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Cher Tircis, reprends
Tes fens

TIRCIS.

Qui m'appelle?

Ak! c'eft ellej;

Je m'anime à fes accens;

Oui, ta flamme

Me rend l'ame ,
Je te Yois & je renais;

DORISTÉE.

Plus de crainte ,
De contrainte.

( Enfemble. )

Aimons-nous pour jamais.

Colinet vient annoncer la fuite d'Horiphefme , qui croit avoir cafle la tête à fon Rival, & il forme avec une troupe de Pêcheurs & de Pêcheufes, un divertiflêment àl'occafion des noces de Tircis & de Dorifcée, qui termine le Spectacle.

On doit plutôt regarder cette jolie Piece comme une Paftorale agréable que comme une Parodie critique i les airs en font admirablement bien choi-t fis, les couplets heureux, & le dénouement aflez comique. Elle fut très-bien reçue du Public, eut vingt-quatre repréfentations, & ne fit qu'ajouter à la réputation de M. Favart, qui en eft l'Auteur.

LA FRIVOLITÉ.

Comédie in un acte j en vers libres t 23. Janvier 1753. (1)

Jli'hyver ouvre la fcène avec la Frivolité qui lui fait compliment fur fa parure. Il lui répond que c'eft pour elle, & qu'il était impatient de la revoir; la Frivolité, qui n'eft pas moins polie, lui réplique qu'il eft fa faifon favorite puifqu'il rappelle les ris & les jeux avec lui. Elle lui apprend enfuite qu'elle a pris les traits d'une jeune veuve de finance & réfide dans foa riche hôtel.

J'attire ici toute la France,
Dont je fuis la Divinité;

(1) La fcène eft à Paris, dans l'Hôtel d'une jeune veuve de finance.

légere, vive, gaie, étourdie & coquette, Je fixe les defirs de ce Peuple brillant. Les ris compofeut fculs le culte qu'il me rend,

Et mon autel eft ma toilette , Ou je reçois les vœux en minaudantj

Le Magiftrat que je délafTe, Vient me rendre le foir un hommage badin 3

Au Militaire il difpute la place

De mon premier Menin , Et le jeune Marquis qui tous deux les furpaffe,' Sur le beau fexe même, a le pas dans ma

Cour, Il taille mes Ponpons, il leur donne la grace ,' Et j'en fais ma Coïffeufe, ou ma Dame d'Atowr.

L'Hyver la quitte pour raflembler tous les plaifirs de fa fuite afin de mieux célébrer fon retour. M. Faufter, Suifle, vient le premier rendre hommage à la Frivolité.

F A U S T E R.

Madame, vous voyez un Socrate moderne.
Qui pour ne rien favoir étudia vingt ans,
Et qui honteux d'avoir perdu fon teins ,

De dépit eft parti de Berne,
Pour devenir en France un aimable ignorant.
Tout ce que j'ai, Madame, appris certain»-.
ment,

C'eft qu'ici bas tout eft frivole,

Que la réalité n'eft que l'amufement i
Et pour apprendre promprement

Ce joli favoir - là, je viens à votre école.'

La Frivolité lui répond qu'il prend le bon parti. Tout eft, dit-elle, fournis à mon éventail ; le face comme le fou eft au rang de mes fujets.

Le Suifle lui dit que pour l'imiter il compofe un roman qu'il vient lui dédier, & qu'il l'écrit en français, d'un ftyle fort léger. La Frivolité paraît furprife d'un honneur fi rare, Se lui demande le titre de l'ouvrage.

.C'eft, réplique-1-il j
Le Suiflc qui rêve ou la Philofophis
Réduite à rien par un homme d'efprit.

.- • * a * • £

Ce paradoxe vous étonne,
Et choque ouvertement le proverbe reçu.

La Frivolité lui avoue franchement que l'efprit n'eft pas une vertu dont on foupçonne ceux de fon pays.

Ceftde-là, reprend-il, ce que j'ai combattu dans la préface ; l'efprit comme le Soleil répand fa lumiere par-tout également, on le tranfplante, en commerçant.

Votre commerce, ajoute-t-il, & Vos ouvrages nous ont poli; & nous prenons des armes chez vous pour vous vaincre un jour. On parle votre idiome dans tous les pays.

Comme celui de Rome & de la Grèce ,'
A Copenhague on le profefle ,

Et jufqu'en Amérique il fait des beaux efprits.

La révolution n'eft pas Ci loin qu'on penfe,

Notre bon goût fe forme , & le vôtre com-
mence
A s'altérer dans vos écrits.

Le Savant parmi vous tombé dans le mépris, i
Tait dans le Nord fa réfidence ,
Et pour les Arts qu'il récompenfe »
Berlin déjà le difpute à Paris.

La FRIVOLITÉ.

NeVton plus que Dapré, nous paraît admi-
rable;
Et l'éledtricité nous frappe uniquement,
Ses invincibles coups, qui tiennent de la Fable,
Comme ceux de l'amour exercent à préfent
Un empire auffi fort qu'il eft inexpliquable ,

Nous l'employons univerfellement,
Et dans notre fureur, jufqu'au feu du ton-
nerre , ^
Nous ék&rifpns tout impitoyablement.

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