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TIRCIS ET DORISTÉE.

Parodie d'Acis & Galatce j 4 Septembre 1?S 2.

Jyiadame Favart, habillée en Berger , fous le nom de Tircîs, ouvre la /cène & fe plaint de l'abfence de Doriftée, par ce couplet fi connu, parejfeufe Aurore, il eft interrompu par les chants de Colinet, que le chagrin endort, & qui veut faire l'amour gaiement, il eonfeille à Tircis de vaincre fa timidité, & de tout tenter pour vaincre fon inhumaine.

Tu n'as rien fi tu n'ofes,
L'amour doit tout rifquer;
Qui craint de fc piquer,
Ne cueille point de rofes.

TIRC/S.

Doriftée eft riche héritier»,
Je ne fuis qu'un fimple Pafteur.

Civ

COL INET.

Je fcais qu'elle a lieu d'être fiere, .
Son perc eft un Maître Pêcheur;
Mais contentement vaut richeffe ,
L'Amoar fait-il le prix de l'or i
Un cœur offert par la jeuneffe ,
Pour une Belle eft un tré&r.

Tircis fait enfuite le récit du commencement & des progrès de fa paffion d'une maniere fi tendre & fi touchante , que CcJinet en eft ému ; il faut, dit-il à Tircis , donner une fête à ta Maîtrefle , & je veux l'arranger pouc toi. •; ' V '. - •••">.) îi ,inv

C'eft le plaifir qui prend les Belles)
En dépit de la raifon ,
Il n'eft point pour lui de cruelles ,
Tré, tré, trérnbidFons-nous donc. Bisi

T.:.;. . . .r;!.. i • î' 7

Tircis reft.é - fiçul retombe dans fa langueur.

Doriftée. arrive, & voulant cacher le plaifir qu'elle a de voir Tircis, elle feint de chercher fa compagne,^Tircis profite des confeils de Colinet, & devient preffant. La Bergere qui craint également de ne pas aflez réfifter & de lélifter trop, lui annonce un Rival, Tircisen frémit. Ce Rival eft Horiphefme » Maître des forges, homme riche, puiffant & ombrageux.

On entend une fymphonie , c'eft le prélude de la fête préparée par Colinet. Doriftée en demande le fujet, & Tircis lui apprend que ce font des Amans unis par les plus tendres nœuds , qui viennent chanter leur bonheur. Cette fête eft d'autant plus agréable, que les airs de chant & de danfe fe fentent de la gaieté naturelle de Colinet, mais elle e<l troublée par l'arrivée d'Horiphefine, dont l'afpeâ: féroce fait fuir les Jeux & les Amours. Doriftée exhorte Tircis à éviter fa préfence, il lui obéit.

Horiphefme paraît indigné que de vils Pafteurs ofenc prétendre amufer fa Maîtrefle par kurs jeux. Il menace de les punir de cette témérité, Doriftée paraît, & fa préfence calme fes tranfporKjil lui déclare ainfifapaffion. .

Mon cœur auffi dur qu'une enclume,
S'amolit au feu de l'amour,
Ta beauté fans cefle l'allume,
Je n ai rreve ni nuit ni jblir;
L'amour frappe à coups redoublés.
Tous mes fens font troublés'^ *'- '.

Mes efprits accablés;
D'une flame que rien n'appaife,
J'éprouve les cruels efFets ,
Ma poitrine eft une fournaife>
Où l'amour forge Tes traits.

P O RIS T Ê E.

La chute d'un torrent qui gronJe-j
En roulan: le fable avec l'onde,
Peint de vos vœux l'emportement;
Que j'aime un ruiffcitu dont l'eau pure,
fait fur les ftrurs un doux murmure-
C'eft l'image du fentiment!

HORIPHESME.

Eft- ce pat «;s frivoles foins Que l'on te prouve fa tendreffc î Des Bergers la Jéliemefle Dit beaucoup plus & prouve moins, Que la vive ardeur qui mt çreife. Comme un Amant tranfi t'offrirai- je ies fleurs? Les rôles de ton teint furpauent leurs couleurs; Dois-je des plus beaux fruits te faire des pré

fens? Ils n'ont point la rondeur de tes attraits naiffans. Il eft un don plus précieux,

Çai prouve combien j'aime;
Que pourrait-on t offrir de mieux i
7c me donne moi-même.

La froideur de Doriftée fait foupçonner à Horiphefme , qu'il pourrait bien avoir un Bival chéri. Doriftée lui répond:

N'allez pat le croire.

HORIPHESME.

Daigne donc m'accorder ton cœur,
C'eit trop difputer la victoire.

Pour attendrir Doriftée, Horiphefme imagine de lui donner un Divertiflement de Forcerons auquel il préfide, ce Diverriffement eft tres-bien caraété* rifé; le Maître de forges croit avoir enchanté fa Maîtrefle, & renvoye ainfî fa Troupe.

Am: Tarare porrpon.

Le fecours de Tos Jeux

Ne m'eft plus néce/Iaire,

De l'objet de mes vœux '\

J'attends un fort heureux;

Mes foins ont dû lui plaire,

Ses fens font agités.

C'eft l'inftant du myftere.
Sortez.

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