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dire , que l'intention du pape étoit de s'y trouver lui-*an. 1077. même : mais que Henri lui avoitíìbien fermé tous les passages : qu'il ne pouvoit ni passer en Allemagne , ni retourner à Rome : ainsi, qu'il les exhortoit à donner "cependant le meilleur ordre qu'ils pourroicnt à leurs affaires. C'est là que finit l'excellente histoire de Lambert de Schafnabourg : mais l'auteur. de la vie de Grégoire VII. nous apprend ce qui se passa à l'assemblée t0'' de Forcheim.

Les légats y "présentèrent les lettres du pape ôc dirent qu'il avoit peu de satisfaction du roi, qui contre íes promesses n'avoit fait par fa présence qu'encourager les ennemis de 1 église ; & que tcjutefois il les prioit de différer jusqu'à ion arrivée sélection d'un nouveau roi. Après que les légats eurent parlé , les évêques & les seigneurs se levèrent l'un après l'autre pour leur faire honneur. Puis ils commencèrent à se plaindre aux légats des maux* que le roi Henri leur avoit faits, & qu'ils avoient encore sujet d'en craindre, ajoutant qu'il les avoit tant de fois voulu surprendre, qu'ils ne pouvoient se fier à íes íèrmens -, ôc que s'ils l'avoient souffert si long-tems depuis qu'il étoit déposé , ce n'étoit pas qu'ils espérassent íà correction , mais pour ôter à leurs ennemis tout prétexte de calomnie. Ce jour là íe passa en ces plaintes. X L11 f

Le lendemain ils allèrent trouver les légats à leur Rodoiseéiû roi logis, & leur représentèrent qu'ils expofoient le roïaume à une division fans remède , s'ils n'élifoient un roi dans cette même assemblée. Les légats répondirent: Il nous semble que ceseroit le meilleur, si vous le pouviez fans péril , de différer sélection jusqu'à l'arrivée du pape : mais vous avez l'autorité entre les mains, ôc Tome XI1L X x

Au. 1077. vous connoissez mieux que nous l'interest de l'e'tat.

Les seigneurs donc incertains de l'arrivée du pape & assurez du péril qu'il y avoic à différer , s'assemblèrent chez l'archevêque de Maïence -y & considérèrent que le pape avoit laissé le délai à leur choix: qu'il leur avoit défendu de reconnoitre Henri pour roi -y & que depuis il ne lui avoit rendu que la communion &c non pas la couronne. Ainsi se trouvant entièrement libres, ils élurent pour roi Rodolfe duc de Suaube , quoiqu'il y résistât & demandât au moins une heure pour délibérer , & ils lui firent serment de fidélité. Il ne voulut point assurer la succession à son fils , mais il déclara qu'après fa mort , les seigneurs éliroient celui qu'ils jugeroient le plus digne. II fut élu à Forcheim le quinzième de Mars 1077. & douze jours après, savoir le dimanche vingt-septiéme du même mois , qui étoit la mi-carême , il fut sacré à Mayence par les archevêques de Maïence & de Magdebourg avec leurs fussragans en présence des légats. Uì/i. btii. sax. Le jour même du sacre, le roi Rodolfe , pour mont- »;í- trer fa soumission aux ordres du pape , voïant un fou

diacre qu'il favoit être simoniaque , se présenta revêtu des ornemens pour chanter l epistre à la messe , refusa de l'entendre : enforte que l'archevêque Sigefroi fut obligé de le faire retirer & d'en mettre un autre à fa place. Cette action rendit le roi Rodolfe fort odieux aux clercs simoniaques -, & incontinens , & dès le jour même le clergé de Maïence excita une sédition contre l'archovêque , le roi & les seigneurs: enforte que quand le roi descendit du palais après le dî ner pour aller à vêpres , le peuple en furie voulut fe saisir de leglise & du palais, mais il fut repoussé par Incertitude di»

les chevaliers , qui accompagnoient le roi, quoiqu'ils An. 1077. fussent sans armes : car c'étoit la coutume de n'en point porter en carême. Il est vrai qu'âpres vêpres les séditieux étant revenus à la charge, il y en eut plus de cent tant tuez que noïez,& les légats imposèrent pour pénitence à ceux qui les avoient tuez de jeûner quarante jours , ou de nourrir quarante pauvres. Le roi Rodolfe envoïa aussi-tôt une ambassade au pape, pour lui donner part de son élection , & lui promettre obéïíîance.

