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l'esté précédent & faire du séjour à Capoué*, pour ^N diviser les princes Normans& s'opposer à leur progrès. Lib * 3j J On régla ausii en ce concile plusieurs affaires par- »í S**5».$4 5í« ticulieres de France. On y lut entre autres des lettres *6'74' de Guillaume évêque de Beauvais, par lesquelles il prioit le pape d'absoudre son clergé & son peuple de ï'excommunication qu'ils avoient encourue, pour les mauvais traitemens qu'ils lui avoient faits: ce qui lui fut accordé. Il s'y trouva des évêques d'Espagne, qui suivant l'ordonnance du concile, promirent par écrit de recevoir l'office Romain au lieu de celui de Tolède , c'est à-dire du Mosarabique. On confirma auíîì I'excommunication prononcée l'année précédente par les légats Giraud évêque d'Ostie & Raimbaud contre Munion! simoniaque , qui avoit usurpé le siège d'Huesca sur Simcon évêque légitime: comme il paroît par la lettre du pape à Alfonse roi de Castille, & à Sanche roi d'Arragon, en datte du dixième de Mars **•581074. Ori reçut en ce concile des lettres de Geisa duc de Hongrie, à qui le pape promit son amitié & sa protection , lui indiquant le marquis Azon comme celui qu'il cherissoit le plus entre les princes d'Italie, afin que Geisa s'adressât à lui, quand il auroit quelque affaire à poursuivre devant le saint siège.

On trouve auíli quelques lettres du pape écrites x. en ce même tems touchant 1*évêché d'OImuts en ^&m°u Moravie; & cette affaire mérite d'être expliquée. *t /»• Severe eveque de Prague , a la prière de Vratiílas f.í9. depuis duc de Bohême, consentit à la distraction de Uni'*n-?olml'évêché d'OImuts, qui depuis quatre-vingt dix ans • étoit uni à celui de Prague , & on y mit un évêque particulier nommé Jean. Vratiflas devint duc de BoTome XUL Ll

hcme, & l'évêque Severe mourut. Le duc avoit trois frères Conrad, Otton & Jaromir. Conrad & Otton aïant appris la mort de l'évêque firent venir en diligence Jaromir , qui écoit en Pologne & pur laïque. Si-tôt qu'il fut arrivé, ils lui rirent raser la barbe & faire la tonsure; & l'aiant revêtu d'un habit clérical, Ic présentèrent au duc leur frère, le priant de lui donner l'évêché de Prague. Le duc Vratiflas , qui connoifïòit l'incapacité de son frère Jaromir & son éloignement de la vie eccleíìastique , ne pouvoit consentir à le voir évêque; sur tout à la place d'un prélat comme Severe, qui avoit été tres-instruit & tres zélé pour la discipline de l'églife. Ainsi il nomma pour évêque de Prague Lanes noble Saxon, quUavoit été son chapelain , & qu'il avoit fait prévôt dè Litomeric en Bohême pour fa doctrine & fes bonnes moeurs. Mais les seigneurs de Bohême excitez par les deux frères Conrad & Otton, s'y opposèrent, principalement en haine des Allcmans; & le duc fut contraint de consentira l'élection de Jaromir. Ilfalloit auíïi qu'elle fut confirmée par Henri roi d'Allemagne; & pour cet effet Jaromir vint le trouver à Maïencc, où il fut ordonné par l'archevêque son métropolitain, qui lui changea son nom, lui donnant celui de Gérard. Car les noms Sclavons paroissoient barbares aux Allcmans.

Jaromir se voï'ant en poíseíïìon de l'évêché de 'Prague , ne put souffrir qu'on en eut diminué le revenu par la desunion de celui d'Omults j & prétendit que Severe n'avoit pas eu le pouvoir de faire ce préjudice à ses successeurs. Le duc Vratiflas, qui avoit procuré cette desunion, la vouloir soutenir, & prenoit le parti de Jean évêque d'Olmuts. Jaromir en vint à la ÂïTïo" violence, & fit maltraiter de coups l'évêque Jean, qui appuie du duc, envoïa à Rome un prêtre porter ses plaintes au pape Alexandre 11. mais Jaromir sit prendre en chemin ce député: on lui ôta ses lettres & son argent, & on le chargea de coups. Le duc Vratistas envoïa d'autres députez mieux accompagnez, qui étant arrivez à Rome, le pape Alexandre informé de ce qui s'étoit passé, envoïa à Prague le cardinal Rodolfe, pour prendre connoissance de l'affaire.

