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An Io3o Purger avec lesévêques de Soissons, de Laon, de Cambrai , de Châlons & deux autres en qui nous aïons pareille confiance , à condition que vous rendrez tout les biens à Manaílès , à Brunon & à tous les autres , qui ont parlé contre vous pour la justice ; & que dans l'Aíceníion vous quitterez l'église de Reims, & vous vous retirerez à CÍugni ou à la Chaiíè-Dieu , avec un clerc & deux laïques, pour y vivre régulièrement à vos dépens. Et pour vous épargner la peine de venir jusques-ici, vous pourrez vous purger devant levêque de Die & l'abbé de Clugni. 9

Comme Manasses n'exécuta rien de ce qui lui étoit prescrit, le pape le déclara excommunié & dépoíe

ï'tJ'17'18, *ans eíperance de restitution. Il en écrivit au clergé & au peuple de Reims, & aux évêques de la province leur ordonnant de procéder à sélection d'un autre archevêque du consentement de levêque de Die son légat. Il en écrivit auíîì à Ebles comte de Rouci, qui avoit poursuivi la déposition de Manasses, afin qu'il favorisât cette élection; & au roi Philippe, afin qu'il ne l'empêchât pas & ne donnât aucune protection à amihm.vit*..Manaílès. Ces quatre lettres font du vingt-septième

fuse. ». (je Décembre 1080. Elles eurent leur effet, car Manaílès voulant se maintenir à main armée , & continuer à dissiper les trésors de l'église de Reims, suc chaflè par les seigneurs ; le clergé & les Bourgeois ; & étant banni dupais, il se retira auprès du roi Henri, & mourut vagabon & excommunié, m. Quand on eut appris à la cour du Roy Henri la nou

Guib. clú anti- 11 . . / I

pipc# velle excommunication prononcée par le pape con»

irtt'.VufepChr'tre » dix-neuf évêques de son parti s'assemblerenc à Maïence le jour de la Pentecôte, qui cette année 1080. étoit le dernier de Mai: puis en vertu de leurs An. 1080. lettres, trente évêques & plusieurs seigneurs d'Italie & d'Allemagne assemblez à Brixen dans le Tirol, déposèrent Hildebrand; &: élurent pape Guibert archevêque de Ravenne , fans qu'il y eût personne pourre- vhM. St AmMr 1^ présenter l'égise Romaine que le cardinal Hugues le »•»«. blanc. Le décret de cette élection e'toit plein de calomnies contre Hildebrand, qu'ils accuíoient entre autres choies d'avoir troublé l'empire Chrétien , de soutenir u-n roi parjure, de semer la discorde-, d'exhorter aux sacrilèges, aux homicides & aux incendies. La date etoit du jeudi vingt-cinquiéme de Juin. Le roi retourna ensuite chez lui ; & Guibert marcha en Italie , revêtu des marques de la dignité papale & prenant M*-«ì S°1>c- Y le nom de Clément III. '"' 7

Cependant le pape Grégoire, pour íè soutenir con- IV. tre le roi' Henri, cherchoit l'appui des princes Nor- ^scfourVÍeStr mans: savoir de Guillaume roi d'Angleterre & de mauSRobert duc de Calabre. En renvoïant ceux que le roi avoit envoïez à Rome avec le légat Hubert, il écrivit à ce prince une lettre bien différente de celles qu'il lui avoit écrites lix mois auparavant. En celle-ci il relevé lamifié qu'il a toujours eûë pour le roi Guillaume, & rn,-^. la confiance qu'il a en son obéissance & en son secours contre les ennemis de l'église : lui promettant, non seulement la recompense éternelle, mais la victoire & la • puissance en ce monde. Cette lettre est du vingt-quatriéme d'Avril 1080. & quinze jours aprés, en ren- yil tfijt,íf i6 %7 voïant le légat Hubert en Angleterre, le pape écrivit encore au même roi, à la reine Mathilde son épouse, & au prince Robert leur fils.

Quand à Robert Guischard duc de Poiiille, de C&*
Tome XI U, Eee

* !T labre & de Sicile. le pape entra en conférence avec lui, An. 108o. T , . • r r 1 •• o 1 •

▼m. ifijt 7. avec Jourdain prince de Capoue & les autres principaux seigneurs Normands qu'il avoit'íì souvent excommuniez -y & il les reçut en grâce moïennant la promesse • qu'ils lui rirent de leurs secours. Nous avons les actes

te.x.eme.p.iso. avcc je ^nc Robert, par où l'on peut juger des

autres. Le premier est le ferment de fidélité à 1 église Romaine & au pape Grégoire, avec promesse de la défendre contre tous, & de procurer quand le cas arriveroit, 1 élection canonique des papes ses successeurs. La date est du vingt-neuviéme de Juin 1080. jour de saint Pierre. Ensuite est l'investiture que le pape Grégoire lui donne de la terre qui lui avoit été' accorde'e par les papes Nicolas & Alexandre: laissant en surleance ce qui regardoit Salerne, Amalfi & une partie de la marche de Fermo, que Robert possedoit injustement , à ce que prétendoit le pape. Cet article fait voir combien il étoit pressé de s'accorder avec Robert, Le troisième acte est la constitution de douze deniers de cens, que Robert promet au pape pour chaque paire de boeufs de son domaine, paiables à Pâques tous les ans.

