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grande vieillesse vers Tan 1095. ^ avoit faic quelques ^n. I0^^ miracles de son vivant, & il s'en fit encore plus à son tombeau. Sa vie fut écrite peu d'années aprés par un? moine de la Celle. ^

Son recueil des coutumes de Clugnr, ne fut pas Lx. seulement utile à l'abbaïe d'Hirsauge , pour laquelle CiuStumcS * il avoit été e'crit: mais à plusieurs autres monastères de la haute Allemagne & des autres païs, qui re- vitancherchèrent cet ouvrage comme un précieux trésor. «. ^.spieu.p.i* Il est divisé en trois livres, à la. tête desquels est une v'Hoî'^'ill lettre à l'abbé Guillaume ,. où fauteur se plaint d'à, s'- • bord d'un abus, qu'il dit être la principale cause de la ruine des monastères. C'est que les pères qui avoient grand nombre d'enfans, cherchoient à s'en décharger -, principalement s'il y en avoit quelqu'un manchot, boiteux ou autrement incommodé. Les maisons remplies de ces invalides, ne peuvent, dit-ily garder aucune régularité & l'obseruance n'est exacte que dans celles où le plus grand nombre est d'hommes , qui y font entrez en âge meur & de leur propre mouvement

Le premier livre des coutumes de Clugni, contient la description de l'ofEce. divin; & commencepar la distribution de récriture sainte pour les lectures. Elle étoit à peu prés telle que nous l'obíèrvons -T mais les leçons étoient bien plus longues, puisque pendant la semaine de la Septuagesime on lisbit la Gentse entière 11 est vrai que l'on continuoit au re, fectoir la lecture du choeur. Enfin à l'entrée du Carême on avoit lû l'Octateuque; c'est-à-dire , les cincj livres de Moue & les trois suivans. Ils avoient beaucoup ajouté à la psalmodie prescrite par saint Benoist,

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c. 6.

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A N-1091. Premièrement pendant tout Thyver; c'est-à-dire, depuis le premier jour de Novembre jusqu'au jeudi t. }. 41. saint, ils disoient avant les nocturnes tous les jours de série trente pseaumes: (avoir depuis le 119. jusques à la fin du psautier. A laudes & à vêpres, en tous tems ils ajoûtoient quatre pseaumes & deux à compiles: à prime , ils en ajoûtoient cinq, outre le íimbole Quicumque, qu'ils disoient tous les jours, & ensuite de prime les lept pseaumes penitentiels avec les litanies. Je passe plusieurs additions moins considérables, «•«• c- 4- mais il ne faut pas oublier l'ofEce des morts qu'ils disoient toute Tannée & à neuf leçons On chantoic tous les jours de série deux grandes messes, l'une du jour, l'autre des morts. Les dimanches on en diíbit trois : la messe matutinale, qui e'toit du jour, la seconde de la Trinité , & la messe solemnelle. Aprés la nremiee.io. re on faisoit l'eau bénite, & on en faisoit l'aípersion dans tous les lieux réguliers , l'infîrmerie, le dortoir, le refectoir, la cuisine , le cellier. Pendant trois jours c'6' de la semaine un côté du chœur pouvoit communier ir «. jo. pautre coté pendant les trois autres jours, suivant leur dévotion. On disoit auíïì plusieurs messes basses , mais hors le tems de l'ofrìce & de la grande messe.

Ulric marque ensuite toutes les cérémonies particulières à certains jours , pendant tout le cours de Tannée, commençant au jeudi saint, qui en étoit le plus chargé-, & j'en raporterai ce qui me paroît le plus important. Cette nuit & les deux suivantes, on lisoit les leçons de Jercmie fans les chanter, comme faiíoient les chanoines, & fans nommer les lettres de *' Br7- 4o'Ì* l'alfabet hébraïque. Chacun de ces trois jours on benissoit le feu nouveau -t ôc tous les frères commu

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nioient, sans préjudice du jour de Pâques. Le jeudi on A N. 1091lavoit les pieds à autant de pauvres qu'il y avoit de x frères dans la maison', & l'abbé y en ajoûtoit pour les amis autant qu'il jugeoit à propos. Avant le repas on donnoit à chaque pauvre une oublie en signe de communion.

Lc vendredi saint tous les frères s'aíTembloient nuds pieds dans le cloître, & recitoient tout le pseamier entre prime & tierce. Leur repas n'étoit que du pain & des herbes crues , & pour collation ils goûtoient seulement un peu de vin. A ces paroles de la passion: ils ont partagé mes vêtemens ,deux moines tiroient, chacun de son côté , deux pieces d'étoíFe de dessus l'autel; mais Ulric trouvoit ces represenrations peu conformes à l'esprit de 1 évangile. Il loue l'abbé Hugues f t d'avoir retranché de l'office du samedi saint ces mots: O heureuse faute , & péché d'Adam nécessaire : que toutefois nous disons. Ce jour on permettoic de dire des messes basses aprés 1 évangile de la grande messe. Le jour de Pâques avoit ses premières vêpres entières 6c Bj^*c»4»*. ses vigiles à trois nocturnes, comme Tordre de Clugni l'observe encore.

