet promet. Dubois fe retire, voyant arriver Madame Griffon. Babet dès le premier mot, dit que Dubois lui a appris ce qu'elle a dit d'elle. Madame Griffon en convient, déclarant favoir tout cela d'Angélique; celle-ci, qu'on appelle, avoue l'avoir entendu dire à Marotte; laquelle arrivant dans le moment, avec Catherine, furies reproches que lui fait Babet, reproche elle-même à Angelique d'avoir divulgué ce fecret, pour faire rompre le mariage de Dubois, dont elle eft amoureufe. Le jeu de cette difpute perd dans, le récit, &

ne peut être bien fenti que fur la fcène. Toutes les femmes le retirent chacune de leur côté, fort piquées les unes contre les autres, d'avoir été mêlées dans ce caquet. Marotte refte avec Babet, à qui elle fait une efpéce d'excufe à fa maniere, de ce qu'elle a dit d'elle, fans cependant fe dédire. Babet fort chagrine, dit à Dubois qui arrivé avec Monfieur Belhomme, que le fait eft éclairci, & qu'elle voit bien

Îiu'Adrien n'eft pas ton Pere. Monleur Belhomme fe rappelle quelques difcours d'Adrien, qui le confirment dans cette idée. Marotte fait envifager à Babet, que les parens d'Adrien feront leurs efforts pour que fon héritage ne parte pas dans les mains de Babet. Monfieur Belhomme, voyant les deux Amans dans l'affliction, propofe un accommodement à l'égard de la dot. Il promet de faire Babet fon héritiere, & de lui affurer fa fucceffion par contrat de mariage; il dit que fon revenu monte à cinq mille livres; ce qui eft beaucoup plus confidérable que le bien d'Adrien. Les Amans reprennent quelqu'efpérance, lorfqu'Adrien arrive. Celui-ci, fur les queftions qu'on lui fait, convient que Babet n'eft pas fa fille; il ajoûté que fon Pere eft un riche Négociant de l'Inde, duquel il n'avait reçu aucune nouvelle depuis plus de dix ans, & qu'il avait cru mort ; mais qu'il venait d'apprendre que ce Négociant était arrivé à Paris, & le cherchait par-tout. Marotte écoute cette nouvelle avec plaifîr, & fort pour l'aller dire à tout le monde. Dubois & Babet Tentent renaître leur joie; & tous rentrent chez Adrien, pour avoir une entiere explication de ce fait.

Le troifieme acte fe pafle fur un Pont de la Seine, d'où partent les Bateaux pour Rouen. Monfieur Renauld, fuivi de Menachem, avec lequel il eft venu à Paris, ordonne à un Valet qui le fuit, de s'informer dans le quartier, où peut être la demeure d'Adrien. Menachem lui demande la raifon pour laquelle il montre tant d'empreflement de trouver cet homme. Monfieur Renauld lui répond, qu'ayant été obligé de partir pour l'Inde, il y a douze ans, fa femme, qu'il a perdue depuis, l'avait accompagné; mais que n'ofant expofer fa fille, en bas-âge, au mouvement de la mer, il l'avait laifle en garde à cet Adrien, qui demeurait alors à Rouen,

&

& qui depuis eft venu demeurer à Paris. Pendant cette converfation , ils voyent Marotte, qui fort de fa maifon; & Monfieur Renaud lui demande fi elle ne pourrait pas lui apprendre la demeure d'Adrien. Marotte lui répond qu'elle eft fort en état de l'en inftruire , puifqu'elle eft fa coufine germaine; mais qu'Adrien eft actuellement dans l'embarras que lui caufe le mariage de fa fille. Monfieur Renaud, demande quelle eft cette fille? Marotte lui raconte qu'Adrien l'a fait longtemps regarder comme telle; mais qu'elle ne l'eft point; que la famille d'Adrien, informée de cela, n'avait pas voulu laifler aller la chofe plus loin; enfin, fon caraclere méditant lui fait tenir des difcours capables de jetter dans l'efprit de Monfieur Renaud, de violens foupçons fur la vertu de fa fille. Elle s'apperçoit de fon trouble , & lui demande s'il ne connaîtrait pas ce riche Négociant, qu'on dit être le pere de Babet. M. Renaud convient qu'il le connaît; mais prefle par Marorte, qui foupçonne que ce pourrait être lui même ; il s'en dérend; & pour fe débarraffsr des queftons qu'on lui fait, il dit qu'elle eft la fille Tome FI. T

de fon compagnon de voyage. Marotte reconnaît ce dernier pour ce Juif qu'elle a vu , dans les Caftès, vendre des lunettes d'Angleterre. Monfieur Renaud fe retire fort troublé; Menachem le fuit, & Marotte refte feule, riant de ce qu'elle vient d'apprendre. Catherine & Angélique furviennent & lui demandent la caufe de fa gaieté. Marotte leur conte, en étouffant de rire, qu'elle a vu le Pere de Babet. On refufe d'abord de la croire; mais elle aflure qu'elle dit la vérité; qu'elle a parlé au Pere de Babet; que c'eft ce Juif, que c'eft luimême & qu'il en eft convenu. Monfieur Belhomme & Dubois arrivent, les Revendeufes leur font des plaifanteries équivoques fur le Pere de Babet , qu'elles croyent connaître. Enfin Angélique explique à Dubois, qui eft ce Pere , & fort en lui difant combien elle eft affligée des |difcours que cette aventure va produire. Marotte & Catherine s'en vont en plaifantant fur les bonnes lunettes dont Dubois fera pourvu à l'avenir. Dubois refte interdit; & Mosfieur Belhomme, perfuadé par les difcours que ces trois femmes viennent de tenir, lui dit que

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