페이지 이미지
PDF
ePub

I

d'y venir avec vos suffragans, savoir Octon de Cons- Aîf.1074 tance, Garnier de Strasbourg, Henri de Spire, Hérman de Bamberg, Imbric d'Auíbourg, Adalbert de Viríbourg. Que si vous ne pouvez venir, vous nous envoïerez des députez sufhsans. Au reste ne cédez ni aux prières, ni à la faveur, pour ne pas vous informer tres- exactement de l'entrée des évêques dans Ycpifeopat & de leur conduite, & nous en instruire par vos députez. Et ne vous étonnez pas que nous en punissions un plus grand nombre de vôtre province que des autres : elle est plus grande, & il y a quelques évêques dont la réputation n'est pas louable.

II écrivit plus fortement à Licmar archevêque de ep,t>' Brême. Il l'accusa d'ingratitude & d'avoir trompe la confiance qu'il avoit en lui, comme devant être un ferme défenseur de l'église Romaine. Au contraire, dit-il, vous vous êtes opposé à nos légats Albert de Preneste & Giraud d'Ostie, vous avez empêché que l'on ne tint un concile; & n'êtes point venu à Rome au jour où ils vous avoient cité, c'est-à dire à la saint André. Nous vous ordonnons donc de venir au prochain concile, & cependant nous vous suspendons de toute fonction épiscopale. Ces deux lettres sont du quatrième de Décembre 1074.

Le pape écrivit du même stile à Otton évêque de Constance. Aprés avoir fait, dit - il, un décret contre la simonie & contre l'incontinence des clercs, nous lavons envoie à l'archevêque de Maïence, qui a un J£c£n''m grand nombre de suffragans & fort dispersez; afin du f-110qu'il le proposât pour être inviolablement observé. Par la même raison de la grande étendue de vôtre diocèse, nous vous avons adressé ce décret par des let

An. 1O74 tres Particulieres- Le pape prouve ensuite, que les

clercs font obligez à la continence, insistant principale »f.*.*i.çx. Iement fur l'autorité de saint Léon & de saint Gregoi»i?u!eAn*st. rcJ 4lu défendent le mariage même aux foudiacres. sy. u-j.xxvi. puis [\ ajoûte: Nous avons apris, que contre ce de

Cng.uv. 1 r» crct vous avez pcrmls aux clercs qui font dans les Of4*m.^.4». dres sacrez, de garder leurs concubines, ou d'en pren}«. are s ils n en ont pas encore. C elt pourquoi nous vous

ordonnons de vous présenter au concile, que nous tiendrons la première semaine de Carême. Il écrivit en même tems au clergé & au peuple de Constance, pour leur défendre de plus rendre aucune obéissance à leur évêque, s'il persistoit dans son opiniâtreté & fa désobéissance au saint siège.

II écrivit de même en gênerai à tous les clercs & les laïques d'Allemagne, de ne plus reconnoître les évêques, qui promettoient à leur clergé d'avoir des tib. n. tf. 4s. concubines ; & en particulier à Rodolfc duc de Suabe, & à Berthold duc de Carinthie. Etant persuadé du zele de ces deux seigneurs pour l'églifc, il leur repre^ fente, que les évêques ne cherchent que la gloire & les plaisirs du siécle, & entraînent le peuple dans le pèche, par leur mauvais exemple. Et ils ne pèchent pas, ajoûte-t-il, par ignorance, mais par obstination. Ils savent que ceux qui font entrez dans les ordres par simonie , n'en doivent exercer aucune fonction; & que ceux qui vivent dans l'incóntinencc nc doivent ni célébrer la messe_, ni servir à l'autel.. Et bien que depuis le tems du pape Léon, c'est Léon IX. Téglife Romaine les ait souvent avertis dans les conciles par fes légats & par fes lettres, d'observer ces anciennes règles ; ils. demeurent encore delobéïssans, excepté un

