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& n'aïanr pû obtenir le pallium, quoique l'argent eût beaucoup de pouvoir à Rome, il s'avisa de reconnoître pour pape ce Benoist:, dont les autres archevêques se moquoient; & Benoist lui en sçut tant de gré, qu'il lui énvoïa le pallium. Les Romains donnèrent par mépris à Benoist le surnom de Mincio ou plûtôc Minchione, qui en Italien signifie un stupide.

L'abbé Didier & les deux autres légats du pape EstiennelX. attendoientàBari le vent favorable pour paíserá C. P. quand vers le soir du dimanche des Rameaux arrivèrent des moines du mont-Caílîn, qui lui apprirent la mort du pape, le priant au nom de toute la communauté, de revenir incessamment au monastère, pour en prendre le gouvernement. II partit dés le lendemain, & craignoit d'être arrêté par les Normans : mais au contraire Robert Guischard leur chef lui donna un sauf-conduit & des chevaux. II arriva au mont-Caíîìn le jour de Pâques de grand matin, &: le jour-même il fut mis en possession de l'abbaïe par le cardinal Humbert, qui s'y étoit retiré, n'osant demeurer à Rome à cause des fchismatiques.

Quand Hildebrand fut revenu de son ambassade auprés de Pimperatrice; & qu'il eût appris l'élection que l'on avoit.faiteà Rome, contre la défense expresse du pape Estienne: il s'arrêta à Florence, écrivit aux Romains les mieux intentionnez, & aïant reçû leur consentement sans restriction, il élût pape Gérard évêque de Florence né dans le roïaume de Bourgogne. Cette élection se fit paisiblement à Siene, avec le secours de Godefroi duc de Lorraine & de Toscane; & Gérard fut nommé Nicolas II. Les seigneurs Romains envoïerent cependant en Allemagne, pour assurer le roi qu'ils lui garderoient la foi qu'ils avoicnc An_~Ïo~8 promise à son pere; & que c'étoit dans cette intention * 3 qu'ils avoient laissé le saint siège vacant jusques alors: le priant d'envoïer qui il voudroit, parce que l'intrusion faite contre les règles, n'empêchoit point une élection légitime. Le roi, de lavis des seigneurs, approuva l'élection de Gérard, agréable aux Romains & aux Allemans, & ordonna au duc Godcfroi de le mener à Rome. •

Pierre Damien fut consulté sur le sujet de ces deux lll>eï$-+' élections, par un archevêque, à qui il répondit ainsi: Celui qui tient à présent le saint siège, il parle de l'anti-pape Benoist , est simoniaque, à mon avis, fans qu'on puisse l'excuser : puisque, nonobstant nos oppositions, c'est-à-dire, de tous les évêques cardinaux, & fans avoir égard à nos anathèmes, il a été intronisé de nuit & en tumulte, avec des troupes de gens armez. Ensuite on cut recours aux largesses, on distribua de l'argent au peuple par les quartiers & les rues: on entcndoit par toute la ville forger de la monoïe, & on emploïoit pour les disciples de Simon le trésor de saint Pierre. Quanta ce qu'il allègue pour sa défense, qu'il a été contraint : bien que je n'en sois pas bien éclairci, je ne veux pas tout-à-fait en disconvenir. Car cet homme est si stupide, que Ton peut croire qu'il n'a pas fçû ce que l'on machinoit pour lui : mais il est coupable de demeurer volontairement dans lc bourbier où on l'a jette malgré lui.

Or pour ne pas m'étendre fur fa promotion, tandis que nous autres évêques cherchions à nous cacher en divers lieux, un prêtre de l'églisc d'Ostie, qui ne sait pas lire une page, même cn épelant, fut enlevé de An Io«8 rce Par ces satellites de satan , pour mettre sur le saint íìége celui qu'ils avoient élû. Vous voïez bien, vous qui savez les canons, que ce seul article suffit pour le condamner. Car s'il faut déposer le prêtre qui a fait la fonction d'évêque, que deviendra celui qu'il a ordonné? On pouvoit répondre que Jean étant déja évêque de Veletri, il ne s'agiísoit que de l'introniser, ce qu'un prêtre pouvoit faire.

Pierre Damien rapporte ensuite la défense que le pape Estiene avoit faite, de procéder à l'élection avant le retour d'Hildebrand : puis il ajoûte, parlant de Gérard : Quant au pape élû, voici ce qui m'en semble. Il est suffisamment lettré, d'un esprit vif, de mœurs pures au dessus du soupçon, fort aumônier. Je n'en dis pas davantage, pour ne paroîtrepas aimer le particulier plus que le public. Au contraire, si l'autre peut bien expliquer une ligne je ne dirai pas d'un píeaume, mais d'une homélie, je ne résiste plus, & je lui baise les pieds. Quant à ce que vous m'avez mande de vous écrire secrètement pour ne me pas exposer : à Dieu ne plaise que dans une telle affaire je craigne de souffrir les plus rudes traitemens. Au contraire je vous prie de rendre publique cette lettre, afin que tout le monde sache ce que l'on doit penser de ce péril commun.

