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soient mises dans celles qui font souillées de crimes. An. 1096» On défend aux hommes de nourrir leurs cheveux -f ce qui à rapport à ce que faisoit en même-tems saint * '* Aníelme: car il obligeoit les jeunes* hommes à couper leurs longs cheveux , à cause des débauches infâ- js»vor. p. 39. mes qui regnoient à la cour d'Angleterre. Ces canons furent lûs publiquement par Gistebert évêque d'Evreux, surnommé la Grue', à cause de íà grande taille & par Fulbert archidiacre de Rouen} & ils furent approuvez par l'archevêque Guillaume & les autres évêques , íavoir Odon de Baïeux, Gistebert de Liíleux, Turgis d'Avranches, Serlon de Sées & Raoul de Coutances. Les abbez de toute la province avec le clergé , & une partie des seigneurs étoienr presens. II est remarquable qu'en ce qui nous reste de ce concile , il n'est pas dit un mot de la primatiede Lion.

Au commencement du mois de Mars 1096. le conSicd*Tout* pape vint à Tours & logea à Marmourier. Le diman- &cche neuvième du mois il prêcha fur le bord de la Loire , en présence de Foulques comte d'Anjou, de plusieurs seigneurs & d'une infinité de peuple. Le lendemain il dédia leglise de Marmoutier. 11 viíìtoit souvent celle de faine Martin, il s'en déclara íeul évêue : car elle se prétendoit depuis long tems exempte s«;./.xx«x.*;. la jurifdiction de l'archevêque de Tours. La se- *** maine suivante , qui étott la troisième de Carême , t$.-x.»»vf.eàts. il tint un concile a íàint Martin, -où il confirma les décrets de celui de Clermont. Là quelques évêques» de France s'efforcèrent d'obtenir l'abfolution du roi Philippe : mais les autres s'y opposèrent & le pape la refusa. Le concile finit le quatrième dimanche de*

qu de

An. Ì096. Carême par une procelíìon solemnelle , où le pape íè couronna d'une couronne de palmes , suivant l'usage de Rome , & donna au comte d'Anjou la roíè d'or, que les papes berîissoient ce jour là. Ensuite il indiqua un autre concile à Arles pour la fin de Juin.

Sur la fin de Mars le pape re'tourna à Poitiers, ensuite il passa à Saintes, où il célébra la fête de Piques, qui cette année 1096. étoit le treizième jour d'AvriL Ensuite il vint.à Bourdeaux, où le premier jour de Mai il dédia la grande église: puis à Toulouse, où le vingt-quatrième du même mois il dédia l'église de saint Sernin. Iíàrn étoit alors évêque de Toulouze,

f'r'tse!"' Ub' ^ ^e PaPe eco*c accompagné de Bernard archevêque de Tolède. Sur la fin de Juin le pape vint à MagueMm. veri. to. i k>ne à la prière de l'évêque Godesroi ; & le dimani»iU Ai*. /. 799 jQUr ^e ^a-nt pjerre ^ apre'S avoir prêché devant le

clergé & le peuple assemblés $ il consacra solemnelkment toute rifle de Maguelone: donna l'absolution de tous leurs pcchez à tous ceux qui y étoient enterrez & qui le seroient à l'avcnir, & accorda à cette église plusieurs autres privilège^. H étoit assisté en cette cérémonie des archevêques de Piíe & de Tarragone , & des évêques d'Alb.ane, de Segni, de Nîmes & de Maguelone.;

Tandis que4e pape étoit à Montpellier, il examina , à la prière du roi Philippe , lelection de Guillaujne pour l'évêché de Paris. H étoit frère de, Bertrade , que ce prince avoir épousee de la manière irreguliere que j'ai dit, & n'avoit pas encore tout à fait lâge pour être évêque : .ce qui rendoit cette élection suspecte. Toutefois si.tôt qu'elle fût faite Ives de Charîres écrivit au p.ape, que puillaume étoit un clerc de \ grandegrande espérance , nourri dans l'églisè de Chartres; An. 1096. £c ajouta : Il n'a rien voulu faire en cette rencontre íàns nôtre conseil. Cest pourquoi nous avons envoie avec lui quelques-uns 'de nos frères, pour s'informer soigneusement s'il avoit toutes les voix, & si cette élection s'éroit faite moïennant de l'argent, ou avoit été' extorquée par quelque violence du roi. Comme ils nous ont rapporté que tout s etoit bien paífé , nous avons conseillé à nôtre frère' de consentir à l'élection , & ne se pas soustraire à Tordre de Dieu : car. nous craignions que quelqu'un ne vînt à la traverse s'ingerer par simonie. Quand au défaut de son âge, nous lui avons conseillé de garder les interstices convenables dans fa promotion aux ordres ; & cependant de vous demander dispense de ce qui pourroit manquer à la régularité de son ordination. Je vous prie de ne point écouter ceux qui voudroient lui rendre de mauvais offices auprés de vous -, & de nous prescrire vous-même comment cette affaire peut être terminée à vôtre satisfaction. Ce témoignage de Ives de Chartres étoit d'autant plus fort, que ce prélat s etoit plus déclaré contre Bertrade.

