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An io6i c ^tolt un brave homme, il fie alliance avec lui & le 'renvoïa. Gothefcalc alla trouver le roi Canut, passa avec lui en Angleterre, & y demeura long tems. II étoit rentré dans le sein de l'église, & le roi Canut lui donna sa fille en mariage.

Etant retourné d'Angleterre, il étoit irrité contre les Sclaves, qui l'avoient dépouillé des biens de son

Í>ere & obligé à se retirer en païs étranger: ainsi il eurfaisoitla guerre &écoit la terreur des païens. Mais * aprés qu'il fût rentré dans ses biens, il voulut faire des

conquêtes pour Dieu, & ramener fa nation au Christianisme, qu'elle avoit autrefois reçu & oublié depuis. Il venoit souvent à Hambourg accomplir des vœux. Son zele étoit grand pour la propagation de la foi, il avoit résolu de contraindre tous les païens à l'embrasser ; & il avoit déja converti le tiers de ceux, qui fous ,., son ayeul Mistivoi, étoient retombez dans le paganif

k '" me. Sous son règne tous les peuples des Sclaves appar

tenant à la province de Hambourg étoient Chrétiens, & on en comptoit jusques à sept, entre lesquels étoient les Ohodrites. Les provinces croient pleines d'églises, & les églises de prêtres, qui exerçoient librement leurs forgions. Le prince Gothefcalc oubliant fa dignité, paríoit íouvent lui même dans l'église, pour expliquer aií peuple plus clairement en Sclavon, ce quedifoient les évêques & les prêtres.

Le nombre étoit infini de ceux qui fc convertisloient tous les jours : on fondoit dans toutes les villes des convents de chanoines, de moines & de religieuses; & il y en avoit trois à Meclcbourg capitale des Obodrites. L'archcvêquc Adalbert, tavi de cet accroissement de l'église, envoïa au prince des évêques

& *

& des prêtres, pour fortifier dans la foi ces nouveaux An. 1065. Chrétiens. Il ordonna évêque à Aldinbourg le moine Eizon, à Meclebourg Jean Ecoflbis, à Ratzebourg Ariston venu de Jérusalem & d'autres ailleurs. De plus il invita Gothescalc à venir à Hambourg , où il l'exhorta fortement à conduire jusques à la fin fes travaux pour Jesus-Christ, lui promettant que la victoire l'accompagneroit par tout, & que quand même il souffiïroit quelque adversité pour une si bonne cause, il n'en feroit pas moins heureux. L'archevêque exhortoit de même le roi 4e Danemarc, qui venoit souvent Jc trouver sur la rivière d'Eider. Ce prince 1 ecoutoit avec attention & avec profit, excepté sur l'article des excés de bouche & des femmes, dont il ne se corrigea point. Enfin on auroit pû dés - lors convertir tous les t% tf. Sclaves, fans l'avarice des seigneurs Saxons gouverneurs de la frontière, qui ne fongeoient qu'à en tirer des tributs.

L'archevêque. Adalbert eut toûjours grand soin de t tf; Ces missions du Nord, même depuis qu'il se relâcha de l'application à ses autres devoirs, par l'accablexnent des affaires temporelles ausquelles il fc livra jusques à l'excés. Il étoit si affable & si libéral envers les étrangers, qu'ils accouroient à Brême de toutes parts; & cette ville, quoique petite, étoit comme Ja Rome du Nord. Il y venoit des députez d'Islande, de Grounlandes, desOrcades, demander à l'archevêque des missionaires, & il leur cn envoïoit. L'évêque des Danois étant mort, le roi Sucin divisa son diocèse en quatre, & l'archevêque mit un évêque en chacun. Il envoïa auflì des ouvriers en Suéde, cn Norvège £>C aux Ifles.

Tome XIU. Q,

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EN Italie, il y avoit une grande division entre l'évêque de Florence & les moines. L'évêque

T.

