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ils furent obligés de passer unebonne partie: du jour à la porte du Palais, exposés au Soleil, ôc en spectacle à une troupe de de soldats qui montoienrla garde. Les Vertabiets profiroient . de çe délai pour se faire des pro* lecteurs par les préfens qu'ils répandoient à pleines mains. Messieurs Chérimans jugerent qu'il falloir défendre la bonne cause avec les mêmes armes» dont on'se servoit pour Tattaquer. Les Ministres du Prince connoissoient toute l'injustice des Vertabiets , & ils n'avoient aucun intérêt à satisfaire leur vengeance; mais ceux qui les servoient en avoient un grand à traîner laffaire en longueur, & ces délais val oient beaucoup; Enfin après bien des dépenses de part & d'autre, l'audiencefut p/omise j&tnaccordée;-. . í...;-ï.

Pendant que tout cela se pa£ soit à la Cour, nous étions à Julsa dans l'attente de ce grand évenement qui devoit décider du fort de la Religion dans le Royaume de Perse. Nos ennemis avoient grand foin d'ameuter contre nous la populace. Nous ne pouvions paroître dans? les rues sans entendre blasphémer contre notre sainte Foi. La conspiration étoit presque générale. Les ensans ne se contentoient pas de nous dire des injures , ils nous jettoient des pierres , & nous fûmes insultés plus d'une fois. Les Emissaires du Patriarche saifoient courir les bruits les plus désavantageux. On disoit tantôt que Monseigneur l'Evêque, que le Pere du Han & Monsieur Aroution avoient été conduits liés & garottés ; tantôt qu'on a voit fait mourir notre Supérieur, qu'on avoit coupé la tête au Prélat, le nez & les oreilles à Monsieur Aroution , & que le Catholique, Interprête de Monseigneur TEvêque, avoit été étranglé.

Nous étions bien persuadés que tous ces bruits étoient fans sondement, mais nous n'avions point de preuves contraires à opposer. Une avanture singuliere , que fit naître le hasard, augmenta nos allarmes , & confirma le Peuple dans les idées /qu'on lui avoit données. Le Patriarche , qui étoit encore ici, fut invité le jour de Quasimodo à un grand repas que donnoit un Arménien. II étoit huit heures & demie du soir q\iand il se retira , & à son arrivée on sonna toutes les cloches du monastere, pour lui faire honneur. Les Paroissiens du voisinage,qui entendant cetre sonnerie à une heure mdûë, crurent qu'il étoit venu quelques nouvelles , & qu'on vouloir l'annoncer au Peuple par ce carillon. Ils coururent à leurs Eglises, & battirent leurs planches. ( Pour bien entendre cette expression , il faut sçavoît que dans ce pays il n'y a de cloches que dans les monasteres , & que les Paroisses n'ont au lieu de cloches que des planches arrangées avec symmétrie, sur lesquelles on frappe en ea<dence avec des marteaux de bois. ) A ce bruit extraordinaire chacun fort en foule de fa maison pour sçavoir quelle est done la nouvelle qui vient d'arriver-. Personne ne répond, parce que tout le monde l'ignore. On va jusqu'au monastere: on en trouve les portes fermées: on ap^ prend seulement que quelques

Arméniens des plus distingués - viennent d'y entrer. Les soupçons augmentent, & rien n'est éclairci. On ne fut informé que le lendemain de la vérité du. fait.

L'émotion cessa; mais les Arméniens ne cesserent pas d'aller dans les maisons de leurs parercs catholiques pour leur persuader d'abandonner la Foi. ÌÏS n'y gagnerent rien , & c'est à cette occasion qu'un chef de famille, à qui Ton disoit que, .quand il n'y auroit plus de Peres & de Missionnaires, il seroit bien forcé d'aller à l'Eglise Arménienne , fit cette belle ré> ponse: « Je ne connois , dit-il, »qu'une Eglise, c'est l'Eglise »Romaine dans laquelle je fuis » né , & avec laquelle je fuis » uni de communion. S'il ne » reste plus 3 Julfa de Mission-

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