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"7 lies, pour s'unir à chacun des sidelles en particulier.

An. 107 5. _. 'r ,. ,., r ,

Nous pouvons encore dire, quil y en a autant dans

*'" la moindre particule que dans l'hostie toute entière: ensorte que chaque particule séparée est tout le corps de Jésus Christ. Il se donne touc entier à chacun des sidelles, un & plusieurs le reçoivent également, & quand on celebreroit mille messes à la fois, c'est un, íeul corps de Jesus-Christ indivisible. Ce n'est que par les sens qu'une particule paroît moindre que l'hostie entière , mais les sens nous trompent souvent. Au reste il n'est pas merveilleux, que nous ne puissions comprendre letat du corps glorieux de Jesus-Christ , puisque nous ne pouvons comprendre Tétât du corps glorieux du moindre des hommes.

On prétend encore montrer rimpoísibilité de cc changement, en ce que ce qui est changé substantiellement est changé en quelque chose qui n'existoit pas auparavant : or le corps de Jésus- Christ existoit avant que le pain fut changé. Nous ne nions pas , répond Guimond , que nous n'aïons peine en cette vie a entendre ce changement: mais nous n'avons pas peine à le croire. Nous croïons la providence & le libre arbitre, quoique nôtre raison ait peine à les accorder^ &r quantité d'autres veritez également certaines & incompréhensibles. Il n'est question que de íàvoir si Dieu a voulu faire ce changement.

nh », "Perenger disoit: La chair de Jésus - Christ est incorruptible , & le sacrement de l'autel se peut corrompre , si on le garde longrtems, Ici Guímondi semble nier le fait, & dire, que le corps de Jesus-^ Christ ne paroît íe corrompre que pour punir les pe* chez des hommes, comme leur incrédulité ou leur

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négligence. Et en effet ce n est point son corps qui se ^n. 1075 corrompt mais les aparences sensibles: comme il dit ensuite expressément. Berenger. Quand le corps de f 34r, D. Jésus - Christ seroit aussi grand que la plus haute montagne, il íeroit consumé depuis qu'on le mange. Guimond. Cela seroit bon, si nous concevions qu'il fût mis en pieces & mangé par parties : mais nous avons montré que c'est comme la voix d'un seul homme, que chacun des auditeurs entend toute entière.

Berenger. Saint Augustin dans le livre de la doc- >• 544-8. trine chrétienne , dit que le lacrement de 1 autel eít un 9. signe: qu'il faut révérer : non par une servitude charnelle , mais avec une liberté spirituelle. Et ensuite, que quand 1 écriture semble commander un crime, ^ c'est une locution figurée. Comme en ces paroles: Si vous ne mangez la chair du fils de Thommc Guimond. Saint Augustin dit en cet endroit, que la célébration du corps de nôtre Seigneur est un signe: parce qu'en cette action nous ne le faisons pas mourir de nouveau, nous faisons seulement la mémoire de sa mort: & cequ'il dit de la servitude charnelle , regarde les Juifs & les signes de l'ancienne loi. Quant au crime que Jesus-Christ semble ordonner, en com- **g i*-ts9*-& mandant de manger.fa chair: saint Augustin s'expli- W'17' que nettement ailleurs, en montrant que ce crime n'e'toitque dans l'imagination grossière des Capharnaïtes -, qui croioient qu'il faudroit mettre son corps cn pieces pour le manger , comme la chair des animaux; & c'est en ce sens qu'il est dit, que la chair ne profite de rien. Au reste nous ne craignons point de dire, que l'cucharistie est un signe & une figure. Jesus-Christ lui-même est nommé signe dans 1 ecri- f. ,4y.

An. 1075 turc' ^ ^a ^nare n exclut pas la réalité. Les autres re~ suf.uv Lxi.o.ix. poníes aux objections de Berenger íont à peu prés les mêmes que celles de Lanfranc que j ai raportées.

Il emploie aussi les rriêmes preuves > pour montrer que nous recevons le vrai corps de Jefus-Christ en fa substance. Premièrement l'autorité de Icgliíe catholique, puis en particulier celle de saint Augustin , qui sur le píèaume trente-troisìéme dit, que JeÍus-Christ se portoit en ses mains. Celle de íaint Am> Grtth«m iíin kroife de {amt Léon . de saint Cirille d'Alexandrie . n.Uft,Tthit de saint Grégoire, de íàint Hilaire. Il rapporte quelques miracles à l occaíion desquels il remarque, que Berenger nioit, contre la foi de l'évangile, que Jeíus» Christ fût entré chez ses disciples les portes fermées.