GestM.ntm. Aprés que le pape Nicolas II. eût été élû, il tint Kn.wit. *" * conseil avec Hildebrand & avec les cardinaux, de ce qu'il y avoit à faire au sujet de l'anti-pape, & il fut résolu de tenir un concile à Sutri ville du Patrimoine, où l'on appelleroit, non seulement les évêques de Toscane & de Lombardie, mais le duc Godefroi & le chancelier Guibert; ce qui fut exécuté fans délai. L'anti-papel'aïant appris, fut touché de remors, quitta ^N I0 Je saint siège & retourna en sa maison; & quand le pape Nicolas en firt bien informé, il tint conseil avec les cardinaux & alla à Rome avec eux & avec le duc Godefroi, mais paisiblement & sans troupes. C'étoit au mois de Janvier 105p. le pape Nicolas fut reçu à Rome par le clergé & le peuple avec l'honneur convenable, & mis dans le saint siège par les cardinaux, suivant la coutume. Quelques jours aprés, Tanti-pape Jean, par l'entremise de quelques personnes, vint se présenter au pape -, & se jettant à ses pieds, il protesta qu'on lui avoit fait violence, ne niant pas toutefois, qu'il étoit un usurpateur & un parjure. Le pape leva l'excommunication prononcée contre lui, mais à condition qu'il demeureroità sainte Marie majeure, déposé de l'épiscopat & de la prêtrise. Le schisme fut «5 ainsi terminé, mais ilrestoit au pape une grande peine, que les capitaines établis par les papes, retenoient par force la seigneurie de Rome, & les droits de l'église qu'ils avoient usurpez.

Ensuite le pape envoïa au mont-Caíïìn, dire à l'ab- L-aïbé Didi« bé Didier de venir au plutôt à sa rencontre, comme il c"fin*!- - ,„

I » Cbr. CaJs.lII,

alloit dans la Marche. L'abbe le rencontra au monas- « »*• tere de farfe, & en fut reçu avec de grands témoignages d'amitié. De là il le suivit à Oísimo, où le sixième de Mars, qui étoit le second íamedi de carême , le pape l'ordona prêtre cardinal du titre de sainte Cécile, & le lendemain dimanche, il lui donna la bénédiction abbatiale avec une ample confirmation des privilèges du monastère. De plus il le fit son vicaire pour la reformation de tous les monastères dans la Campanic, la Principauté, la Pouille & la Calabre.

^N I0 L'abbé Didier, qui fut un des grands personnage* chr cap ui ^e ce fiec^e> ctoic de I'iHustrc famille des princes de m.c. i .z. &c. Benevent. Dés l'cnfance il fréquentoit les églises, s*c.*s.t.'st6.' écoûtoit volontiers les saintes lectures, & s'en entretenoic avec des personnes pieuses: mais son perc qui navoit que lui, vouloit Pengager dans le monde, & si-tôt qu'il fut en âge il le fiança avec une fille noble contre son inclination. Peu de tems aprés le pere aïant été tué par les Normans, le jeune Daufier, car c'étoit le premier nom de Didier, âgé d'environ vingt ans, résolut de se retirer secrètement; & par le secours d'un moine nomé Jaquint, il se déroba de ses parens, & reçut l'habit monastique de la main d'un saint ermite nomme Santari. Mais ses parens l'aïant découvert, lui arrachèrent le saint • habit, & le ramenèrent par force à Benevent : où il demeura prés d'un an étroitement gardé dans la maison de sa mere. II s'échapa toutefois & vint à Salcrne trouver le prince Gaimar son parent, ôc lui dit : Puisque je ne puis être moine en mon pais, souffrez que le sois ici fous vôtre protéction. Gaimar admirant la résolution de ce jeune homme, lui promit ce qu'il desiroit, sur tout de ne le point rendre à ses parens malgré lui. Ainsi Daufier demeura quelque tems au monastère de la Trinité de Cave prés de Salerne. Enfin Landulfe prince de Benevent cédant aux importunitez de la mere, vint lui-même à Salcrne & le ramena : à condition qu'il auroit la liberté de vivre au monastère de sainte Sophie prés de Benevent. Il y fut reçu avec plaisir par l'abbé Grégoire, qui lui changea son nom en celui de Deftderius ou Didier

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