Ce récit est tire' des auteurs les plus attachez au pa- Xli v. pe Grégoire. Toutefois dans une lettre adressée à tous les fidèles , il parle ainsi de cette élection , prenant Dieu à témoin de ce qu'il dit : Nous voulons m. «. 1$ bien vous déclarer que Rodolfe qui a été ordonné roi par les Ultramontains , n'a pas reçu alors le roïaume par nôtre ordre , ou par nôtre conseil -y & que nous avons même statué dans un concile, que si les archevêques & les évêques qui l'avoient ordonné ne rendoient Donne raison de cette action, ils seroient déposez de leur dignité , & Rodolfe du roïaume.

11 paroît encore que le pape ne tenoit pas le droit de Rodolfe pour incontestable , par deux lettres écrites peu de tems après qu'il put avoir connoissance de cette élection ^ c'est-à-dire , le dernier jour de Mai ab. w. «p. x$. 1077. La première, est adressée au cardinal Bernard 6c à l'abbé Bernard* ses légats , à qui il dit : vous savez que nous sommes sortis de Rome pour aller en Allemagne procurer la paix : mais faute de l'eícorte qui nous avoit été promise, nous sommes demeurez en Lombardie en grand péril. C'est pourquoi nous vous enjoignons d'exhorter l'un & l'autre roi Henri & Ro

An. 1077. dolfeànous donner fureté pour passer en Allemagne: car nous desirons terminer leur différend avec le conseil des clercs & des laïques du roïaume , & montrer auquel des deux la couronne appartient le plus justement. Si donc l'un des deux rois refuse de nous obéir en ce point, resistez-lui en toute manière & juíques à la mort, s'il est besoin ; empêchez qu'il ne gouverne le roïaume, & les excommuniez avec tous ses adherans. *t; Soutenez au contraire celui qui nous obéira, & le con• firmez dans la dignité roïale. Il parle de même dans l'autre lettre qui est adressée aux Allemans. 11 dit que l'un & l'autre roi demande le secours du saint siège-: il ordonne de rejetter comme membre de l'antechrist celui qui ne lui obéira pas , & de rendre toute forte d'obéislànce à celui qui íe soumettra aux ordres des légats. En ces deux lettres il relevé l'autorité de saint Grégoire , comme s'étant attribué le pouvoir de déposer les souverains : mais il n'en allègue que la clause suspecte du privilège accordé à l'hôpital d'Autun. Quand les Allemans du parti de Rodolfe eurent plaintes des Ai- connoissance de ces lettres , ils perdirent l'efperance

jjJJTM contrc lc qu'ils avoient dans la fermeté du pape , & lui écrivis*x. Mt. hist. rent une lettre où ils disoient : vous íavez, & vos lettres que nous avons en rendent témoignage ^ que ce n'est ni par nôtre conseil, ni pour nôtre intérêt, mais pour, les injures faites au faine siège , que vous avez dépose nôtre roi ; & nous avez defîendu fous de terribles menaces de le reconnoître pour tel. Nous vous avons obéi avec un grand péril, & ce prince a exercé une telle cruauté , que plusieurs aprés leurs biens y ont encore perdu la vie & laissé leurs enfans réduits à la pauvreté. Le fruit que nous en avons reçu estA que celui qui a été contraint de se jetter a vos pieds, a été An. ^yj. abíous íans nôtre conseil , & a reçû la liberté de nous nuire. Dans la lettre d'absolution , nous n'avons rien vû qui révoquât la sentence de privation du roïaume, & nous ne voïons pas encore à présent quelle puisse être révoquée. Après donc avoir été plus d'un an fans roi , nous en avons élu un autre ; & comme il commençoit à relever nos espérances , nous avons été surpris de voir dans vos lettres ,. que vous nommez deux rois, & adressez vos légats à tous les deux. '■ ,

Cette espece de division que vous avez faite du roïaume , a divisé aussi les esprits , parce qu'on a vû dans vos lettres, que le nom du prévaricateur est: toujours le premier , & que vous lui demandez sauf-conduit , conme s'il lui restoit de la puissance. Ce qui nous trouble encore , c'est que comme vous nous exhortez à demeurer fermes dans nôtre entreprise, vous donnez aussi de l'efperance au parti contraire : car les confidens du roi Henri, bien qu'excommuniez avec lui, font reçus favorablement quand ils vont à Rome j & nous passons pour ridicules, quand nous voulons éviter ceux avec qui vous communiquez. Au contraire on nous impute leurs fautes, & on attribue à nôtre négligence de n'envoïer pas plus souvent à Rome j quoique ce soit eux qui nous en empêchent contre leur serment. Nous croïons que vôtre intention est bonne , & que vous, agissez par des vues subtiles : mais comme nous sommes trop grossiers pour les pénétrer , nous nous contentons de vous exposer les effets sensibles de ce ménagement des deux partis: savoir les guerres- civiles , les homicides innombrables , les pillages } les incendies , la dissipation des

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