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trc du pape Alexandre II. où il déclare, qu'un prê- ^n. 1071. tre qui étant malade a promis verbalement de se faire- AUx>lí,i6* moine, sans s'être livré à un monastère ov. à un abbé, n'a point perdu son bénéfice. Parce, dit, le pape, que saint Benoist & saint Grégoire ont défendu qu'on se fît moine avant une année de probation.

Dans un autre ouvrage Pierre Damien se plaint de Of>«/c.xxYi. l'ignorance des prêtres, qui étoit relie, qu'il s'en trouvoit qui savoient à peine lire deux syllabes de fuite. Comment peuvent ils, dit-il, prier pour le peuple, òc offrir à Dieu, selon l'apôtre, un service raisonnable, *n ** puisqu'ils .n'entendent pas ce qu'ils disent? Ainsi le peuple demeurant sans instruction, s'abandonne à toutes fortes de vices. Les prêtres mêmes vivent com- *■ me le peuple : ils plaident & se querellent comme les autres, ôc vont offrir le saint sacrifice pleins de leurs passions. Leur négligence pour le service du saint autel est si grande, que leurs calices font d'étain ou d'autre vil métail, crasseux & enroiiillez, ils enveloppent le corps de Nôtre-Seigneur dans un linge sale : les napes font usées & déchirées, les ornemens & les livres à proportion. Les hommes legers s'en moquent , les sages en gémissent. Lauteur rejette tous ces maux fur la négligence des évêques. C'est ce qui m*a paru de plus remarquable dans les écrits de saint Pierre Damien.

Adalbcrt archevêque de Brême avoit repris le pre- Findidlibcrc mier rang à la cour du roi Henri; & triomphant de Jr^fqu* de ses concurrens, qui l'avoicnt chassé quelques années Lúmt„i: *»;

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auparavant, il possedoit seul ce jeune prince, & regnoit presque avec lui, tant il avoit sû le gagner "'•" *J adroitement. Se sentant épuisé de vieillesse & de maToy,:î XIII. F f

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An 1071 "ac^e » ^ emploïa tout l'art des médecins à combattre long-tcms la mortj & mourut enfin vers la mi-carêKdam.ub.iv. me le vendredi seizième de Mars io-;z. Il avoit de *i>í.r'M» grandes qualitcz : beaucoup de zele pour l'accroissement de la religion , une libéralité fans bornes, une dévotion tendre, jusques à fondre en larmes en offrant le saint sacrifice: on tenoit qu'il avoit gardé la virginité. Mais ces vertus étoient obscurcies par son ambition , fa paílion de gouverner fous prétexte du bien de l'église & de l'état, fa dureté envers fes sujets, fa va: > nité & la créance qu'il donnoit à fes flateurs : car ces défauts déshonorèrent principalement la fin de fa vie. Il mourut à Goílar où étoit la cour, & fut rapporté à son église de Brême. Sus. ix». S7- H eut toujours un grand foin de fa mission du Nord, comme j'ai déja marqué, & y voïant un nombre fufjdam.uhiv. £fant d'évêques, il refolut de tenir pour la première fois un concile en Danemarc, parce qu'il en trouva la commodité, & qu'il y avoit pluíìeurs abus à corriger dans ces nouvelles églises. Les évêques vendoient l'ordination, les peuples ne vouloient point donner les dîmes, & s'abandonnoient aux excés débouche & aux femmes. II convoqua donc ce concile à Slefvic par l'autorité du pape dont il étoit légat, & avec lc secours du roi de Danemarc : mais les évêques d'ou$fifi. r- tre-mer fe firent long-tems attendre. On voit fur ce sujet une lettre du pape Alexandre II. à tous les évêques de Danemarc. f44« Adalbert ordonna en ce roïaume neuf évêques, à Slefvic, à Ripen, à Arhus, à Viborg, à Vendilaou. Venzuzel, à Fari, à Finnen, en Zeeland & en Schomen. En Suéde il en ordonna six, & deux en Norve> ge: on rapporte les noms de ces huit, fans marquer XìttotÎ" leurs sièges , apparemment parce qu'ils n'en avoient' point encore de fixes. Il en ordonna vingt en tout, dont il y en eut trois qui demeurèrent inutiles, ne cherchant que leurs intérêts. L'archevêque en avoit toujours quelques uns auprés de lui, quelquefois jusques à sept, & au moins trois de fes fuffragans ou d'autres j car il ne pouvoit être fans évêques. 11 traU toit avec grand honneur les légats du pape, & difoit cp'il ne réconnoissoit que deux maîtres, le pape & le roi. Le pape lui avoit accordé le privilège d'être son vicaire en ces quartiers-là, lui & fes successeurs, d'établir des évêchez par tout le Nord, même malgré les rois, dans tous les lieux oú il jugeroit à propos, & de choisir de fa chapelle ceux qu'il voudroit pour les ordonner évêques.

