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Me querelle,
Me harcelle.
Méchante femme & point de painj
Ah! quel deftin!

On entend gronder le tonnerre, & Mercure paraît fur un nuage. Il vient de la part de Jupiter annoncer à Blaife, que touché de fa mifere, ce Dieu remplira les trois premiers fouhaits qu'il voudra former; Blaife eft fort étonné de cet évenement; mais l'embarras, eft le choix de fes fouhaits, & pour s'ouvrir l'efprit il acheve fa bouteille. Margot le furprend, elle le traite d'ivrogne & de fainéant; mais il l'appaife bien-tôt en lui apprenant ce qui vient de lui arriver. Elle a d'abord peine à y rien comprendre; elle craint qu'il ne foit devenu fou; mais au nom ce Jupiter ejle donne une attention plus ; férieufe, parce qu'elle ne croit pas que fon mari ofât fe mocquer des pieux. Blaife fort pour aller confulter le Bailli fur l'ufage qu'il doit faire des graçgs que Jupiter lui a promifes. Margot demeurée feule fe réjouit de fa nouvelle fortune-,fur laquelle elle établit de grands projets. M. Simon, à qui elle a promis fa '.fille,, ïji furprend, en danfant de joie; il lui rappelle fes prdmefies; mais elle fe rit de fes prétentions, & il croit avec raifon qu'elle extravague. Le Cabaretier & la Meuniere , qui font des créanciers de Blaile, viennent demander de l'argent à Margot, qu'ils traitent aflez durement; mais ils changent de ton, lorfqu'elle leur apprend que fon mari a trouvé un tréfor; alors ils s'adouciflent, & fortent en lui offrant tout ce qu'ils ont chez eux. Suzette accourt demander à fa mere, fi ce que fon pere vient de lui dire eft vrai; fa mere le lui confirme , & lui défend de fonger davantage à M. Simon, à quoi Suzette n'a pas de peine à fe réfoudre; mais elle eft moins obéiffànte, lorfque fa mere lui défend de ne plus voir Colin, elle ne peut y confentir, ni fe réfoudre à le promettre à fa mere, qui entre en colere, & s'avance pour lui donner un foufflét que M. Simon reçoit fur la joue, qui fe trouve par malheur fous la main de Margot. Lorfqu'elle eft fortie, Suzette fait en riant les excufes à M. Simon, qui lui répond galamment qu'il aime mieux l'avoir reçu qu'elle; il veut la déterminer à être fa femme ; mais elle lui répond franchement qu'elle ne

peut aimer que Colin dont elle fait le portrait dans les couplets fuivans:

Colin a des yeux charmans ,
Sur-tout lorfqu'il me regarde.
Je fuis les autres Amans , \

Avec lui je me hafarde.
Enfin , voyez-vous , enfin,
Ceft un plaifir d'aimer Colin.

Il faut l'entendre chanter!
Fait-on quelque Chanfonnette?
Je ne veux point l'écouter
Si Colin ne la répete.
Enfin, voyez-vous, enfin,
Ç'eft un plaifir d'aimer Colin.'

X

Colin ne néglige rien j
Si je veux aller plus vite,
Sous fon bras il prend le mies;
Je fens fon cœur qui palpite.
Enfin, "voyez-vous, enfin,
Ceft un plaifir d'aimer Colin.

X

Simon fent qu'il n'obtiendra jamais le contentement, ni de la mere, ni de la fille, & il fe détermine de bonne grace à renoncer à fes prétentions, & même à folliciter le pere de Suzétte eti faveur de Colin. Blaife arrive avec le Bailli; Simon tient la promette qu'il a donnée à Suzette , & engage fon pere à lui donner Colin. Après avoir demandé l'avis au Bailli, il y confent , à condition toutefois que Margot ne s'y oppofera pas; elle arrive , & ils fe mettent tous à table, afin d'y jafer plus commodément de l'importante affaire qu'ils ont à traiter, & pour laquelle le grave Bailli fe creufe inutilement la tête depuis une heure. Après que chacun a bu un coup, Blaife offre quelques petits poiflons au Bailli, & comme il fait qu'il aime les anguilles, il dit qu'il louhaiterait en avoir une à lui préfenter; auifitôt il en parait une dans le plat, au grand étonnement de tous les convives, & au grand mécontentement de Blaife, & fur-tout de Margot, qui devient furieufe du peu de fruit que fon mari vient de retirer de fon premier fouhait. Elle lui fait tant de reproches , & l'accable de tant d'injures, que dans fon premier mouvement, il fouhaitede la voir muette; auffi tôt la parole expire fur fes lèvres, & elle fort après les avoir battu tous. Blaife fe livre aux regrets de l'injpru

dence, que l'indifcrétion de fa femme vient de lui faire faire; mais il a bien plus lieu de s'en repentir, lorfqu'il fe voit réduit à ne tirer d'autre avantage de fon dernier fournit, que de rendre la parole à fa femme; à quoi il confent enfin, à condition qu'elle approuvera Je mariage de Suzette avec Colin; alors l'abondance de paroles qui fufFoquaient la pauvre Margot, depuis près d'un quart-d'heure qu'elle n'avait parlé, fort de fa bouche avec une volubilité fi incroyable, qu'il y a apparence que s'il reftait encore un fouhait à Blaife, il s'en fervirait pour la remettre dans l'état d'où il vient de la tirer. Cette fcène qui eft très-comique, finit la Piéce, qui eft terminée par un Vaudeville , dont voici quelques couplets:

SUZETTE.

Tendrons qu'une Maman domine,
Sur voue choix , fachez tromper;
A l'époux qu'elle vous deftine,
C'eft le fcul moyen d echapper.
Doucement & dans le fîlence,
Vous en alliez venir à bout,;
Trop de péc^lance,'
*. . Gâte ,tour.

Tome FI. Z

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