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Tout ceci est rapporté dans la decrctalc que le pape ^N JQç écrivit fur ce sujet adressée aux évêques, aux clercs & e^tJ8. aux juges d'Italie -3 où pour confirmer la différente manière de compter les degrez selon les loix & selon les canons, il rapporte l'autorité de saint Grégoire G nh XII dans fa lettre à saint augustin d'Angleterre. Et com- *»• «««rme quelques - uns vouloient se prévaloir de cette let- r>l i' tre, pour dire que saint Grégoire avoit permis les mariages au troisième ou au quatrième degré j le pape Alexandre cite la lettre à Félix de Meslìne, où il est marqué que c'est une indulgence pour les Anglois nouveaux Chrétiens: mais cette lettre est faussement attribuée à saint Grégoire. Au reste le pape Alexandre, tant dans cette lettre que dans une autre écrite fur ce sujet au clergé de Naples en particulier, em- n'<st.v> ploie les mêmes preuves que Pierre Damien avoit emploïées dans son traité: en forte qu'il paroît avoir été principalement consulté sur cette question. La décision du concile de Rome & la conclusion de la décretale est, que l'on doit compter les degrez de parenté suivant l'ancienne coutume de l'église, avec défense sous peine d'anathême de les compter autrement dans la célébration des mariages.

On nomma cette erreur touchant les mariages, l'heresie des incestueux, & pour la condamner lepape tint deux conciles la même année, que l'on croit être 1005. C'est Pierre Damien qui marque ces deux Of»/<:xii.c, conciles & le peu d'effet qui en suivit. A-t-on vû, *" dit-il, un seul homme, de tant de milliers ,. qui aie rompu cette conjonction abominable, ou qui ait cessé d'entrer dans l'église, pour ne se pas rendre plus criminel ì Quelqu'un s'est-il retiré de leur familiarité?

~~ Tous font donc compris fous ['excommunication du saint siège. En effet quiconque épouse une femme noble, belle , ou riche , principalement s'il en a des enfans, aime mieux renoncer à Dieu qu'à une mariage si avantageux. Au contraire, celui à qui fa femme est: à charge, fait une fausse généalogie, dont il cite pour témoins des morts, & fait casser son mariage fous prétexte de parenté. Ai>« Iës ex. ^e mépris des excommunications venoit de ce communica- qu'elles étoient trop fréquentes -y & c'est de quoi Pierre xib.tmfìfi.1%. Damien fe plaignoit ainsi dans une lettre au pape Alexandre: Presque dans toutes les decretales on prononce la peine d'anatheme, contre ceux qui y désobéiront; ce qui cause une perte infinie pour les ames, en donnant une occasion tres facile de tomber dans la mort éternelle, avant que l'on fe soit apperçû d'avoir comicis même une faute legere. Ainíi c'est tendre des pièges à ceux qui croient marcher en sûreté. Ce n'est pas comme dans les tribunaux séculiers; Ton y prive les coupables de la liberté , on confisque leun biens, ou on impose une amende: ici pour la moindre faute on est séparé de Dieu même. C'est traiter tous les péchez d'êgaux, commè les Stoïciens. Saint Grégoire & les anciens papes n'en ont pas usé ainsi, & ils n'ont guercs prononcé d'anatheme qu'en matière de foi. C'est pourquoi faites òter s'il vous plaît cette clause des décrétâtes, & mettez-y une amende pécuniaire , ou quelque autre peine contre les tranígrefseurs. Il est remarquable que Pierre Damien crue que le pape avoit droit d'imposer des peines pecuim*vr. niaires.

*vêq££"6 * í - Dans la même lettre il se plaint d'un autre abus;

c'est que les évêques pretendoient qu'il n'étoit point ^N g
permis à leurs inférieurs de les accuser. Quelle est,
dit - il cette arrogance & ce faste, qu'un évêque puisse
vivre bien ou mal à fa fantaisie , & qu'il ne puiííe
souffrir quefes inférieurs lui reprochent fes excez? vu
principalement qu'ils ne s'adressent pas aux tribunaux
séculiers, oú ces maux pourroient tourner en déri-
sion , mais aux tribunaux ecclésiastiques, où on y re-
médie avec la gravité épiscopale. II est raisonnable
que l'évêque attaqué rende raison de son innocence,
ou s'avoue humblement coupable. Saint Pierre ne ja-xi.f.
trouva point mauvais qu'on lui demandât pourquoi
il étoit entré chez le centenier Corneille, & rendit
humblement compte de fa conduite. ïl souffrit de mê-
me la réprimende que saint Paul lui fit en face. Que CaU
íî l'évêque qui pèche dans l'églife ne veut pas y être
jugé , qui voudra déformais íe soumettre aux loix de
l'églife > S'il n'est pas permis aux enfans de vôtre égli-
se d'ouvrir la bouche contre vous, ira-ton chercher
des témoins au dehors, qui n'aïant point vécu avec
vous ne savent point vos actions ? Qu'on bannisse donc
de l'églife cette pernicieuse coutume : qu'on donne ac-
cès aux justes plaintes, qu'une église oppriméepar son
éveque porte à son supérieur, afin que l'arrogance des
prélats soit reprimée par la crainte du jugement des
conciles.

