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avoir écrit au pape , le priant d'exécuter, la résolution ^N io ^ qu'il avoit prise d'absoudre ce prélat, & lui represert- lum jte' g* tant qu'il n'étoit pas raiíonnabìe de laisser périr pour ». ♦«. ^ la faute d'un seul une si grande multitude deperson- #^^v nés rachetées par le sáng de Jésus Christ. Toutefois l'archevêque mourut le premier jour de Janvier 1070. fans avoir été absous; & quelque tems aprés le pape Alexandre envoïa Pierre Damien àRavenne, avec pouvoir de lever l'excommunication dont le peuple étoit encore chargé, jugeant que personne n'étoit plus propre à cette fonction que Pierre, tant pour l'autorité qu'il avoit par lui-même, que parce qu'il étoit enfant de cette église. Bien qu'il fût accablé de vieillesse, il accepta volontiers cette commiíhon : il fut reçu à Ravenne avec grande joie , & tous aïant humblement accepté la pénitence que leur faute meritoit, il leur donna l'abíolution.

Retournant à Rome la première journée, il logea à Faïence au monastère de Nôrre-Dame hors de la porte, où la fièvre le prit. Elle se fortifia de jour en jour; & vers la minuit du huitième, il fit reciter autour de son lit par les moines qui l'accompagnoient, les nocturnes & les matines de la chaire saint Pierre qui se rencontroit ce jour-là. Peu de tems aprés qu'iís eurent achevé il rendit l'efprit, le vingt-deuxième de Février 1071. U fut enterré avec un grand concours de peuple dans l'église du même monastère, qui depuis a passé à Tordre de Cisteaux j & il est honoré comme saint dans l'église de Faïence.

U pratiquoit le premier l'austeriré qu'il recommandoit aux autres, & ne s'en relâcha point dans fa vieillcílc. Quand il revenoit à son désert, il s'enferAn. 1071.

moit dans fa cellule comme en une prison , & jcûnoit tous les jours hors les fêtes, vivant de pain de son & d'eau gardée du jour précédent. Son corps étoit ferré de tous cotez de plusieurs liens de fer, & il ne Iaiíîoit pas de fe donner souvent la discipline. En chapitre aprés avoir fait l'exhortation , il fe levoit de son siège, difoit fes coulpes & fe faifoit donner la discipline des deux cotez suivant la coutume. Jean son disciple, qui a écrit fa vie, dit qu'il l'a vû pendant quarante jours n'avoir pris aucune nourriture qui eût passé par le feu, mais seulement des fruits & des herbes crues, fans boire. Il dit avoir oui dire aux autres, qu'il avoit une autrefois passé quarante jours fans autre nourriture qu'un peu de légumes trempées. Toutefois quand il fe fentoit trop affoibli, il ufoit de quelque relâchement pour fe rétablir, & confeilloit aux autres de faire de même. Au commencement des deux carêmes, devant Pâques & devant Noël, il passoit trois jours fans prendre aucune nourriture Il couchoit fur une nate de jonc, & ne s'appuïoit jamais pendant l'ofrìce divin. II travailloit des mains & faifoit de petits prefens de cuillères de bois de fa façon.

II nous reste de lui grand nombre d'écrits \ savoir , cent cinquante-huit lettres distribuées en huit livres , selon la qualité des personnes à qui elles font adressées. Soixante & quinze sermons, cinq vies des saints, savoir de saint Odilon de Clugni, de saint Maur évêque de Cefene, de saint Romuald, de saint RodolFc d'Eugubio & de saint Dominique le cuirassé en un Ktron.inMtr- même discours; de sainte LuciUe & de sainte Flore tJr. if.jni. vicrges & marcyrcs dont on he fait rien de certain.

'Nous

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Nous avons auíïi soixante opuscules de Pierre Da- A „ mien, qui sont les plus considérables de ses écrits ; & enfin quelques prières, quelques hymnes & d'autres ^lltm'u-^'h poésies. Ces écrits en gênerai respirent un grand zele pour la perfection des mœurs & la pureté de la discipline , & montrent une érudition fort étendue pour le

tems. Mais il y a peu de justesse dans les raisonne- „ _ ,

j 1* 1 J- r 1 r 1 V'°K'IM4.

mens : les preuves les plus ordinaires lont des lcns al

legoriquesde i'écriture, souvent forcez; ou des appa. ritionsdes morts & d'autres histoires plus merveilleu- Ji.0/"?'*TM4' ses que vrai-semblables. Son stile a de la force, quoique long & embarassé.

Outre les opuscules dont j'ai parlé, voici ceux qui Xliv.