Le dimanche de I'octave de la Pentecôte, on fai- *.b«v/«se/i. soit à Clugni l'ofnce de la sainte Trinité , qui n'étoit *' *

encore alors qu'une dévotion partieuliere -y & qui n'a
été reçu par l'église Romaine que fous le pape Jean e. 41.;
XXII plus de deux cens ans aprés. A la saint Pierre,
cjui est la fête de patron , les nocturnes & les laudes
etoient plus longues que la nuit: elles commençoient
& sinissoient de jour , en íorte qu'on ne dormoit point.
A l'exaltation de la sainte Croix , on faifoit l'adoration
solemnelle > comme le vendredi íàint. Entre ces Ion- *

An. 1091. gues prirres , je ne vois point de place pour l'oraiíòn mentale, fi ce n'est en hy ver âpres les nocturnes, mais chacun faiíoit alors ce qu'il vouloit, & iouvent le sommeil les accabloit. Ulnc dit bien que l'on prioit avant chacune des heures de l'ofrìce: mais il ajoûte que cette prière n'étoit ordinairement que le Pacer & quelquefois Je Credo. La multitude des offices laissoit peu de c;0. tems pour le travail des mains si recommandé dans la règle. Auífi Ulric n'en parle-t-il qu'en paíTant; & il avoue qu'il n'en a gueres vu d'autre que d'e'coíser des fëves, arracher dans le jardin les mauvaises herbes & 'paîtrir le pain : encorè n'étoit-ce pas tous les jours. On pfalmodioit en allant au travail & en revenant,

jhZuj!'p.'sZ' *' & pendant le travail même. Dès le tems de Louis le Débonnaire , on regardoit le gros travail comme indigne des moines , à cauíe du sacerdoce dont la plupart e'toient revêtus-, & c'e'toit pour y fupple'er, que l'on avoit ajoû.té des pfeaumes à toutes les heures de l'office.

Dans le second livre. Ulric parle premièrement de «tt.11. ci. i. ^instruction des novices. On leur donnoit l'habit en les recevant, mais ils demeuroient séparez des proses , avec lesquels ils ne se trouvoient qu'à 1 église. A leur occasion il parle du silence qui e'toit tre'sexact à Clugni : fur tout âpres les repas. On ne parloic qu'à certaines heures , íavoir entre prime òc tierce , none & vêpres, & cet intervale e'toit souvent tre's-court. On ne parloit jamais en certains lieux, íavoir à 1 église , au dortoir, au refectoir & à la cuiíìne. Et comme dans ces lieux & ces tems de silence il étoit quelquefois nécessaire de se faire entendre, í>n parloit avec les doigts comme les muets} usant de

certains certains signes établis, dont fauteur rapporte un grand ^ nombre d'exemples. Ensuite il décrit tout ce que chaque moine devoit faire pendant la journe'e, depuis son lt'c' 4lever jusques à son coucher : car toutes ses démarches étoient réglées, même les moindres.

A l'occasion du prêtre semainier , Ulric décrit fort c j». au long les cérémonies de la messe solemnelle, pour montrer le respect que l'on rendoit au corps de Nôtre-Seigneur: mais pour le mieux connoître , il y faut joindre ce qu'il dit ailleurs de la manière défaire le pain qui en devoit être la matière. On ne le faisoit jamais qu'avant le dîner : on prenoit du meilleur froment , *'*■*»• que l'on choisissoit grain à grain: on le lavoit soigneusement , & on le mettoit dans un sac fait exprés. Un . serviteur d'une pureté éprouvée le portoit au moulin , dont il lavoit les meules & les couvroit dessus & dessous. II se revêtoit d'une aube & d'un amict, qui lui couvroit la tête & le visage au dessous des yeux : il mouloit ainsi le blé & sassoit la farine. Deux prêtres .& deux diacres revêtus de même d'aubes & d'amicts , paîtrifsoient la pâte dans de l'eau froide , afin qu'elle fut plus blanche, & formoient les hosties. Un novice tenoit les fers gravez où on les devoit cuire : le feu étoit de bois sec & préparé exprés, & on chantoit des pseàumes pendant ce travail.

Pour le service du grand autel il y avoit deux ca- 11*30. lices d'or : tous les frères offroient leurs hosties, entre leíquelles on en choisissoit trois pour consacrer. A la communion on trempoit le précieux corps dans le íang , contre l'ufage des autres églises d'Occident. * 1+J,es jours de série on portoit au refectoir les hosties offertes & non consacrées, que le prêtre distribuoit à f.w Tome XIJL Xxx

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