Le christianisme avoit fait de grands progt és chez xvn.
les Sclavcs, qui habitoient au-de là de l'Elbe dans la iesMs"av«d,es
partie septentrionale de la Saxe: leur prince Gothef- m, IPw
cale en avoit converti une grande partie -, mais l'an c'su't. îà. ixr
1065. il fut tué par les païens qu'il vouloit encore n^7.Jun,tmr
convertir. Il souffrit le martyre le septième de Juin, xo-t*4**

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An 1061 ^ans ^a v*^e nomm^e a^ors Leontia & depuis Lcnzin ou Lents. Avec lui souffrit le prêtre Ippon, qui fut tué sur l'auteli & plusieurs autres tant laïques que clercs souffrirent divers supplices pour Jésus-Christ. Le moine Ansuer & plusieurs autres furent lapidez à Raciíbourgle quinzième de Juillet. Et comme Ansuer craignoit que le courage ne manquât à ses compagnons, il pria les païens de les lapider avant lui, & s'étant mis à genoux pria pour ses persécuteurs. chr.M.s.éf. On gardoit cependant à Meclebourg Jean évêque

MMiu.f4t.4 t. Ecoflois^ qUi étoit venu en Saxe huit ans auparavant en 1057. & y avoit été reçu humainement par l'archevêquc Adalbert. Ce prélat l'envoya peu aprés chez les Sclaves prés le prince Gothescalc; & dans le séjour qu'il y fit il baptisa plusieurs milliers de païens. L'évêque Jean , qui étoit un vénérable vieillard, fut premièrement frappé à coups de bâton, puis mené par dérision dans toutes les villes des Sclaves; & comme il demeuroit ferme à confesser Jésus-Christ, on lui coupa les pieds & les mains & enfin la tête. On jetta son corps dans la rue , les païens portèrent fa tête au bout d'une pique en signe de victoire, & l'immolerent â leur dieu Rédigeait. Cela se passa le dixième de Novembre à Rethre métropole des Sclaves.

La veuve du prince Cothescalc fille du roi de Danemarc, aïant été trouvée à Meclebourg avec d'autres femmes, fut long-tems batuë toute nue. Les païens ravagèrent par le fer & par le feu toute la province de Hambourg, ruinèrent la ville de fond en comble, & tronquèrent les croix en dérision du Sauveur. Ils détruisirent de même Slesvic ville trés-riche & tres-peuplée. On disoit que l'auteur de cette Xn îoTV persécution étoit Plusson, qui avoit épousé la sœur de Gothescalc, & qui étant retourné chez lui sut aufli tué. Enfin les Sclaves , par une conspiration gcnerale, retournèrent au paganisme, & tuèrent tous ceux qui demeurèrent Chrétiens. C'est la troifiéme apostasie de cette nation : car elle fut convertie à la foi premièrement par Charlemagnc, ensuite par Otton, la troisième fois par Gothescalc.

En Angleterre le bâtiment de l'églisc d'Ouest- t^^tW. minster étant achevé en 106$. le roi Edoiiard en remit dGiiatd. ía dédicace au jour des Innocens, pour la faire plus solemnellement, à l'occasion de la cour pleniere qu'il devoir renir selon la coutume aux fêtes de Noël. II vitA c. 9, »t, étoit persuadé que sa mort approchoit, suivant la ré- ^ velation que lui avoient rapportée deux pèlerins de la part de saint Jean l'évangeliste, auquel il avoit une singulière dévotion. La nuit même de Noël la fièvre t*i. i*A»gU le prit, mais il le dissimula & ne laissa pas de se met- s"***'10'{'i9%' tre à table au festin solemnel avec les évêques & les seigneurs. Le jour des Innocens étant venu, il fit faire la dédicace avec toute la magnificence poíïible, met- c*«««r.f.#* tant en cette eghle quantité de reliques qui lui ve- ( noient du roi Alfrede & de Charlemagne. Il fit auíli lire en cette solemnité une charte, où en conséquence des bulles des papes Léon & Nicolas, il confirme les biens & les privilèges de ce monastère, même , \'éxemption de la jurisdiction épiscopale > & cela da consentement des évêques & des seigneurs, y ajoutant le droit d'asile. Cette charte fut souscrite par le ioi,Ia reine son épouse, Stigand archevêque de Cantorberi , Eldrede archevêque d'Yorc & dix autres eve

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