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tion de Thamas Kouli - Kan; qu'il étoit le seul qui eût échapé aux violences de cet usurpateur ; que devenu leur maître , il seroit leur appui ; que leur intérêt , autant que leur devoir , exigeoit d'eux une entreprise qui en donnant à la Perse un souverain légitime leur assureroit un protecteur puissant & généreux; & que s'ils le mettoient fur le trône de ses Ancêtres, la premiere des Loix, dont il donneroit l'exemple, seroit celle de la reconnoissance. Ces discours répétés souvent à ses amis , & par eux. répandus dans le Public , firent l'impression qu'il attendoit fur les esprits. II se forma un parti dans le Peuple., à qui l'esspoir du pillage donna bien-tôt des chefs. Par malheur pour CharoK-Schah, le brave Emir-Kan qui lavait tiré de fa prison étoit absenr ; il avoit été obligé d'aller au secours deHerat qui étoit assiégée par les Aghvans; ces étrangers redoutables qui avoient fi bien servi Thamas Kouli-Kan,avoient pénétré dans la Perse par le Candahar sous la conduite d'unChef habile, & fous lequel ils se flattoient de conquérir une seconde fois cet Empire. Cette derniere circonstance étoit savorable aux desseins ambitieux du perfide Mollaj & tout fembloit conspirer à le porter fur le trône. ]1 y monta, mais ce ne fut pas pour long-temps; il prit le nom de Cha-Soliman, & fit crever les yeux au Prince détrôné. Le fidele Emir-Kan instruit de l'attentât, revint en diligence chasser l'ufurpateur; la vengeance fut aussi prompte qu'elle étoit juste ; U se saisit du

coupable & de ses deux fils : otv leur arracha les yeux , & après d'autres tourmens, on les renferma tous trois dans une prison où la vie ne leur fut conservée que pour prolonger leurs supplices , dont le plus grand même étoit de vivre. Il fit visiter les yeux de CharoK-Schah par les plus habiles Médecins; ils assurerent que la fortune qui l'avoit si bien servi contre le poison qu'Adel Schah lui donna , l'avoit servi encore Contrela violence du rébelle, & qu'il verroit au moins d'un œil: Emir'Kan fit annoncer dans toutes les Provinces de l'Empîre le rétablissement du Roi légitime, & l'espérance de sa prochaine guérison. On fit de grandes réjouissances dans toutes les villes ; celle d'Ispaham signala son zèle : elle se flatoit. d'être bientôt tôt honorée de la présencç,j& da séjour de son Souveràim Elle n'eût pas cette consolation; les Médecins s'étoient trompés, le Prince ne recouvra point la vue. II renonça de luimême à la Couronne que le brave & généreux Emir-Kan refusa de porter après lui.

Au milieu de ces changemens, Ispaham étoit assez tranquille; Aboulfat-Kan, Chef d'une nation de Lores en étoit Gouverneur depuis la mort de Thamas; il s'entendoit bien avec le Mayar-Kan dont je vous 'ai déja parlé, & cette bonne intelligence çpntribuoit à entretenir la paix dont cette Capitale seulejouissoit.AliMerdon-Kana Chef d'une autre nation de Lores ennemie de la premiere, vint y prendre ses quartiers; c'est cemême Officier qui deuj; TomelX^ E

ans auparavant s'étoit séparé avec ses troupes de l'armée d'Adel-Schah dans les environs de Maschet. On craignit qu'il n'y fit quelques desordres , ôç on se préparoit à agir vivement contre lui. Mais sur la nouvelle que CharoR-Schah avpit nommé un de ses Généraux pour y commander, il prévint, par une retraite volontaire , celle à laquelle on auroitpu le contraindre. U ne perdit point l'espéran* ce d'y rentrer, & y entretint toujours de secretes intelligences,sur-toutavec le Mayar-Kan, dont la politique étoit de bien vivre avec tout le monde , d'attendre l'évenement, & de se déclarer pour le plus fort. . Aly Merdon-Kanqui vouloit toujours être à portée d'exécutre ses desseins, resta dans les çnyirons de la Capitale, ses

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