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plustraitable,ni les Catholiques plus tranquilles. Tandis qu'on les excluoit de fa présence , on leur tendit un piége. Les Chefs des Schifmariques sans doute de concert avec lui & avec les Vertabiets , vinrent trouver Messieurs Chérimans. Après de grandes démonstrations d'amitié: voulez-vous , leur dirent-ils, que nous vivions en paix & comme freres, conseillez aux Peres & obtenez d'eux qu'ils se retirent tous à Ispaham , seulement pendant le séjour du Patriarche à Julsa; le moment de son départ sera celui de leur retour. Cette déférence produira plus que toutes vos démarches.

L'avis étoit charitable , mais ceux qui le donnoient étoient connus. Messieurs Chérimans sentirent où. tendoient ces prétendues propositions de paix. Ils répondirent qu'une pareille commission ne leur convenoit point; & qu'il n'étoit pas en leur pouvoir de saire sortir les Peres de Julsa. Vous le pouvez, ajour terent les Arméniens , vous avez de l'autorité fur leur esprit, ils vous écouteront, saites leur envisager que leurs intérêts les plus chers dépendent de cette démarche , qui est après tout sans conséquence. Nous avons des Missionnaires, leur repartirent Messieurs ChérimariSj nous ne les chasserons pas; mais saites-leur vous-même la proposition. Cette réponse finit la négociation , & elle n'alla pas plus loin.

La résistance de Messieurs les Chérimans les déconcerta; ôS voyant que la ruse ne leur avoit pas réussi, ils résolurent d'em-; ployer la violence, & d'empor-ter de force ce qu'ils ne pouvoient avoir par adresse. Le fils du Roi s'éfoit avancé jusqu'à huit ou dix journées d'Ispaham y ils se persuaderent que ce tribu- * nal leur*seroit enfin favorable, & que pourvu que leur Requête fùt bien faite, on leur rendroir bonne justice. Us la dresserent cn effet, ils allerent de maison en maison, de boutique en boutique solliciter des signatures & généralement tous les Arméniens la signerent. Cette Requête , comme les précédentes , étoit pleine de calomniés contre les Peres & Messieurs Chérimans. On y faifoit furtout mention de l'assassinat du Prêtre qui revenoit de Maschet, & dont ils imputoient la mort aux Chérimans & aux Missionnaires : elle fut portée

par deux Vertabiers qui fous prétexte d'aller pour affaires de Religion dans une ville qui est à quatre journées d'Ispaham, allerent trouver le Prince. Ils lui présenterent leur Requête , & lui dirent en la présentant qu'ils étoient prêts à nous prouver en face le nouveau chef d'accusation qu'elle contencit. Le fils du Roi fut frappé de leur assurance; & comme les accusations étoient graves, il ordonna au Gouverneur d'Ispaham de faire conduire auprès de fa personne les Acculés. .

Les Vertabiets autorisés paj: cet ordre à faire marcher qui bon leur fembleroit, avoient obtenu un Moisil pour arrêter ôc escorter les Coupables. Cet Officier fait à peu-près les mêmes .fonctions que nos archers de Maréchaussée. Suivis de cet archer, ils revinrent triomphans à Julsa, &tout en arrivant ils le mirent en fonction. M. Arourion revenoit d'Ispaham, ils ordonnerent au Moifil de le conduire en prison au Monastère , & avec lui deux ou trois de ses parens , tous de la samille des Chérimans. Cette nouvelle se répandit bien-tót par toute la .ville, & y fit grand bruit.

Messieurs Leon & Parros, coururent à la prison, & ayant sçu les causes de la détention de leur frere ; s'il est coupable, dirent-ils, nous le sommes aussi. Ils ne voulurent point l'abandonner , & passerent la nuit àvec lui.

Le lendemain matin Dimanche des Rameaux, on vint apf eller le Pere Supérieur de la part de Messieurs Çhért

H y.

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