Le fucceíîeur d'Adalbcrt fut Liemar jeune homme w£55jJJJ? de grande espérance & trés-bien instruit de tous les Brem.f.99. arts libéraux. II étoit Bavarois, & venu d'officiers du roi Henri, qui lui donna l'archevêché de Brême à la Pentecôte de la même année 1071. II fut ordonné par fes fuffragans, reçut le pallium du pape Alexandre & tint le siège trente ans.

C'est à lui qu'Adam chanoine de Brême dédia son Xlvii. histoire ecclésiastique, qui comprend les origines des míhifhS* églises du Nord, & la fuite des évêques de Brême & sup.ia.xLir. de Hambourg, depuis l'entrée de saint Villehade en ^m**/»/« Saxe jusques à la mort de l'archevêque Adalbert, e-s-t- 40. pendant prés de trois cens ans. Adam vint à Brême lá vingtième année de ce prélat, qui étoit l'an 1067. & rechercha curieusement ces antiquitez dans ce qu'il trouva de mémoires écrits, dans les lettres des prin

- ~ 'ces & des papes, & dans la tradition viuante des an. 1071. c-ens cciui qUi l'instruifit lc plus de vive voix fut £í*.iv.f.;ií. Suein ou Suenon roi de Danemarc. II étoit zélé pour *•$4" la propagation de la foi, & enuoïa de ses clercs prêcher en Suéde, en Normandie, c'est-à-dire en Norvège , & dans les istes. Il étoit homme de lettres & libéral envers les étrangers. Adam étant venu à Brême , & aì'ant oui parler du mérite de ceprince, l'alla trouver & en fut trés-bien reçu; & ce fut de ses discours qu'il recueillit toute la partie de son histoire qui regarde les barbares. Ce roi lui nomma quelques saints qui avoient été martyrisez de son tems en Suéde & en Norvège. Un étranger nommé Hcric, qui prêchant chez les Suédois les plus reculez eut la tête tranchée. Un autre nommé Alfard, qui aprés avoir mené long-tems une sainte vie en Norvège, fut tué par ses propres amis. Il se faisoit beaucoup de miracles à leur tombeau. Cette histoire d'Adam de Brême paroît d'une grande sincérité Xlvih ^ ^a tcrrmnc Par unc description curieuse du DaEtat du Nord, nemarc, de la .Suéde, de la Norvège & des istes qui en dépendent, où il décrit ainsi l'idolâtrie des Suédois. Leur temple lc plus fameux est à Upsal. Il est tout revêtu d'or, & on y révère les statues de trois dieux: au milieu est le trône du plus puissant qu'ils nomment Thor, des deux côtez font les deux autres, Vodan & Friccon. Ils disent que Thor gouverne l'air le tonnerre, la foudre, les vents, les pluies, les faisons, les fruits. Ils lui donnent un septre, & c'est comme le Jupiter des anciens Romains. Vodan est lc dieu de la guerre, armé comme Mars. Friccon donne la paix & les plaisirs, & est représenté sous la figure infâme; dePriape. Ils adorent aussi des hommes, qu'ils croient Ah 10 être devenus dieux par leurs belles actions. Ils célèbrent ^l*" tous les neuf ans une fête solcmncllc, où tous font obligez d'envoïer leurs offrandes à Upfal: personne n'en est exempt: les Chrétiens même font contraints à fe racheter de cette superstition. En cette fête on immole neuf animaux mâles de toute efpecc, & on cn pend les corps dans un bois proche du temple, dont tous les arbres passent oour sacrez. Un Chrétien m'a dit y avoir vû jusques a soixante corps humains mêlez avec ceux des bêtes.

Adaluard , que Tarchevêque Adalbert avoit fait évêque de Sictone, aïant en peu de tems converti tous les habitans de cette ville & des environs, entreprit avec Eginon évêque de Scone en Danemarc d'aller à Upfal, & s'exposer à toutes sortes de tourmens, pour faire abatre ou plutôt brûler ce temple, qui est comme la capitale de l'idolâtrie du pais , espérant que sa ruine scroit suivie de la conversion de toute la nation. Le roi de Suéde Stenquil qui étoit trés-pieux , aïant appris ce dessein des deux évêques, les en détourna prudemment, les assurant qu'ils feroient aussi-tôt condamnez à mort, qu'on le chasseroit lui-même du roïaume, comme y aïant introduit des malfaictcurs; & que ceux qui étoient alors Chrétiens retourneroient au paganisme, comme il venoit d'arriver chez les Sclaves. Les deux évêques se rendirent à la remontrance du roi : mais ils parcoururent toutes les villes de Gothic, brisant les idoles & convertissant plusieurs milliers de païens. Smsr. de

Le roi de Danemarc, dont Adam avoit appris tant Danem«c de faits importans, étoit Suenon surnommé d'Estri- Grm

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