trcs- petit nombre : fans se mettre en peine d'arrêter T

ru de punir cette deteitable coutume. '7

Puis donc qu'ils méprisent les ordres du saint íìege , nous sommes obligez d'emploïer contre eux toutes sortes d'autres moïens. Car il nous paroît beaucoup meilleur de ramener la justice de Dieu, même par de nouvelles voies, que de laiflcr périr les ames avec les loix. .C'est pourquoi nous nous adressons maintenant à vous & à tous ceux en qui nous avons confiance , comme nous étant ridelles & dévouez: vous priant 5c vous admonestant par l'autorité apostolique, que quoique puissent dire les évêques, vous ne receviez point l'omce de ceux que vous saurez avoir été promus par íìmonie ou vivre dans l'incontinence •> & que vous les empêchiez , autant qu'il vous fera poíïible, de servir aux saints mystères, tantàla cour que dans les dictes du roïaume & dans les autres lieux: usant pour cet effet de persuasion & même de force, s'il est besoin. Que si quelques-uns en murmurent comme si vous excédiez vôtre pouvoir: répondez leur que c'est par nôtre ordre &: les renvoïez en disputer avec nous. Cette lettre est de l'onziéme de Janvier 1075. & ce qu'elle a de pl«s remarquable, c'est que le pape reconnoît la nouveauté de ce moïen , de faire observer les canons, par la force du bras séculier: mais il Je croioit nécessaire en ces tems malheureux.

Dés le septième de Décembre 1074. il avoit écrie deux lettres au roi Henri. Dans la première il le loiie du bon acueil qu'il a fait à ses légats, & de la ferme résolution qu'il a témoignée d'extirper de son roïaume la simonie & l'incontinence des clercs. Nous avons senti une grande joie, ajoûte-t il, de ce que la com

Avt » , tcssc Béatrix & sa fille Mathilde nous ont écrit de vôtre sincère amitié; & c cít par leur conleil & par la persuasion de l'imperatrice vôtre mere que nous vous écrivons cette lettre. C'est pourquoi nous faisons mémoire de vous à la messe fur les corps des apôtres $ priant Dieu de vous affermir dans ces bonnes resolutions. II l'exhorte ensuite à prendre conseil des personnes désintéressées & qui ne cherchent que son salut. Enfin il le prie de faire venir au concile de Rome les évêques de la province de Maïence, qu'il y avoit appeliez.

xiv. L'autre lettre du même jour septième de Décembre, croiSdV. ' * est sur un sujet diffèrent, & semble écrite pour être rendue" publique. Le pape y témoigne une grande *W'V* affection pour l'empereur: & le prie de ne point écouter ceux qui veulent semer de la division entre v eux. Puis il ajoure: Je vous donne avis, que les Chrétiens d'outre-mer , persécutez par les païens & pressez de la misère qui les accable : ont envoie me prier humblement de les secourir de la manière que je pourrois, & d'empêcher que de nôtre tems la religion Chrétienne ne périsse chez eux entièrement. J'en fuis pénétré de douleur; jusques à désirer la mort, & exposer ma vie pour eux plutôt que de commander à toute la terre, en négligeant de les secourir. C'est pourquoi j'ai travaillé à y exciter tous les Chrétiens, & à leur persuader de donner leur vie pour leurs frères, en défendant la loi de Jésus Christ, & montrer par cette preuve éclatante la noblesse des enfans de Dieu.

Les Italiens & les Ultramonrains inspirez de Dieu je n'en doute point, ont reçu de bon cœur cette exhor

1

1 tation; & il y en a déja plus de cinquante mille, qui ^N l0_4 se préparent à cette expédition, s'ils peuvent m'y avoir pour chef: résolus de marcher à main armée contre les ennemis de Dieu, & d'aller jusques au sépulcre de Nôtre Seigneur. Cc qui m'excite encore puissamment à cette entreprise , c'est que l'cglise de C. P. divisée d'avec nous au sujet du saint Esprit, demande à se réunir au saint íìegc. Presque tous les Arméniens sont écartez de la foi catholique, & presque tous les Orientaux attendent que la foi de saint Pierre décidé entre leurs diverses opinions. Et parce que nos percs, dont nous desirons suivre les traces , ont souvent passe en ces pais-là, pour confirmer la foi : nous sommes auíli obligez d'y passer, si Dieu nous en ouvre le chemin. Mais comme un si grand dessein a besoin d'un sage conseil & d'un puissant secours : je vous demande l'un & l'autre. Car si je fais ce voïage, je vçus laisse aprés Dieu l'église Romaine, pour la défendre comme vôtre sainte mere. Faites moi savoir au plutôt vôtre resolution sur ce sujet. Voilà le projet de la croisade, qui ne s'exécuta que vingt ans aprés.

Dés Tannée précédente, le pape Grégoire, au commencement de son pontificat, avoit reçu une lettre de lempereur Michel, par deux moines nommez Thomas & Nicolas, portant créance fur ce qu'ilsdiroient au pape de vive voix. C'étoit de grandes choses & apparemment la proposition de la guerre contre les ìnfìdelles. C'est pourquoi le pape croïant nc devoir confier fa réponse qu'à une personne plus considérable; envoïaàC. P. Dominique patriarche de Venise, qu'U dit être trcs-fidelle à lempereur Grec, pour sia*

« 이전계속 »