Schisme à Florence

t$*i 's*t*tï9\' nommé Pierre étoit de Pavie , fils de Theuzon Mezabarba homme noble, mais fort simple. Comme il vint voir l'évêque son fils, les Florentins lui demandèrent artificieufement : Seigneur Theuzon , avezvous donné beaucoup au roi pour acquérir à vôtre fils cette dignité? Par le corps de saint Syr, répondit-il, on n'obtiendroit pas un moulin chez le roi fans qu'il en coûte cher. Par saint Syr, j'ai donné pour cet évêché trois mille livres comme un fou. Saint Syr est compté pour le premier évêque de Pavie, & l'églife l'honore le neuvième de Décembre. Les moines opposez à l'évêque Pierre, avoient à leur tête íaint Jean Gualbert fondateur de la nouvelle congrégation de Vallombreufe, & son autorité entraînoit une grande partie du peuple & du clergé. Il soûtenoit, que l'évêque étant simoniaque, & par conséquent hérétique, il n'étoit pas permis de recevoir les facremens de fa main, ni de ceux qu'il avoit ordonnez. Pierre Damien étant à Florence tenta inutilement d'appaiser ce différend. Il n'approuvoit pas le sentiment des moines, & foutenoit qu'on ne devoit pas se séparer de l'évêque tant qu'il n'étoit pas juridiquement condamné.

Comme les Florentins interpretoient mal ses fen* tîmens, & l'accufoient de favoriser la simonie, il .QtMs,.xxx. jeur écrivit une grande lettre pour s'en justifier. D'àbord il proteste qu'il anathematife la simonie , com- ^N me la première de toutes les hérésies : mais, ajoûte- 'ïo6^' t-il, nous croïons fermement que toute la plénitude de la grâce appartient à 1 église: en. forte que les méchans, qui font dans son sein, peuvent conférer les facremens. II renvoie à ce qu'il en a écrit dans leli- opusc.\i. vre Gratiísimus; puis il continue": Qant à vôtre évê- zíx' que, quelques-uns croient qu'il a acheté fa dignité, d'autres assurent qu'il y est entré gratuitement. Et qui fuis - je pour me j^teer au milieu de deux partis si échauffez l'un contre l'autre, & pour charger un homme d'un tel crime avant qu'il en soit convaincu? Le concile que l'on tient tous les ans à Rome est proche j c'est là que doit s'adresser quiconque croit avoiunr juste sujet de plainte contre son évêque.

Je m'adresse maintenant à mes frères les moines, que je n'ignore pas être les auteurs de cette querelle. Ils disent que de tels évêques ne peuvent ni consacrer le saint chrême, ni dédier des églises, ni ordonner des clercs, ni célébrer la messe; & ils le soutiennent avec une telle impudence , qu'en trois paroisses ils ont obligé à baptiser les catecumenes fans onction du saint chrême. Cependant aucune hérésie , que je íache, n'a jamais eu la hardiesse de séparer le chrême du baptême. Que si on emprunte le chrême d'une autre église , comme fait un prêrre de leur parti, c'est un sacrilège & un adultère spirituel. Et ensuite parlant toujours des mêmes moines: On dit que plus de mille personnes trompées par leurs vains discours, font mortes fans recevoir le corps & le sang de Nôtre-Seigneur. Il y a plusieurs églises dans lesquelles ils ne veulent pas entrer, ni même les saluer, 7 les croïant consacrées par des évêques indignes.

N. 10É3. Celui qui avoit le plus d'autorité fur ces moines & fur Jean Gualbcrt lui-même, étoit un reclus nommé Thcuzon, qui passa cinquante ans enferme prés le

vit»jodH»ibt monastère de sainte Marie à Florence, d'où il donnoit des conseils salutaires à ceux qui le venoient trouver. Il avoit un grand zele contre la simonie, & ce fut par son conseil que J an Gualbert alla crier en place publique, que l'évêque éroit manifestement si-» moniaque , ne craignant point d'exposer ía vie pour l'utilité de l'église. L'évêque Pierre voïant une grande partie de son clergé & de son peuple animée contre lui, crut les intimider en faisant tuer les moines,' qui étoient les auteurs de la sédition. Pour cet effet il envoïa de nuit une multitude de gens à pied & à cheval, avec ordre de brûler le monastère de saint Salvì, & faire main-basse fur les moines. Ce monastère situé prés de Florence étoit fous la conduite de Jean Gualbert, & l'évêque croioit qu'on l'y trouveroit; mais il en étoit sorti la veille.

Les gens de l'évêque étant entrez dans l'église où les moines eclebroient les nocturnes, se jetterent sur eux l'épée à la main. L'un reçût un coup au front, qui entroit jusques au cerveau: un autre eut le nez abatu avec la mâchoire supérieure, qui lui tomba sut la barbe; d'autres reçurent des coups dans le corps. Ces meurtriers renversèrent les autels, pillèrent tout ce qu'ils trouvèrent, & mirent le feu aux logemens. Enfin trouvant le reste des moines, qui étoient encore dans l'église, sans se défendre, ni rompre autrement le silence, qu'en chantant les sept pseaumes avec les litanies , ils se contentèrent de les dépouiller. Mais

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