페이지 이미지
PDF
ePub

0g f à l'égliíe : comme il avoic fait à l'égard du pape Grégoire. Didier le promit trés-volontiers & leur donna pour gage de fa foi la ferule ou bâton pastoral qu'il tcnoit à la main comme abbé. Ils alloient donc élire levêque d'oíHe : quand un des cardinaux s'écria , que cette élection étoit contre les canons , & qu'il n'y consentiroit jamais. Apparemment à cause qu'Otton étoit déja évêque. On repreíenta à ce cardinal, que la nécessité du temsle demandoit, maison ne put jamais le fléchir.

Alors les évêques, les cardinaux , le clergé & le peuple irrité de la dureté de Didier, & voïant qu'ils ne gagnoient rien avec lui par les prières, résolurent de finir l'aíFaire par la violence. Ils le prirent donc malgré lui & le traînèrent à 1 eglile de sainte Luce , où ils Télurent pape dans les formes d'un consentement unanime , & lui donnèrent le nom de Victor 111. Ils le revêtirent de la chape rouge , mais ils ne purent lui mettre l'aube à cauíe de fa résistance. CeuU' pendant le gouverneur de Rome pour l'empereur Henri se saisit du Capitole, d'ou il incommodoit fort le nouveau pape : qui sortit de Rome quatre jours aprês son élection , & étant arrivé à Terracine , y quitta la croix, la chape & les autres marques du pontificat , fans que l'on pût lui persuader de les reprendre : résolu de paíser le reste de íà vie en pèlerinage , plutôt que de íe charger de cette dignité. On le prioit avec larmes, & on lui representoit le péril de 1 église & l'indignation de Dieu qu'il s'attiroit : Il retourna ainsi au mont - Cassin & demeura inflexible pendant toute une année. Les cardinaux & les évêques qui étoient avec lui ne fe rebutèrent pas pour cela, mais ils pressèrent Jourdain prince de Capouë de le reme- An. 1085. ner à Rome pour son sacre. 11 vint en effet au montCaíïìn avec beaucoup de troupes : mais il fut retenu tant par les instances de Didier , que par la crainte des chaleurs, & fans vouloir passer outre il s'en retourna.

Saint Anselme de Luques ne survécut que dix mois r^HW's. au pape Grégoire , qu'il regardoit comme son majtre ^lfme dc Lu' & ion modelé -y & il mourut hors de son dioceíe , chasse par son clergé. Dés le commencement de son épiscopat , il avoit voulu reduire à la vie commune les chanoines de fa cathédrale dédiée à íaint Martin , offrant de vivre dans la même communauté. II croioit les y devoir obliger en exécution d'un décret du pape Léon IX. & il étoit soutenu par la comtesse Mathilde dame du païs. Il arriva même que le pape ». 1. Grégoire VII. vint a Luques 3 apparemment en 1077. dans le séjour qu'il fît en Toscane -y ôc aïant été ins- saf.uv.ixn. truit de l'affaire , il lexhorta les chanoines à se soumettre. Ils lui promirent tout , mais il-tôt qu'il fur passé , ils revinrent à leur première indocilité. Le pape leur en ht des reproches par deux lettres, leur de- «/>. n', fendant même lentrée de l'église. Enfín ils furent appeliez à Rome , & convaincus d'avoir conspiré contre leur évêque. Ainsi par le jugement du concile ils furent livrez à la cour leculiere suivant les canons , c'est-à-dire , soumis aux charges publiques, ce qui étoit une eípece de servitude. La comteslè Mathilde fit exécuter ce jugement, ce qui les révolta contre elle - même.

On tint donc encore un concile à saint Gênés prés de Luques, où présida au nom du pape Pierre Ignée

M m m iij

A N. 1085. évêque d'Albane ; les chanoines rebelles y furent excommuniez , & le pape écrivit au clergé & au peuple de Luques , pour défendre de les laisser jouir de leurs ,t k , prébendes , ni de leur donner aucun secours. La lettre est du premier Octobre 1079. Alors les chanoines désespérez se révoltèrent contre leur évêque, contre la comtesse & le pape -, & embrassèrent le parti du roi Henri & de l'antipape Guibert : qui étant venu en Toscane en 1081. donna l'évêché de Luques au chanoine Pierre chef des conjurez, homme insolent êc débauché. U s'empara de toutes les terres de l'égliíè, ensorte qu'il ne demeura qu'un seul château à íevêque Anselme, qui se rerira prés de la comtesse Mathilde avec deux chapellains & peu de domestiques. Car le pape l'avoit donné pour directeur à cette princesse, qu'il soutint de ses conseils dans la guerre qu'elle eut contre l'empereur.

