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An. 1094. 5e' ^e ne ^e ^a*s Pas » dit-*1,pour éviter le jugement", ma justification est bien facile. On m'accuíe de parjure , & je n'ai jamais fait de ferment a personne. Mais je ne veux pas donner l'exernple de s'écarter des règles , ni m'expoíèr à un péril certain pour un avantage incertain : car j'ai demandé sauf-conduit au roi & ne l ai pû obtenir. Or autant que je puis juger par les menaces qui m'ont été faites, il ne me seroit pas permis dans votre assemblée, de dire impunément la vérité , puisque c'est pour lavoir dite & pour avoir obéi au saint íìege , que je suis traité si durement, & accusé de parjure & de crime d'état. Mais , permettez-moi de le dire , on auroit plus de raison d'en accuser ceux qui fomentent une plaie, qui ne íè peut guérir que par le fer & le feu. Car si vous aviez tenu ferme comme moi, nôtre malade íèroit guéri. C'est le roi dont il parle. Il continue" : Que le roi faste contre moi tout ce que Dieu lui permettra de faire : qu'if m'enferme , qu'il m'éloigne , qu'il me proscrive : j'ai reíblu , avec la grâce de Dieu, de tout souffrir pour sa loi. 1

xxi. Nous avons vil les plaintes de Hugues archevê

Concilc «TAustun. , _. . 1 Xttl Tit ?P

que de Lion contre le pape Victor III. & I excommusmf.iiv.LXiiT. nication prononcée contre lui par ce pape au concile

*• H- a- de Benevent en 1087. Après la mort de Victor y Hugues reconnut le pape Urbain , & soutint qu'il ne s'étoit jamais séparé de la communion de l'église Romaine. C'est ce qu'il témoigne dans une letcre écrite

«.wT^íi. * la comtesse Mathilde où il se plaint des insultes qu'il souffre de la part des moines de Clugni. II dit , que le vendredi saint de Tannée précédente, leur abbé Hugues prononça publiquement l'oraison ordinaire pour l'empereur : quoi qu'on l'eût omise depuis que An. 1094. Henri avoir été' excommunie' & depoíé par le pape Grégoire. Et quand je lui en demandai la raison, ajoûte-t-il , se trouvant embarassé, il répondit, qu'il avoit dit cette oraison, pour quelque empereur que ce fût. Et comme nous lui remontrâmes, que cette oraison ne se pouvoir entendre d'un aucre que de l'empereur Romain , il se teut y mais il ne voulut point se corriger de cette faute. Cette conduire de saint Hugues abbé de Clugni, semble montrer qu'il reconnoiísoit toujours Henri pour empereur , nonobstant lexcommunication.

L'archevêque Hugues se reconcilia si bien avec Urbain II. que ce pape le rétablit légat en France, comme il avoit été fous Grégoire VII. Ives de Char- *ttres approuva extrêmement ce choix, & encouragea Hugues à accepter la commission. Car il en faifoit *' *4" difficul te a cauíe du trouble que le sehisme eau soit t*.x.ffoo. dans l'église. Hugues donc en qualité de légat, tint un concile à Auïtun le seizième d'Octobre de cette „ „ annee 1094. ou aíliíterent trente-deux eveques & plusieurs abbez : on y remarque entre autres Raoul ar- chr'rk *4* chevêque de Tours & Hoël évêque du Mans. On y renouvella l'excommunication contre l'empereur Henri & l'antipape Guibert , & l'on excommunia pour la première fois le roi de France Philippe , pour avoir épousé Bertrade du vivant de fa femme légitime. On défendit aux moines de faire les fonctions de curez dans les églises paroiíïîales. On y jugea fe différend entre l'archevêque de Tours & l'abbé de Marmoûtier, qui ne vouloir point lui prêter serment. II en fut déenargé., & on ordonna aux parties de vivre ivo. *prjt.

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An 1094 en Pa^x ' ce ^Ut ma^ °^crv^' ®n y tra*ta ^u diflfe.

rend entre Gui archevêque de Vienne & faine Hugues

ltU HMg t9 Xt évêque de Grenoble , touchant la terre de Salmoriac: tu. rfood. p. dont l'archevêque s'e'tant empare' de force , l'e'vêque appella au saint siège : mais l'archevêque envoïa à Rome , & obtint par lurprise une confirmation de privilèges , où cet article étoit compris. Le pape Urbain s'en étant apperçu renvoïa l'aíFaire à Hugues archevêque de Lion ion légat. C'est: ce Gui archevêque de Vien, ne, qui fut depuis pape fous le nom de Calliste II

