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T7r lemnité prés l'autel de saint Grégoire devant la porte

An. 1054. ,.r . , t> ,, r.

de 1 eglile. II avoit vécu cinquante ans, c etoit la vingt-sixième année depuis qu'il fut ordonné évêque de Toul : la sixième de son entrée dans le saint siège, M»rtyr,R \9. lifíc cmç^ ans ^cux mojs neuf jours j &c il vaqua

ensuite prés d'un an. L'église honore sa mémoire le jour de sa mort, & il se fit plusieurs miracles à son tombeau, outre ceux qu'il avoit faits de son vivant. II est fait mention de ses miracles dans la chronique de Herman qui mourut la même année 1054. II éroit fils du comte Volferad : & fut surnommé en latin Qontraclus, parce que dés l'enfance il eut tous les nirm,chr,ios+. membres retirés : mais il se distingua entre tous les hommes de fontems par fa science & fa vertu. VI- Cependant les légats arrivèrent heureusement à C.

Réponse à Mì- p. & furent reçus avec honneur par l'empereur ConfHumbm. p" tantin Monomaque. Pendant leur séjour le Cardinal t.A.r'C*^'11 Humbert, le premier des légats, composa une ample réponse à la lettre de Michel Cerularius & de Léon d'Acride contre les Latins: où il rapporte le texte de cetMt B1rtn.t0.v1 te lettrc divisée en plusieurs articles avec fa réponse sur t- chacun : ainsi c'est comme un dialogue entre le ConC

tantinopolitain qui objecte, & le Romain qui répond» En voici la substance.

Vous dites que c'est la charité & la compassion qui vous engagent 2 reprendre les Francs & le pape même de judaïfer en observant les azymes & le sabat: pourquoi donc négligez vous ceux dont vous êtes chargez, souffrant chez vous des Jacobites& d'autres hérétiques, leur parlant, mangeant avec eux l Ensuite il rapporte l'institution des azimes, citant les chapitres douze & treizième de l'Exode & le vingt-troisième du Lévitique : ce qui montre que la division des chapi- An. 1054. tres que nous suivons etoit deílors établie. Apres avoir raporté ces textes, il ajoûte: Pendant ces sept jours de la pâque nous mangeons du pain levé comme à Tordinaire; & ne les distinguons point à cet égard du reste des jours de Tannée. Il est vrai que nous les fêtons, mais vous les fêtez auíTi.

Quant au sabat, nous travaillons le samedy, comme les cinq jours precedens, & nous jeûnons comme le vendredy. C'est plutôt vous qui judaïsez , faisant bonne chere les samedis & ne jeûnant point ceux du carême hors un seul. Que s'il ne faut jeûner qu'un seul samedy de Tannée en mémoire de la sépulture de J. C. il faut donc aussi ne jeûner qu'un vendredy , en mémoire de sa passion, & ne célébrer qu'un dimanche en mémoire de sa résurrection. De tous tems les La* Uabia tins jeûnoient les samedis de carême & des quatre- /«•$.»• tems :1e reste de Tannée ils se contentoient les samedis de s'abstenir de la chair. Encore cette abstinence n'avoitellecommencé que Tan 10*3. selon Glaben. Humbert , ...

* ClaU hb. IV.

continué: (.f.

Vous dites que J. C. à la cene, prit du pain nommé en grec àms, &: vous insistes fur Tétymologie de ce nom, que vous tirés de ce que le pain est élevé & enflé par la fermentation : d'où vous conclués que Tazyme ou pain fans levain n'est pas proprement du pain. Nous répondons, que ce raisonnement est puéril & cette étymologie arbitraire; & nous rapportons pluíìeure passages de Técriture, même selon Tédition greque, ou le pain lans levain eit nomme artos 6 comme le pain levé : entre autres le pain que Tange apporta à Elie & les pains de proposition: puisque

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An. 1054. toute offrande devoit être sans levain. Ainsi àrtoî ert Srec comme kheme en hébreu signifie toute forte de Levit. n. pain. Humbert prouve ensuite que J. C. a institué l'eucharistie avec du pain sans levain, parce que les jours de la pâque étant commencés, il ne pouvoit selon la loi en avoir d'autres. Car il soutient avec la plupart des interprètes que J. C. célébra la pâque légale.

En répondant au mépris que les Grecs temoignoient des azimes , il dit : Nous ne mettons fur la table de J. C., que du pain tiré de la sacristie , dans laquelle les diacres avec les soudiacres ou les prêtres même revêtus d'habits sacrés l'ont paistri & préparé dans un fer, en chantant des pseaumes. Au contraire vous achetez vôtre pain levé du premier venu, íouvent dans les boutiques, aprés qu'il a été manié par des mains sales. Et quelle raison pouvez-vous donner dt ce que vous prenez avec une cuillier le pain sacré mis en miettes dans le calice? J. C. n'en usa pas ainsi : il bénit un pain entier, & l'aïant rompu le distribua par morceaux à ses disciples, comme l'église Romaine observe encore.

