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COLIN.

Galans , auprès d'une cruelle ,
.Conduifez bien fart des foupirs,
Pour gagner le cœur de la Belle ,
Mettez un frein à vos de fus;
Le timide , en tremblant, s'avance »
L'Entreprenant manque fou coup;
Trop de pétulance ,
Gâte tout.

B L A I S E.

Richards qui faites grand tapage ,
Blaifc eft pour vous une leçon;
J'aurais pu , me montrant plus fage,'
Quitter l'état de Bûcheron.
I5e vos biens, malgré l'abondance,
'Vous trouverez dans peu le bout;
Trop de pétulance,
G.uc tout.

Ce joli Opéra -Comique, eft un des ouvrages le plus agréable qui ait été donné au Théâtre Italien depuis la réunion. On y trouve de la gaieté, du Sentiment, & même de la morale; les Ariettes ea font bien faites & ont donné lieu à la meilleure Mufique que M. Philidor eut donaée julqu'alors. U

eft etonnant qu'il n'ait pas cherché à s'attacher un Auteur du mérite de M. Guichard, & il eft plus étonnant encore, que celui-ci encouragé par le plus brillant fuccès, ait ceflë de traiter un genre qui lui paraiflait fî pro~ pre. X& Bucheron eut vingt-quatre repréfentations , & c eft une des Pieces que l'on voit le plus fouveat, & avec le plus de plaifir.

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DEBUT DU Sr. LAUBREAU.S

Le Sieur Laubreau, Directeur de la Troupe de Lyon, vint déburer à Paris , le 2 Mars i763, par le rôle du Prince dans Ninette à la Cour, Se par celui du Muficien dans le Magazin des Modernes; le goût de fon chant le fit applaudir; il fut reçu à demi-part; mais il jugea à propos de fe retirer à la clôture de i765*, pour retourner à Lyon, où il eft à pré^ fent.

Gratis.

Les Comédiens donnerent le 22 Juin,gratis, enréjouiflance de la Paix, les Caquets, le Retour d'Arlequin & le Bucheron, fuivis du Ballet des Pierrots.

I =

LES FÊTES DE LA PAIX.

4 Juillet ijâj.

I/E théâtre repréfente une grande Place environnée de portiques; des trophées font fufpendus entre les colonnes, & fur des gradins de pierre, difpofés en amphithéâtre, comme dans un Cirque. On voit des Statues repréfentant les grands Hommes qui ont illuftré la France dans tous les genres. Au milieu de cette Place eft repréfentée la figure équeftre du Roi, avec fon piédeftal, & les ornemens qui l'accompagnent , tel qu'on le voit dans la Place de Louis XV (i).

Des Suifles veulent empêcher le Peuple d'approcher; mais le Chef des Héros d'armes ordonne de laitier pafler tous ceux qui veulent s'approcher de la Statue du Roi, il chante:

Dans ce jour où tout profpere,
Il n'eft point d'états différons j

(i) Cette fuperbe décoration eft de l'invention de M. Louis, ancien Penfionnaire du Roi , Se premierArchite&c de Sa Majefté Polonnoife.

Laiflez entrer petits & grands j
Laiflez les cœurs Te fatisfairc;
Doit-on empêcher des Enfant
De venir voir leur petc ï

Des Jardiniers & des Bouquetiere* viennent en chantant & en danfanc, orner la Statue du Roi de feftons & de guirlandes. Un Abbé en habit de campagne paraît avec une Bourgeoise qu'il prefle de céder *> mais elle lut ré

Îond qu'elle n'a jamais cédé j elle eft onnëte femme, Se l'Abbé raflure sin/î fa vertu.

Je fuis libre, j'ai du bien j Cet habit-là, Madame , & rien, C'eft à peu près la même chofe- j On le prend pour tromper les veux 5 Plus d'un , ainii que moi, par ce dehors jmpofe Sans engagement férieux.

La BOURGEOISE.

Yous n'en avez aucun?

V A B B É.

Aucun; s'il faut vous le dite, 3e me confie à vous, à peine fai-je lire; J'ai pris cet attirail par prudence, par goût j

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