Mais quand le pape eut appris ce qui s'étoit paste en *u.*#/.j. Allemagne & sélection de 1 antipape: il envoïa des légats en Poùille & en Calabre, avec une lettre aux • évêques de ces provinces, où il parle ainsi de l'entreprise des schismatiques: ils se sont efforcez de renouvelier leur ancienne conspiration, & d'établir sur eux pour antéchrist & pour hérésiarque un homme sacrilège, parjure à 1 église Romaine, & noté pour ses crimes abominables par tout le monde Chrétien \ sçavoir Guibert, qui a ravagé leglise de Ravenne. Cette assemblée, de íatan a été composée de gens dont la An. 1080. vie est: détestable & l'ordination hérétique -, & ce qui les a poussez à cette fureur, c'est le desespoir d'obtenir de nous par prières ou par promesses le pardon de leurs crimes, fans se soumettre à un jugement ecclésiastique. Nous les méprisons d'autant plus, qu'ils croient être montez plus haut, & nous espérons voir leur ruine prochaine &: la tranquillité de l'église qui les aura vaincus & confondus. La lettre est du vingt-uniéme de Juillê*t 1080.

Peu de jours aprés il écrivit aux mêmes évêques au sujet de Michel empereur de C. P. déposé deux ans auparavant , que l'on diíoit être arrivez en Italie. Les wJ . g An auteurs Grecs disent, que c'étoit une imposture , & n*.c<mmM.i tque ce prétendu empereur etoit un moine nomme Rector ; & l'historien des princes Normans convient, Gimfr.UtiMt.tih.' qu'il étoit au moins douteux si c'étoit l'empereur Mi- 3-WI5chel, mais que Robert Guischard le crut ou feignit de le croire, pour avoir un prétexte de faire la guerre à l'empereur Alexis. Le pape exhorte dont les évêques à encourager les troupes qui doivent passer en Grèce à cette occasion, & leur donne pouvoir de les absoudre de leurs pçchez.

11 eíperoit d'ailleurs, avec le secours des Normans & des seigneurs de Toscane vassaux de la princesse Mathilde, aller attaquer Guibert jusques dans Ravenne. G'est ce qui paroît par une lettre adressée à tous les sidels de íaintPierre, où il dit: Aprés le pre- *ni*ss' mier de Septembre, quand le tems commencera à se rafraichir, voulant délivrer 1 église de Ravenne de la main des impies, nous irons, Dieu aidant en ces quartiers-là à main armée. C'est pourquoi nous vous

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An. r 080. exhortons à mépriser comme nous leur vains effortsi vous tenant assurez de leur chute qui est proche. Je ne vois pas que le pape Grégoire ait effectivement marche' en armes contre Ravenne : mais aprés avoir exhorté au mois d'Octobre le peuple & le clergé de cette

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ville & les eveques voiíins a élire un autre archevêque enfîn au mois de Décembre il leur envoïa Richard , qu'il avoit tiré de 1 église Romaine pour le revêtir de cette dignité -, & qui ne paroit pas en avoir pris pok session.

V: Cependant le roi Henri entra en Saxe, & il y eut

tioise" duR,Ro' une sanglante bataille fur la rivière d'Eíster dans le-, Mrunon. btii. s*, vêché de Naumbourg le jeudi quinzième jour d'Octo*tiïv'rst. m kre 1080. Les Saxons eurent l'avantage, Henry s'enfuit, 1080 son armée fut défaite & on pilla le oagage. ou il se

trouva de grandes richefles : particulièrement des eveques qui ayoient suivi le roi au nombre d'environ quatorze. Les Saxons chantèrent Kyrie eleison, comme un cantique de joie fur le champ de bataille j mais leur victoire devint inutile par la perte du roi Rodolfe qui fut tué en cette journée, d'un coup dans le bas ventre. 11 eut aussi la main droite coupée : ce que ses ennemis regardèrent comme une punition, d'avoir violé le serment qu'il avoit fait au roi Henri. Ce prince fut extrêmement regretté, principalement des pauvres j & les Saxons firent des aumônes innombrables pour le repos de son ame. Il fut enterré magnifiquement à Meríbourg.

Quand la nouvelle en fut venue* à Rome, la plupart des serviteurs du pape l'exhorterent à se reconcilier avec le roi Henri: lui représentant que ce prince avoit pour lui presque toute l'Italie, & que s'il y paf

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