L'église de Jérusalem la première de toutes a gardé cette sainte institution. On n'y offre que des hosties entières, que l'on met fur les patènes : fans avoir comme les Grecs une lance de fer pour couper l'hostie, qui est mince & de fleur farine; & s'il reste quelque chose de la sainte eucharistie, on ne le brûle point & on nc le jette point dans une f'oíTe: mais on le ferre dans une boeste bien nette, &on en communie le peuple le lendemain. Car on y communie tous les jours, à cause du grand concours de pèlerins de toutes les provinces chrétiennes. Tel estl'ufage de Jérusalem & des églises qui en dépendent : quant aux Grecs qui y demeurent, ~— les uns suivent l'usage du pais, les autres le leur. Mais' d'enterrer l'eucharistie, comme on dit que font quelques-uns , ou la mettre dans une bouteille & la répandre : c'est une grande négligence, c'est n'avoir point la crainte de Dieu. L'église Romaine en use comme celle de Jérusalem: nous mettons fur l'autel des hosties minces faites de fleur de farine, saines & entières, & les ayant rompues aprés la consécration nous en cornmunions avec le peuple, ensuite nous prenons le sang tout pur dans le calice.

Comme les Grecs iníìstoient fur ce que les azimes appartiennent à l'ancienne loi, Humbert montre fort au long qu'elle étoit sainte, bien qu'imparfaite : puis il remarque qu'elle ordonnoit auflì des offrandes de pain levé : d'où il s'enfuit que l'on devroitausti rejetter f. ce pain comme appartenant à la loi Mosaïque. Il con- LxxùV.l'7. clut qu'il n'y a que la loi ceremoniale d'abolie.

Sur le reproche de manger du sang & des viandes suffoquées, Humbert demande aux Grecs,pourquoi fur ce point ils veulent observer l'ancienne loi, qu'ils méprisent tant sur les azimes. Ensuite il ajoûte : Ce n'est t-7*. pas que nous voulions soutenir contre vous l'usage du sang & des viandes suffoquées : nous les avons auííi en horreur suivant la tradition de nos pères; & nous imposons une rude pénitence à quiconque en mange hors un péril extrême de mourir de faim : car nous tenons pour loix apostoliques toutes les anciennes coutumes , qui ne font point contre la foi. Quant à VAÌleluiá ce n'est point* seulement à pâque que nous le chantons, mais tous les jours de Tannée excepté neuf semaines, où nous nous appliquons particulièrement

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à effacer les fautes du reste de Tannée.

N. 1054. . ^ reprochant aux Grecs plusieurs abus; dç

rebatiser les Latins, d'enterrer les restes de l'eucharistie, de permettre aux prêtres I'ufage du mariage, de refuser la communion ou le baptême aux femmes en péril pendant leurs couches, ou leurs incommoditez ordinaires, de ne point baptiser les enrans avant huit jours, au hasard de les cnvoïer au feu éternel : de condamner les moines qui portent des calleçons, ou qui mangent de la chair étant malades. Le cardinal Humbert composa en latin cette réponse qui fut traduite en grec & publiée par ordre de Tempereur Constantin, vu. Humbert répondit austi à un écrit composé contre les c£»PPecto«r!" latins par un moine de Stude, qui étoit en grande réputation chez les Grecs, nommé Nicetas & surnommé

P 70' Stethátos que lesLatinsavoient traduit parPectorat.Cec écrit contenoit les mêmes reproches que celui de Michel Ccrularius & fur les mêmes preuves : mais Nicetas ajoûtoit, que les Latins rompoient le jeûne en célébrant la messe tous les jours de carême, parce que la disant à l'heure de Tierce, suivant la règle, ils ne jeûnoient pas jusques à None : au lieu que les Grecs les jours de jeûne ne celcbroient que la messe des pré-fantifiez fans consacrer, & à l'heure de None, comme ils font encore. Nicetas foûtient ensuite les mariages des prêtres, attribuant le canon qui les autorise au sixième concile, oú il dit que présidoit le pape Agathon i & il se fonde par tout sur des pieces apocryphes

t 71*- comme les canons & les constitutions attribuées aux apôtres. Ce fut à C. P. que le cardinal Humbert lui répondit, & d'un stile encore plus aigre que celui de Nicetas. Il Iq reprend de ce qu'il cite des écrits apochry

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