■/ri 1 Lit f J l Cérémonie».

me paroulent les plus remarquables. Le traite des heures canoniales adressé à un seigneur laïque, à qui il ^'"í''?'^ prescrit de les dire tous les jours, comme étant un devoir de tous les Chrétiens. Il compte sept heures pour le jour: matines ou laudes, car c'est la même, prime , tierce , sexte, none , vêpres & complics ; & pour la nuit les vigiles ou nocturnes ausquels il marque que le peuple n'aflistoit point. Ou selon une autre division , quatre heures pour la nuit, íavoir vêpres , complies, les nocturnes & les matines ; & les quatre autres pour le jour. Il marque la différence de l'ofHce f.ii4>y. des moines &c de celui des clercs, telle que nous la voïons; & l'introduction nouvelle du symbole de saint Athanase à prime. Il recommande au seigneur t J4 à qui il écrit, de ne jamais manquer à ce devoir , même en marchant à cheval, ou en quelque occupatioïi que ce toit: ce qui marque bien qu il comptoit, que l'on devoit dire les prières à leurs heures. II ajoûte: Si vous ne savez pas lire, vous pourrez accomplir TomeXÌU. Ec

1.1.

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vôtre désir par la seule oraison dominicale, entendant sans doute qu'on la répete un grand nombre de fois. Il exhorte à dire aussi tous les jours les heures de la Vierge.

Quelques ermites doutoient, si disant l'office seuls ils dévoient demander la bénédiction pour les leçons, & dire avant les oraisons Domtnus njobifmm. Car,disoient-ils, à qui adressons-nous ces paroles? est-ce aux pierres ou aux planches de nôtre cellule ì Les autres craignoient de manquer à aucune observance de la XL tradition ecclésiastique. Saint Pierre Damien fit sur cette question un traite particulier adressé à un reclus nommé Léon, qu'il regardoit comme son maître dans la vie spirituelle. Là il décide que recitant l'office en particulier, on doit tout dire, comme si on le recitoit cn commun; parce, dit il, que celui qui dit l'office canonial parle au nom de toute l'église & la représente. Autrement il faudroit retrancher tout ce qui se dit en pluriel, comme Pinvitatoire: Venue exultemm & jusques à ì'oremus > ôc les docteurs de l'église n'ont point fait pour les particuliers un autre office que pour le public.

«"x. Il se plaint à l'archcvêque de Besançon de I'abus qu'il avoit vû dans son église, où les clercs étoient assis pour la plupart pendant l'office, & même pendant la messe. II soutient, que non seulement les clercs, mais les laïques & les femmes mêmes, doivent astìstcr debout à l'office, & ne s'asseoir que pendant les leçons des nocturnes, s'ils n'y font obligez par leur mauvaise santé. Et il dit cn avoir vû plusieurs > même des laïques, epi demeuroient toujours debout /ans aucun appui.

Dans un ouvrage adressé à ses ermites, il soutient ^N !c jeûne du samedi, qui de l'église Romaine, où il avoit toûjours été pratiqué , commençoit à s'étendre SÍjÏÏlix: à tout TOccident. Il dit en ce traité ces paroles re- B-1*-»-74, marquables : Nous devons prendre garde , mes chers frères, que cette vie si sainte ( il parle de leur observance y ne se relâche de nôtre tems; & diminuant peu <• 4» à peu, ne s'abolisse entièrement. Nous savons que d'une observance autrefois trés-rigoureuse , à peine en voïons-nous aujourd'hui de foiblcs restes; & comme nous ne rétablissons pointecquenos prédécesseurs ont obmis, ainsi nos successeurs ne répareront point les brèches de nôtre négligence , & nous serons coupables de la leur. Ils diront qu'ils ne font pas meilleurs que leurs pères, & qu'ils s'en font tenus à ce qu'ils ont trouvé étaoli. Délivrons nôtre tems de cc reproche , & transmettons sidellement à nos enfans l'cxemple _x , tv de vertu que nous avons reçue de nos pères. II cent encore à fes ermites, pour conserver les jeûnes de quelques vigiles que l'on negligeoit. La veille de Noël, ou, bien que l'on ne mangeât que le soir, quelques uns beuvoient du vin & mangeoient plusieurs mets cuits & préparez avec foin. Des ecclésiastiques mêmes en usoient ainsi, fous prétexte d'avoir plus de . force pour chanter l'ofrìcc. Il soutient que l'on doit jeûner la veille de l'Epiphanie, & ne dire la messe qu'à none, quoique l'ufage fût déja contraire. Parlant du samedi saint, il dit, qu'on le jeûnoit plus rigoureusement que les autres samedis: mais qu'en quelques lieux on se relâchoit de cette observance, en faveur des infirmes, ou de ceux qui venoient de loin 1 ecevoir le baptême. Il ajoûte, que le samedi saint il çst

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