Le cardinal cita l'évêque Jaromir , qui n'aïant point comparu aprés trois citations, il l'interdit de ses fonctions. Les prêtres qui étoientdu parti de Jaromir , firent fermer les églises & cesser les messes, déclarant qu'ils ne leveroient point cet interdit que la censure portée contre lui ne fut levée. Le cardinal irrité les excommunia tous; & fit enfin promettre à Jaromir de venir à Rome se présenter au pape. Mais il y fut condamné & confiné dans un monastère. > Toutefois il fut depuis rétabli à la prière de la comtesse Matildc, dont il étoit parent, à la charge que l'évêché d Olmuts demeureroit séparé. C'est ceque disent les historiens de Bohême & de Pologne : mais voici ce qui paroît par les lettres de Grégoire VII.

Dés le commencement de son pontificat, il envoïa deux légats en Bohême Bernard & Grégoire, qui furent tres-bien reçus par le duc Vratistas; mais l'évêque Jaromir ne voulut point se soumettre à eux, & ils prononcèrent une suspense contre lui. Le pape menace de la confirmer dans fa lettre au duc , dattée ïl'st.'H' du huitième de Juillet 1073. & par une autre du mois

'de Décembre suivant, il promet de juger l'affaire, 'que ses légats n'avoient pû terminer fur les lieux , confirmant par provision ce qu'ils avoient ordonne. Dans la même lettre il dit que le pape Alexandre avoit envoïé au duc Vratiílas la mitre qu'il lui avoir demandée: ce qu'on n'avoit pas accoutumé d'accorder à un laïque.

44. As- Toutefois à la fin de Janvier 1074. le pape se relâcha & rendit à Jaiomir tout ce que ses légats lui avoient interdit, hormis les fonctions épiscopales: c'est-à-dire, la jouissance des dîmes & des autres revenus de l'évêché de Prague, afin qu'il n'eût plus de prétexte pour différer íbn voïage de Rome. Le pape lui ordonna de s'y rendre au dimanche des Rameaux , lui deffendant de toucher aux biens de l'évêché d'Olmuts, & ordonnant à l'évêque Jean de se trouver à Rome en même tems. Cependant Sigefroi archevêque de Maïencc prétendit, comme métropolitain, prendre connoissance du différend entre les deux évêques de Prague & d'Olmuts. Mais le pape le lui défendit, attendu qu'il ne s'étoit point mis en peine d'abord de faire justice au dernier, qui avoit été si maltraité ; & que la cause étoit dévolue au saint siège par plusieurs plaintes de cet évêque. Le pape lui deffend même de penser que lui ou aucun autre en puisse connoître, ni de s'élever contre l'église Romaine, sans la grâce de laquelle, ajoûte-t'il, vous ne pourriez pas même garder vôtre place.

Jaromir évêque de Prague vint enfin à Rome, &c se purgea en partie des reproches faits contre lui, car il nia qu'il eut frappé lui-même l'évêque d'Olmuts, & qu'il eût fait raser la barbe & les cheveux à ses servitcurs: ainsi lc pape le rétablit dans ses fonctions & dans An~Îo tous ses droits, remettant le jugement définitif de l'affaire au prochain concile, à cause de l'absence de l'évêque d'Olmuts, à qui cependant il donna la provision des terres contestées entre eux. C'est ce qui paroîtparune lettre du seizième d'Avril 1074. Mais par ub.u.tt.6.7. trois autres du vingt-deuxième de Septembre suivant, *" lc pape se plaint que l'évêque de Prague lui avoit manqué de parole sur ce sujet, & qu'il ne gardoit pas la paix avec lè duc son frère. Il remercie ce prince de cent marcs d'argent qu'il avoit envoïez à Rome à titre de cens pour saint Pierre. «>■

En Allemagne le roi Henri célébra à Bamberg la Leg/ioo <« fête de Pâque, qui cette année 1074; étoit le vinetié- AUemagne.

f à. -T *" r • -1 11 v 1 b Lambtrt.au.

me d Avril. Enluitc y alla a Nuremberg au-devant 1074.p-no. des légats du pape, qui venoient avec l'impcratrice rii*tAgnès fa mere. C'étoit les évêques d'Ostic, de Pales- v-M* trine, de Coire & de Corne, envoïez pour appaiser les troubles du roïaume, & reconcilier le roi à l'église. Car il avoit été accusé à Rome & excommunié, pour avoir vendu les dignitez ecclésiastiques : c'est pourquoi les légats ne voulurent point lui parler, quoiqu'on les en eût priez plusieurs fois, jusques à ce qu'il se fût soumis à la pénitence, suivant les loix de l'cglise, & qu'il eût reçû d'eux l'absolution.

Les légats demandèrent de la part du pape, la liberté de tenir un concile en Allemagne: mais tous les evêques s'y opposèrent fortement, prétendant que c'étoit une chose sans exemple & contraire à leurs droits -, & ils déclarèrent qu'ils n'accorderoient jamais la prérogative de se laisser présider en concile qu'au pape en personne. En effet le droit commun étoit que

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