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Me contrefait, vous contrefait auffî;

C'eft: cclle-Ia qui n'a point de fouet,
Qui ne cherche point à vous plaire.

Elmire paraît, fes adieux font tendres; mais l'Auteur s'eft bien gardé de la rendre trop intéreflante, & il a fait connaître par des à parte que cette Efpagnole avait plus de vanité que d'amour. Lorfqu'elle fe croit fûre du cœur de Soliman, elle accepte fes préfens, & confent à refter; fiere de fon triomphe, elle ne balance plus à montrer à fon Amant tous les fentimens dont elle paraît pénétrée , & elle le quitte pour contremander les apprêts de fon départ.

OSMIN, après quelle s'ejl retirée.

Seigneur, je vous fais compliment, Vous êtes , je le vois, dans un ravifleraent

SOLIMAN, mécontent.

Non, je n'aurais jamais pu croire ,
Qu'elle eût cédé fi promptemenr. . .

V Elmire revient avec un habit plus galant; c'eft un des préfens de Soliman; & elle s'en eft parée pour lui plaire. Le Sultan fatigué de l'excès de tendrefle & des louanges fades que lui prodigue la fenfible Efpagnole, ordonne à Ofmin de faire venir Délia, célébre Cantatrice de Circaffie, & depuis peu arrivée au Sérail. C'eft fous le prétexte d'amufer Elmire; mais en effet pour fe dérober lui-même à l'ennui. Ofmin introduit Délia; elle chante, & Soliman paraît enchanté de fa voix. Il lui donne beaucoup d'éloges. L'Efpagnole, outrée de dépit, quitte la fcène.

Ofmin vient dire qu'il ne tient plus à l'indocilité de la petite Efclave Françaife. Elle paraît.

ROXELANE.

Ah! voici, grace au Ciel, une figure hu-
maine.
Vous êtes donc ce fublime Suîtan,
De qui je fuis Efclave? He bien, prenez la

peine,
Mon cher Seigneur, Je charter à Imitant
Cet oifeau de mauvais augure.

- 'f

S O L I M*A N.

Vous n'êtes pas eu France;

Ayez l'efprit plu? liant Se plus doux 3

m.

Et croyez-moi, fou mettez-vous;
On punit au Sérail le caprice & l'audacei
ROXELANE.

Ce difcours a fort bonne grace.
Qu'un Empereur Turc eft galant f
frenez-vous ce ton-là pour être aimé de*
femmes y
Vous devez enchanter leurs âmesj
En vérité, c'eft avoir du talent;
Mais , mais , je vous trouve excellent.
Et de vos volontés , voilà donc le Miniftreî
Refpeftons ce Magot, avec fon air finiftrej
Aveuglément nous devons obéir;
Il a vraiment de brillants avantages.
Ah! Si vous le payez pour vous faire hair,.
Il ne vous vole pas fes gages.

Le refte de la fcène eft écrit avec la même légereté, & le caractere de Roxelane n'eft pas moins fedmfant pour les Spectateurs que pour Soliman qui s'en laiffe furprendre fans s en

. ^ïuScond acte> Soliman feul, fait

'«n fumant fa pipe, quelques reflexions

fur le caractere Gngulier de Roxelane*

qu'il oppofeà celui d'Elmire, fi te*

le, fi refpeaueufe. Ce Psmce quia fait inviter Roxelane à venir prendre du Sorbet avec lui, apprend par Ofmin qu'elle refufe cet honneur. Elle entre fans fe faire annoncer. Le Sultan en eft furpris; mais il l'excufe. II continue de fumer; elle lui demande fa pipe, il l'a lui préfente, elle la jette. Le premier mouvement du Sultan, eft de s'offenfer de ce manque de xefpect. Il finit par en rire.

ROXELANE.

Et comment voulez-vous, Monficur, qu'on vous corrige?

SOLIMAN.

Me corriger! de quoi donc s'il vous plaîtj

ROXELANE.

De quoi ! de quoi! ces Sultans me font rire; Ils penfent que fur eux, nous n'avons rien, à dire,

Je prends à vous quelqu'intérét.

Croyez-moi, bannirions la gêne, L'amitié me conduit ; quand ce ferait la Laine,

Vous pourriez y gagner encor, La haine eft franche, elle vaut un aeCatrj

Nous devons lui prêter l'oreille. Un ami par pitié , faiblement nous confêfUe,

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Notre ennemi connaît tous nos défauts;
D'une gloire ufirrpée , il diftingue le faux.

L'amitie dort, la haine veille. Confultez-la , vous qui voulez régner. Lorgueil nous trompe , eh! faut-il l'épargrtttS Non.

SOLIMAN, à paru

Cette femme eft étonnante!

Quelques Critiques ont accule l'Auteur d'avoir mis de la prétention dans cette tirade , & n'ont pas fenti qu'elle était néceflaire pour préparer la folidité des raifonnernens que Roxelane fait au troifieme a&e, & pour répondre à ces. vers.

Ah ! telle eft Roxelane en fa frivolitéj
Sa raifon perce à travers fa .gaieté.
P'un nuageM,^' ce(i l'éclair qui s'échv^
El jont la lumiere nous frappe.

le Sultan propofe à fouper à Roxcjane, qui le refufe; niais elle lui offi* a lui-même un dîner, qu'il accepte; elle le congédie alors, & lui dit d'aïer vaquer aux foins de for* Empire; loriqu il eft parti, elle fait inviter à ce dîner, de la part du Sultan, ELraire & Déliai la premiere aïrive avec

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