Guimond combat ensuite ceux qui íoûtenoient l'impanation : c'est à dire, que le pain & le vin demeuf.j«. roient dans l'eucharistie avec le corps de Jesus-Christ11 les réfute par l'autorité des pères , principalement: de saint Ambroise; par les paroles de Jeíus-Chrilt même, qui n'a pas dit: Mon corps est ici caché; mais : Ceci est mon corps. Enfin par le canon de la meíse, où nous demandons à Dieu: que nôtre oblation devienne le corps & le sang de son Fils , nonpas qu'il vienne s'y cacher. Ii<7.d 11 remarque le petit nombre des Berengariens, qui n'oecupoient pas la moindre ville, ni le moindre village . d'où il conclut qu'ils ne íont pas l'égliíe de Dieu. Elle a condamné , ajoûte-til y par le pape Léon, ces inventions de Berenger dés leur naissance:ensuite le pape Grégoire qui gouverne à préíent l'église Romaine & qui en étoit alors archidiacre , en montra la. fausseté dans le concile de Tours, & reçût avec cle

mence Berenger qui paroissoit corrige. II marque sa An. 107$. condamnation sous le pape Nicolas, & insiste fortement sur l'autorité de l'église universelle. Puis il ajoute: Si ceux-ci font legliíe , ou elle n'a pas commencé par Jésus-Christ , ou elle a cessé detre quelque tems aprés: car il est trés manifeste qu'en ce tems-ci, ces folies n'étoient point avant que Berenger les eût avancées. Or il est certain par récriture , que l'égliíe ne peut cesser d'être. Il montre f utilité de la créance de 1 église catholique, pour nous exciter à recevoir ['eucharistie, avec un souverain respect & un ardente dé«< votion; & il exhorte les hérétiques à se rendre à la vérité , puisqu'il ne s'agit pas ici de l'honneur de la victoire, comme dans les écoles, ou de quelque intérêt temporel, comme dans les tribunaux séculiers. En cette dispute il n'y va pas moins que de la vie éternelle. ^

Enfin il réfute l'opinion de ceux qui diloient, que le corps de Jésus-Christ cesse d'être dans l'eucharistie à l'égard des indignes. Il montre qu'elle est fans fondement, & il ajoute: Ce feroit donc au hazard que le peuple répondroit Amen à la communion, puisqu'il ne fçauroit û ceux qui s'en approchent feroient digne, & quand un prêtre indigne célèbre la messe & communie seul, comme il arrive souvent, il ne se feroit. point de changement, les paroles de Jeíus-Christ feroient fans eftet & la foi de l'égliíe feroit vaine. f'st- Wr-> 7*

Aprés Guimond, Durand abbé de Troarn dans la même province de Normandie, écrivit auíli contre Berenger un assez long traité divisé en neuf parties y mais d'un stile diffus, avec peu d'ordre & de justesse dans ses raifonnemens. Je n'y voi rien de considérable qui n'ait été dit par Lanfranc & par Guimond.

An. 1075. ^ mar4ue 4ue quelques uns ne communioienc qu'une . fois en neuf ans, & s'élève contre cet abus, xix. Dans les premiers mois de 1 anne'e 1075. ^e Papc

FindeSuenon roi e'crivic deux lettres à Suenon roi de Danemarc, la pre

de Dancmirc. f * l

11 tj!ist. miere du vingt - cinquième de Janvier ou il dit : Quand nous e'tions encore dans Tordre de diacre, nous recevions souvent de vôtre part des lettres pleines d'affection: mais il íèmble qu'elle íoit refroidie, puisque nous n'en avons point reçu depuis que nous sommes en une place plus élevée. Et comme apresent le soin de toute leglise nous regarde, nous vous écrivons d autant plus volontiers, que nous savons combien vous ères distingué entre les princes par la connoissance des lettres & l'amour des instructions ecclésiastiques. Et ensuite: Nous vous avons envoié des légats , pour traiter avec vous fur ce que vous avez demandé au saint siège du tems du pape Alexandre, tant pour rétablissement d'une métropole, que pour les autres avantages de vôtre roïaume: mais les troubles de l'Allemagne rendant le passage dangereux, ont obligé nos légats à revenir. C'est pourquoy si vous désirez quelque choie de nous, faites le nous savoir par des envoïez fidèles, & ce que l'égliíè Romaine peuc espérer de vous, si elle a besoin de vos troupes contre les ennemis de Dieu. Au reste il y a prés de nous une province trés-riche occupée par de lâches hérétiques, où nous désirerions qu'un de vos fils vint s'éta* blir, pour en être le prince & le défenseur de la religion: s'il est vrai, comme nous a dit un évêque de vôtre pais que vous avez dessein de l'envoyer avec quelques troupes choisies au service de la cour apoC. tolique.

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