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état bien violent pour un esprit inquiet & ambitieux. Il alla en Valachie, où il trouva son ancien protecteur-, le Prince Sealtatogli, fils de Mauro Cordato, premier Interprête du Grand Seigneur. Il lui fit une peinture Vive & touchante de ses malheurs, surprit la compassion de ce Prince, & parvint jusqu'à s'en assurer la protection. Il le renvoya à Constantinople muni des recommandations les plus pressantes: là il recommença se manéges ; il demanda la révision de son procès : la protection du Prince fit admettre sa Requête ; le Grand Seigneur -lui donna même un Commandement par lequel anéantissant tout ce qui s'étoit sait contre lui , il le rérablissoit dans tous les droits de fòn Patrìarchat, soumettoit de nouveau

Alepà sa Jurisdiction, l'autorisoit à y nommer un Evêque , & à se saire rembourser de toutes les sommes qu'il n'avoit pas touchées pendant les sept années de son exil.

Le Patriarche rétabli se hâta de notifier cet Ordre du Grand Seigneur. Il vint à Tripoli & à Damas; & cette derniere ville fut choisie de préférence pour être le théatre de la persécution nouvelle qu'il méditoit. Il craignoit les habirans d'Alep ; & se contenta de leur envoyer son Commandement par son Chavich & par un Religieux sort Procureur. Cette démarche même quoique modérée, ne fut pas heureuse. On dressa un acte signé de plus de six cens personnes , où l'on repréfentoit au Grand Seigneur ce même Sylvestre qui l'avoit tron>

pé, comme un méchant homme, dont la puissance ne s'établissoit que fur les vexations les plus tyranniques, & les persécutions les plus odieuses; l'on y peignoit au contraire Maxime comme un homme sans passions , & dont le zele conduit par la douceur, n'avoit pour objet quelapaix, & avoit le talent de la maintenir. Ce contraste produisit enfin l'effet désiré.

Les Religieux François surtout, étoient les victimes de choix fur lesquelles Sylvestre aimoit à exercer sa fureur. Il fit défendre aux Catholiques fous peine de la vie , d'aller ou d'envoyer leurs enfans à l'Eglise ou à l'Ecole des Missionnaires. Il fit présenter par son Procureur, une Requête contre eux, au grand Juge; mais on n'y eut point d'égard. Il menaça de l'envoyer à Constantinople; on le craignit. Le Pere Seguiran Missionnaire Jésuite fut chargé d'écrire à M. le Mar

3uis de Villeneuve, Ambassaeur à la Porte, au nom de fous les autres Missionnaires ; il le fit; la Lettre fut accompagnée d'un Mémoire des habitans de Damas, qui contenoit cinq articles principaux;ils l'accu soient:

i°. D'avoir dit au Bacha que les Catholiques ne refusoient de communiquer avec lui, que parce que c'etoit le Grand Seigneur qui l'avoit sait Patriarche. C'est une imposture.

20. D'avoir défendu aux peres & meres, fous peine de la vie, d'envoyer leurs ensans à l'Ecole des Missionnaires, contre la coutume établie depuis Tome IX, L

quatre-vingt-dix ans.

3°. D'avoir suscité aux Missionnaires François des procès injustes, & de leur avoir causé des insultes sans nombre.

4°. D'avoir parlé en public contre íe nom François, & contre les Ministres du Roi..

5°. Devoir mis le trouble ôc le désordre dans Aleppar les Lettres qu'il avoir écrites au Bacha contre les Chrétiens & Jes Religieux François,

Ces griefs envoyés à Constantinople , y firent une grande impression, sur-tout fe quatrieme parut d'une conséquence digne de toute I'attention. On sçait combien le Roi de France est respecté à la Cour Ottomane; te, lia préférence éclatante que Von y donne à nos Ambassadeurs fur tous les autres. M, te Marquis de Ville-;

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