Le pape donc étant à Montpellier, &; aïant examiné cette élection , comme Ives de Chartres, qui jo. étoit alors auprès de lui pour la discuter plus amplement, ives étant de retour, fit venir devant lui les chanoines de Paris : savoir le doïen, le chantre & un archidiacre , qui jurèrent au nom de tous, que dans l'élection de Guillaume il n'y avoit eu ni crainte du roi , ou de la prétendue reine, ni simonie. C'est pourquoi il ordonna de la part du pape à Richer archevêque de Sens, de le sacrer avant la saint Remi : lui Tome XIII. Iiii

An. 1096. permettant de porter le pallium en cette cérémonie, tí,,p... quoique l'usageluien fût interdit, à cause de son refus de se soumettre à la primatie de Lion. Cet ordre fut exécuté , & dans le tems marqué Guillaume fut sacré évêque de Paris.

Xxxvii. Le pape étoit à Nismes au commencement de JuilNis.nes. 16 c let, & y célébra le concile qu'il avoit indiqué pour to.x f. 6oS. être tenu à Arles. Il y étoit aílìsté de quatre cardi*i4- naux : Gautier cvêque d Albanne, Grégoire de Pavie,

Jean diacre , Albert prêtre. Entre les évêques on marque Daïbert archevêque de Pise , Hugues de Lion, A mat de Bourdeaux , Bernard de Tolède , Hugues de Besançon, Brunon évêque de Segni & Bertrand de Niímes. Ce concile fit seize canons, qui ne sonc la plupart que ceux de Clermont, que le pape confirma & publia dans tous les conciles qu'il tint ensuite. Le plus singulier du concile de Nismes , est celui qui maintient les moines dans le droit d'exercer les fonctions saceru. y eont.p.uis. dotales : c'est le même mot pour mot qui est attribué

un

». "4. p" Dtm1 ' au pape Boniface IV. par saint Pierre Damien, dans O;«/í.xxxvhi. traité -ou il soutient ce droit des moines -, & on rapporte ce décret au concile de Rome de l'an 6io. mais le stile convient mieux au tems d'UrbayilI. Voici la lubstance de ce décret.

Quelques ignorans pouffez d un zele amer aíïurenr, c«. i. que les moines qui sont morts áu monde , ion indignes des fonctions sacerdotales, & ne peuvent donner ni la pénitence , ni le baptême ou l'abíolution: mais ils se trompent. Autrement saint Grégoire étant moine ne sèroit pas monté fur le saint íiege , & son disciple siint Augustin l'apôtre des Anglois , saint Martin ôc tant d'autres saints qui étoient moines, n'auroienc pas été élevés à l'épiícopat. Aussi saint Be- ^n. noist n'a point fait aux moines de telle défense: il a dit feulement , qu'ils ne dévoient point fe mêler d'affaires temporelles. Çe qui est étroitement défendu aux chanoines auíìì bien qu'aux moines, puisque les uns & les autres font morts au monde. Les uns & les autres font semblables aux anges, puisqu'ils annoncent les ordres de Dieu: mais les moines ressemblent aux Séraphins, dont leur habit représente les fix aîles : deux par le capuce, deuìPpar les manches, deux par le corps. Nous ordonnons donc que ceux qui attaqueront les moines fur ce íìijet, soient reprimés par l'autorité sacerdotale. Des hommes, qui ont quitté le monde pour mener une vie apostolique , doivent avoir plus de pouvoir de délier les péchez que les prêtres leculiers; & font plus dignes de prêcher, de baptiser , de donner la communion & d'imposer la pénitence : c'est pourquoi nous leur permettons toutes ces fonctions.

Ceux que ce décret traite d'ignorans, auroient píì répondre, que les anciens , en distinguant l'état des moines de celui des clercs, ne nioient pas^ que l'on ne trouvât íouvent entre les moines des íujets dignes de la clericature & même de l'épiícopat : mais alors ils changeoient d'état, & quittant leurs solitudes ils rentroient dans le commerce des autres fidèles, pour le service de leglife: conservant toutefois les saintes * pratiques de la vie monastique , autant que leurs fonctions le permettoient. Ce qui paroissoit nouveau ôc contraire aux anciennes maximes, c'est que des moines demeurant dans leurs monastères , eussent la liberté d'exercer toutes les fonctions ecclésiastiques,

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