Le roi Philippe aïant e'te' excommunie' dans le con. cile, envoïa des de'putcz au pape pour l'appaiíèr, en affirmant par leur ferment, qu'il n'avoit plus de commerce criminel avec Bertrade j & faisant entendre au pape , que s'il ne rendoit au roi la couronne & ne levoic í'excommunication, ce prince fe retireroit de son obéis fance. Ives de Chartres avertit le pape par avance, que cette députation n'étoit que mensonge & artifice : que le roi n'étoit point converti, & que ion absolution feroit espérer limpunité à tous les pécheurs. Toutefois \f¥'"' ^e PaPe défera à la députation du roi, & lui donna un délai jusques à la Touílaints 1095. pendant lequel il leva la censure , & lui permit d'uíèr de la couronne à son ordinaire. La lettre est du vingt-quatriéme d'Avril. Pour entendre ce qui est dit ici de la couronne il faut savoir qu'en ce tems-là les rois paroissoient aux jours de fête en habit roïal, avec la couronne en tête , & la recevoient de la main d'un évêque. Ainsi Ives de Chartres témoigne , que le même roi Philippe h>t » 66 671 re£ut une f°*s a Noël la couronne de la main de l ar*4- ' chevêque de Tours ; & un autrefois à la Pentecôte de quelques évêques de la province Belgique. Ce qui ^n. JO

n avoir, rien de commun avec le íacre , qui ne se fait

qu'une fois au commencement du règne j & Philippe

avoic été sacre' à Reims dès l'an 1079. par l'archevê- 40s"f'hv' *

que Gervais. Auffi ne paroît-il point, que pour avoir

été'excommunié , il ait jamais rien perdu de l'autorité

roïale.

Le pape Urbain étant depuis long tems sorti de xxn. Rome, célébra la fête de Noël 1094. en Toscane , où sancc""' * / l'archevêque de Pise Daïbert le íèrvit avec grande af- _ ,, section. Cependant l'empercur Henri demeuroit en Lombardie presque destitué de toute dignité roïale: car toute la force de son armée obéïssoit au roi Conrad son fils , qui étoit attaché à la comtesse Mathilde & au pape Urbain. Mais le duc Guelfe se sépara alors de cette princestè , soutenant, que quoiqu'il l'eût épousée, il n'a voit point consommé son mariage avec elle : & le duc de Bavière son pere travailla en vain à les reconcilier.

Cependant le pape Urbain avoit tellement pris le dessus , qu'il célébra un concile gênerai a Plaisance au milieu de la Lombardie & des schématiques. Il y ap- x. «»<-./».jeu pella les évêques d'Italie , de Bourgogne , de France , d'Allemagne, de Bavière & d'autres provinces ; il s'y en trouva deux cens , avec près de quatre mille clercs & plus de trente mille laïques; & comme il n'y avoic point d'église qui pût contenir une si grande multitude , il fallut tenir les assemblées en pleine campagne. Le concile commença le premier jour de Mars 1095. qui étoit le Jeudi de la mi Carême , & dura sept jours* L'imperatrice Praxede, autrement Adélaïde , vint s'y plaindre del'empereur Henri son époux. S'étant fau. sup.n*:

An. 1094. vee ^e ^a P"^on °ù ii l'avoit mise, elle s'étoit retirée auprés de la comtesse Mathilde, qui la reçut avec beaucoup d'amitié' & l'amena à ce concile. Praxede s'y plaignit des outrages & des infamies que Tempereur son époux lui avoit fait souffrir en sa personne; & les confessa publiquement. Et comme le pape savoir qu'elle n'y avoit point consenti, il la diípensa de la pénitence qu'elle auroit pu mériter. Mais elle ne laissa pas de se retirer dans un monastère où elle mourut saintement; & ces crimes de Henri étant de. venus publics , excitèrent plusieurs de ses parçiíans à l'abandonner.

Philippe roi de France envoïa une ambassade à ce concile, & manda qu'il s'étoit mis en chemin pour y aller , mais qu'il en avoit été empêché par des raisons légitimes. C'est pourquoi il demandoit un délai jus ques à la Pentecôte , que le pape lui accorda à laprieredu concile. Mais Hugues archevêque de Lion, qui avoit été appelle au concile , fut suspendu desesfonc. tions pour n'y être pas venu & n'avoir point envoie' d'excuse canonique.

Il vint aussi au concile de Plaisance des ambassadeurs d'Alexis Comnene empereur de C. P. prier humblement le pape & tous les Chrétiens, de lui donner quelque secours contre les infidèles, pour la défense de legUse, qu'ils avoient presque détruite en Orient. Car ils y étoient si puissans , qu'ils venoient jusqu'aux murs de C. P. Le pape excita les fidèles à accorder ce secours : en forte que plusieurs s'engagerent par serment à faire le voïage, & aider fidèlement l'enipereur de C.P. selon leur pouvoir.

On renouvella en ce concile la condamnation de

l'heresie

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