Le saint évêque travailloit en même tems à convertir les schiímatiques, & le pape l'avoit déclaré pour cet effet son vicaire en Lombardie, comme j'ai dit. S'ils venoient à conférer avec lui il leur fermoic la bouche par fa doctrine & son éloquence. Car il íavoit par cœur presque toute l'écriture sainte , & si on l'interrogeoit sur quelque passage , il disoit aussi - tôt Comment chacun des pères l'avoit expliqué, auíïì compofa-t-il plusieurs ouvrages, entre-autres une apologie pour Grégoire VII. une explication des lamentations de Jeremie & une du psautier, qu'il entreprit à la prière de la comtesse Mathilde, & que la mort l'empêcha d'achever. Il avoit fait de plus une collée^ fion de canons en livres, qui n'est pas encore imprimée. L'apologie pour Grégoire V11. semble être

- le second des deux discours qui nous restent íèuls de An 108J. saint Anselme de Luques.

Le premier est adressé à l'antipape Guibert ,. & est xxix..

kl- \i / r \ r> -\ r Ecrit de S. At>m

réplique a la reponíe de Guibert íur une première seime contre ic»

lettre , par laquelle Anselme l'exhortoit à renoncer schifmatJ<iueîau schisme. En celle-cy il ramasse plusieurs passages r*'jw" n des pères contre les fchifmatiques, & charge Guibert d'injures , fans entrer dans le fond de la question , qui e'toit de montrer les nullités de la déposition d'Hildebrand, & par conséquent de 1 élection de Guibert: Il f ;?< convient qu'il seroit plus parfait de ne pas emploïer les armes de fer, même pour la justice : mais il prétend que c'est une nécessité dans l'état présent des choses -y & que l'on ne doit pas imputer àceuxqui font bien, le mal qui peut suivre de leur conduite. Or il soutient f. 717„ qu'on est obligé de se séparer des méchans, & de travailler à leur correction, fous peine de se rendre leur, complice.

Dans le second discours , saint Anselme entreprend, de répondre à ceux qui disent, que l'église est soumise à la puissance roïale : en sorte que le roi peut, comme il lui plaît, lui donner des pasteurs & disposer de ses biens. II rapporte premièrement le canon des apô- ^ ^ }I tres, qui porte , que ù un évêque a obtenu son église par le moien des puissances séculières , il doit être déposé & excommunié , lui & tous ceux qui communiquent avec lui. 11 ajoûte, qu'aprés les apôtres, toutes. les églises du monde ont gardé inviolablement cette coutume qu elles avoient reçue' d'eux : qu'à la mort d'un évêque le clergé & le peuple de l'église vacante ^ par délibération commune, se donnassent un pasteur, tiré du clergé de la même église ou d'un autre. Que

An 1085. Zenon & Anastase empereurs Eutyquiens , ont e'te' les premiers qui ont asservi l'e'glise , en chassant les évêques catholiques pour en mettre de leur "secte. 11 avoue que les empereurs avoient ordonné, que le décret de l'élcction du pape leur íèroit envoie avant que lé pape *fut sacré : mais il remarque qu'ils n'ont jamais changé 1 élection faite à Rome; & prétend que les empereurs postérieurs ont révoqué ce décret, parce qu'il faisoit trop long-tems vaquer lé saint sie

Il rapporte quelques autorisez des papes & des conciles, pour montrer quelle doit être 1 élection canonique des évêques. Il s'objecte le décret de Nicolas II .au sup. Uv. Lx. concile de Rome en 1059. où il est dit, que l'élection du pape se fera fans préjudice de l'honneur dû au roi j c'est - à - dire comme Anselme l'explique , que le pape ne sera sacré qu'aprés que son élection aura été notifiée au roi. Surquoi aprés quelques autres réponses plus foibles , il apporte comme une solution invincible, que le pape Nicolas n'étant qu'un des patriarches, n'a pû, avec quelque concile que ce fût, révoquer les décrets des conciles généraux , particulièrement du huitième , autorisez par les cinq patriarches & plus de 150. évêques en preíence des empereurs. Il est remarquable que celui qui parle ainsi est ladmirateur de Grégoire VII. & un des plus zelez défenseurs de l'autorité du saint siège. Il ajoûte , que le pape Nicolas étoit homme , & que par conséquent il a pû faillir par surprise.

Quant à la longue possession qu'on alleguoit en faveur des Rois, il dit qu'il faut revenir àloriginc, 6c que le tems ne peut jamais autoriser les abus. Puis il

décrit

« 이전계속 »