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cette chaîne de rochers qui défendent l'accès deKalat, vint camper à une demi - lieue de Cotchan le dix - neuf Juin. II sembloit qu'il eût qUelque pressentiment du malheur qui l'attendoit dans ce lieu. Depuis plufieurs jours il saisoit tenir dans son Haram un cheval tout sellé & tout bridé. Il essaya de fuir dans son Kalar. Ses Gardes le surprirent, lui représenterent les malheurs que sa fuite alloit occasionner , lui protesterent qu'ils étoient ses fideles serviteurs,qu'ils combattroient avec lui contre tous ses ennemis, & qu'aucun d'eux ne l'abandonneroit. Il se laissa persuader, & rentra.

Il s'appercevoit bien que depuis quelque rems il se tramoit quelques complots contre fa vie ; mais U n'en connoissoit pas les auteurs. De tous les Seigneurs de sa Cour, Mahomet Kouli-Kan son parent, & Sala-Kan étoient les plus mécontens & les plus animés. Le premier étoit chef de fes Gardes , le second Intendant de sa maison. Celui - ci lui saisoit moins d'ombrage, parce que sa charge ne lui donnoit. aucune autorité fur les troupes ; mais il craignoit l'autre , homme d'expédition f estimé pour sa valeur & en crédit parmi les Officiers. C'est fur lui que tomberent les soupçons ; il résolut de le prévenir.

Il avoit dans son camp un corps de quatre mille Aghvans: ces troupes étrangeres lui étoient entiérement dévouées, & ennemies des Persans. La nuit du dix - neuf au vingtieme de Juin, ilfitappellertous leurs chefs : Je fuis mécontent de mes de mes Gardes, leur dit-il, votre * attachement & votre courage me font connus. Je vous charge d'arrêter demain matin tous leurs Officiers } & de les mettre aux fers. N'épargnez la vie d'aucun de ceux qui oseront vous réjijìer; il s'agit de la sûreté de ma personne , & je ne confie qu'à vous le foin de mes jours. Charmés de cette nouvelle marque d'estime & de confiance , les chefs des Aghvans se retirerent, & firent mettre letirs.- soldats fous les armes.

L'ordre ne fut pas si secret qu'il ne transpirât : les Conjurés en furent instruits: Mahomet Kouli - Kan qui avoit partout des espions , fit avertir Sala-Kan ces deux chefs s'engagerent :mutuellement par uri écrit signé de leur main, à nc sè point abandonner , fie à faire périr cette nuitrlà même l'enne

mi commun qui avoit marqué le jour suivant pour celui de leur mort. Cet acte ne fut présenté qu'à soixante Officiers qui leur étoient le plus affidés. Ils leur firent entendre que cette vengeance les intéreffoit autant <juc ceux par qui elle étoit proposée; que les Aghvans avoient ordre de les arrêter tous le lendemain. Tous signerent l'écrit, & promirent de se trouver à l'heure marquée pourl'exécution; c'étoit celle du coucher de la Lune, environ la deuxieme après minuit.

L'impatience d'attendre, ou l'en vie de se signaler, attira au rendez-vous avant le temps quinze ou seize des conjurés. Ils entrerent dans ì'enceintedu pavillon royal, rompant & brisant tout çe qui s'opposoit à leur passage. Ils pénétrerent jusqu'au lieu où dormoit ce Prince infortuné ; le bruit qu'ils firent en entrant le réveilla: Qui est-ce, s'écria-t-il d'une voix effrayante ? Où est mon sabre? Qu'on rne donne mes armes. A ces mots les assassins furent épouvantés , & se retirerent. Mais à peine avoient-ils sait quelques pas que les deux chefs de la conjuration se présenterent , & les ayant rassurés , les forcerent à rentrer avec eux. Thamas n'étoit pas encore habillé; Mahomet Kouli - Kan courut le premier, & lui déchargea un grand coup de sabre qui le renversa; deux ou trois autres suivirent cetexemple.Ce malheureux Prince nageant dans son sang fit quelques efforts pour se relever, mais la force lui manqua : Pourquoi me tuezvous ì s'écria-t-il, /aijsez-moi la

vie

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